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[Blabla] La réputation verte de la Nouvelle-Zélande: mythe ou réalité écologique ?

Cet article est dans les tiroirs depuis des mois, et comme je ne remets jamais rien au lendemain (ahaha), il est servi aujourd’hui.

 Je ne suis pas venue en Nouvelle-Zélande l’esprit naïf et plein d’espoir. Je venais justement en voulant voir sur quoi se basait cette réputation de pays vert, puisque ça me paraît tout simplement trop beau pour être vrai. Mais je dois bien avouer que j’espérais trouver un pays un peu plus naturel, moins consumériste, plus responsable, moins … insensé ?

Bien entendu, en quelques mois ici, je ne détiens pas les clefs et toutes les subtilités du pays, c’est un sujet complexe tant le nombre de volets que cela touche est important, mais je pense avoir déjà noté quelques détails qui peuvent éclairé un peu sur la place de l’écologie ici.

I- La vie quotidienne

                Laisse pas traîner ton fils tes saletés !

Avant de venir ici, j’entendais beaucoup dire que les néo-zélandais étaient des gens très respectueux de la nature, très propres. De ce que j’ai pu remarquer, c’est plutôt un respect face à son indomptabilité, son imprévisibilité, bref accepter que la nature aura toujours le dernier mot (volcan, tsunami, tremblement de terre, croyances divines, etc.). Mais pour ce qui est de respecter la nature dans sa globalité je suis plus mitigée. Effectivement les rues et parcs de villes sont plutôt très propres (tout est relatif avec les week-ends de beuverie mais soit), il faut bien l’admettre. Mais pas irréprochable non plus. J’ai souvent entendu dire qu’aucun mégot ou papier ne traînaient dans les rues. Mouais. J’ai vu pas mal de mégots jetés au sol, comme en Europe, il faut simplement garder en tête qu’il y a un nombre bien moindre de fumeurs en Nouvelle-Zélande, d’ailleurs assez peu de Néo-Zélandais fument en extérieur (beaucoup de campagne anti-tabac, zone tabac-free, prix exorbitant du paquet de cigarettes, etc.), mais ce n’est pas forcément lié à un comportement respectueux (touristes ou locaux). Ensuite, les papiers, bouteilles en verre, cartons, jonchent aussi parfois les sols néo-zélandais, notamment le long des parkings en dehors des villes. Les bords de route ressemblent parfois bien étrangement aux nôtres (et je vous épargne les histoires de campings dégoutants dont on m’a fait le récit et qui ne sont pas le fait spécifique des touristes ahem), toutefois, il est certain que cela est en proportion moindre. Alors, peut-être qu’il est important de garder à l’esprit qu’il est nécessaire de différencier densité de population vs responsabilité dans le comportement.

                Recycle, prouve que tu existes !

Du côté du tri, cela me paraît plus étendu et accepté qu’en France. Une bonne partie le fait consciencieusement même si d’autres s’en fichent carrément. Une différence flagrante se joue notamment au niveau du tri organique, en effet, le tri pour compost est assez répandu, y compris dans les villes puisque rares sont les personnes sans jardin ou animaux de ferme à proximité. La grande majorité des Néo-Zélandais vivent dans des maisons ce qui facilitent la présence de différentes poubelles (verres – d’ailleurs parfois même verres verts, verres blancs, verres sombres -, plastiques, papiers, végétal etc.), ce qui a l’air très répandu, mais aussi relevant à la fois du lieu d’habitation et du comportement individuel. En effet, selon l’endroit où vous vivez en Nouvelle-Zélande les exigences de tri du district/région ne sont pas identiques. J’ai donc remarqué une sensibilisation plus accrue au tri, d’ailleurs certaines auberges de jeunesse sont très impliquées (ce qui ne vaut pas forcément pour les voyageurs dormant dans les dites auberges ahem !).

                Life in plastic is fantastic !

J’ai trouvé la problématique du sur-emballage et de l’usage abusif du sac plastique est omniprésente. Pour la moindre course que vous allez faire, on vous proposera un sac plastique. Et si vous avez plusieurs articles, on n’hésitera pas à les répartir dans plusieurs sacs, sans les remplir vraiment. De même, beaucoup de fruits et légumes sont dans des sachets plastiques, et ce même les fruits bios. Ce qui certes ne surprend pas dans les supermarchés, mais sur les marchés je m’interroge encore de l’intérêt.

De plus, ce premier sachet plastique sera lui-même mis dans un sac plastique pour faciliter le transport. Un petit jeu de poupées russes plastifiées en somme. C’est infernal.

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                Dans ma Benz benz benz !

Concernant les transports, la voiture est reine ici. Et je dirais même la grosse voiture est reine. Entre les voyageurs, les fermiers et les gens lambda en manque de dominance sur la route et ceux pour qui effectivement c’est vraiment nécessaire (amour sur les routes boueuses et défoncées), les 4*4, vans et autres truks sont légion sur les routes. Sans parler des camions qui défilent sous vos yeux, transportant bois, animaux, lait, et autres. De plus, dans la majorité des familles que j’ai pu côtoyer, rare étaient les habitants avec un seul engin motorisé. 2 à 3 voitures. 1 moto ou 1 scooter. Un buggy. Des engins agricoles. Bref, il y a vraiment des réservoirs à remplir d’essence.

Dans les villes, les transports en commun sont très chers et assez peu développés, la voiture reste donc le moyen de transport le plus utilisé. De plus, le vallonnement et l’étalement des villes ne favorise pas les déplacements à vélo.

En dehors de la ville, les conditions des routes et les distances à parcourir favorisent l’idée qu’une grosse voiture est nécessaire (alors qu’une petite citadine fait souvent bien l’affaire).

En somme, on est encore en présence d’une déclaration d’amour dépendance au pétrole.

                (E)puiser les ressources ?      

Ceci nous amène à la consommation et la dépense énergétique du pays. En Nouvelle-Zélande c’est bien simple, j’ai eu le sentiment que les ressources semblent illimitées. Je voyais souvent les lampes rester allumées sans personne dans la pièce (voir même sans personne dans la maison puisque c’est d’après mes observations un de leur moyen préféré d’éloigner les voleurs avec la radio/tv allumées …), de l’eau utilisée pour laver les sols extérieurs (genre dalle en béton), des bains très répandus, de l’eau coule à flots pendant le brossage de dents, la vaisselle ou sans raisons particuières, la voiture utilisée pour des trajets minuscules, etc. L’isolation est clairement problématique. C’est simple, je n’ai pas mis les pieds dans une seule maison/auberge isolée correctement (vivre en bonnet dans les maisons parce qu’au mois d’avril il y a une vague de froid, c’est cocasse). Parce que malgré ce que l’on imagine souvent, en Nouvelle-Zélande, il fait froid. Et humide.

Ces observations sont issues des mois passés au sein de différentes familles locales, au sein d’auberge, des discussions avec d’autres voyageurs mais aussi de nombreuses discussions avec des néo-zélandais. J’ai souvent eu le sentiment que le seul argument limitatif était le prix, donc finalement rien de nouveau sous le soleil du sud …

                Qu’est ce qu’on mange ce soir ?

D’un point de vue alimentaire, la malbouffe est omniprésente, et son accès facilité (beaucoup de fast food et de grands rayons de plats préparés). La qualité des produits vendus en supermarché m’a paru tout aussi discutable qu’en France. Sucre (le jus de fruit du matin était violent !), gras, sel, etc. Les fruits et légumes, en plus d’un prix exorbitant (il est moins couteux de manger une pizza chaque midi plutôt que de se préparer une bonne salade …) sont également garnis de pesticides/herbicides. Lors de mon travail dans un verger bio (et vente sur marchés locaux), mon hôte m’expliquait que même en vendant les produits au prix de non bios, certains clients potentiels se détournent des produits biologiques pour des raisons esthétiques … D’après les discussions avec mes HelpX (puisque végé) la qualité de la viande importée est très discutable (antibiotiques et compagnie). Bref, rien ne nouveau, rien de réjouissant, on reste dans le monde du productivisme et de la piètre qualité de l’industrie agroalimentaire.

Au niveau de la cuisine, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui disaient adorer cuisiner. Au delà de la qualité des produits de bruts, j’ai tout de même remarqué que pour un certain nombre, cuisiner c’est surtout utiliser des produits que je considère pas comme bruts : des soupes préparés auxquelles on rajoute du fromage, des croutons tout prêts, des mélanges de légumes découpés, des préparations pour gâteaux où il faut rajouter seulement quelques ingrédients, beaucoup de sauces tout prêts (vinaigrettes, sauces en tout genre). Je trouvais le contraste avec les cuisines d’auberge de jeunesse assez marquant, bien sûr que les noodles ou plat de pâtes embaumaient parfois l’air, mais tout de même, beaucoup de gens passaient du temps à cuisiner, à faire des desserts, etc. Mais e n’ai aucunement la prétention ou le culot de généraliser, c’est vraiment juste une observation que je relate.

                Société de consommation, je crie ton nom !

Comme je le disais dans l’en-tête, j’avoue avoir nourri l’espoir de trouver ici une société plus responsable, moins lancée dans la course au capitalisme. Grosse erreur. Tout est fait pour pousser à la consommation. Les produits sont vendus en très gros, la bouteille de 1.5L de Coca-Cola coûte moins cher que la bouteille de 600mL. Moins cher. Ce n’est pas juste le prix au kilo qui est plus intéressant, c’est le produit en lui-même. L’ouverture des magasins étendue (tous les jours, parfois H24 pour les supermarchés) est certes très pratique (vraiment on va pas se mentir), mais n’est-elle pas le reflet de cette consommation indécente et galopante ? Et vu la taille des supermarchés et la quantité de nourritures à l’intérieur (je ne suis pas encore remise de la taille du rayon pain de mie ahaha) difficile de ne pas imaginer le gaspillage alimentaire qui doit en découler.

Les publicités sont partout, à la télévision elles sont envahissantes, agressives, et surtout elles portent sur tout et n’importe quoi. Ma préférée reste celle pour un vaccin pour mouton. Oui. Oui.

                Thrift shop dude !

Les magasins de seconde main sont très répandus en Nouvelle-Zélande. Plutôt adeptes de la récup (mais aussi du rafistolage parfois bien bien agaçant…), cela leur permet de réduire non seulement les frai, et ainsi permettre aux personnes à faibles voir très faibles revenus de s’équiper, mais également la sur-production et importation. Et ça c’est cool !

II- La question des écosystèmes

La Nouvelle Zélande, en plus de son image résolument écolo, est réputée pour sa préservation des espèces. Cela est renforcé par les restrictions douanières assez fortes lorsqu’on veut entrer dans le pays (et ils ne rigolent vraiment pas avec ça) et qui sont souvent trouvées absurdes. Toutefois, lorsqu’on regarde de plus près, la Nouvelle-Zélande est l’exemple typique du débat sur le positionnement face à la biodiversité. A quel prix doit-on conserver la biodiversité ? Et quelle biodiversité d’ailleurs ?

La biodiversité est un des enjeux écologiques majeurs de ces dernières années, en effet, en 40 ans c’est près de la moitié des espèces de vertébrés qui se sont éteintes. Ce n’est pas forcément alarmant, pas forcément non naturel, les extinctions massives ou plus ciblées ont lieu depuis le début de la vie sur Terre. Toutefois, bon nombre des extinctions d’espèces sont aujourd’hui le fait de la destruction de leur habitat, de l’appauvrissement de leur ressource alimentaire (quantité et diversité), des déstabilisations de leur environnement ou de leur élimination. Et ces faits sont difficilement étrangers des actions directes ou indirectes de l’homme. Braconnage, déforestation, urbanisation, aménagements agricoles, pollution des eaux, des sols et de l’air, pêche intensive, etc. Autant de mots que de maux pour les animaux, ce qui cause leur perte à vitesse grand V, et bientôt la nôtre. En plus de notre impact direct, l’introduction d’espèces non natives qui déciment les espèces originelles, en devenant des concurrents plus performants pour l’accès à la nourriture, en devenant de redoutables prédateurs ou en étant vecteur de maladie, contribue à la décroissance voir disparition des populations endémiques.

La Nouvelle-Zélande n’échappe pas à ces erreurs.

En effet, suite à la colonisation de la Nouvelle-Zélande par les Britanniques (en grande majorité) il y a environ 300 ans, des animaux européens ont été introduits sur le territoire néo-zélandais par confort et en tant que ressource alimentaire, mais aussi de façon fortuite avec des animaux « clandestins » dans les cales et autres marchandises. Les oiseaux endémiques de l’île n’avaient aucun prédateur terrestre puisqu’ils n’existaient pas sur cet îlot du Pacifique. C’est alors que les rats, les chiens, les chats, certains champignons, plantes, etc. ont fait leur entrée sur l’ile, détruisant, traquant, remplaçant la faune originelle. Extinction, raréfaction, voilà le lot des animaux présents ici parle passé. Après quelques centaines d’années, la prise de conscience a lieu, et alors des tentatives pour préserver les espèces restantes mais menacées sont mises en place. Mais à quel prix ? C’est ainsi que commence la traque. Aujourd’hui, lapins, chats, chiens, possums, rats, sont ciblés comme indésirables. Le spécisme faisant son œuvre, il y aura les privilégiés et qui devront seulement être tenu en laisse et ceux que l’on va piéger et empoisonner, décimer. Alors c’est ça la biodiversité ? C’est ça la sauvegarde de la nature ? C’est détruire des animaux pour réparer l’erreur qu’on a commis il y a plusieurs dizaines d’années ? Pour quelles raisons ? L’argument financier et commercial est-il totalement exclu de ce raisonnement ? Parce qu’il faut être honnête, au-delà des réserves « pest free » (bien souvent des îles), créer des quantités de zoos pour observer les kiwis (qui sont donc parqués, et vivent sous lumière artificielle) n’est pas et ne sera jamais un acte de conversation et de protection, seulement la marchandisation d’une espèce fragilisée par l’erreur humaine …

Au-delà de l’aspect biologique, la déforestation a gravement touché le pays suite à l’arrivée des Britanniques. Les forêts natives sont désormais rares, les plantes et arbres du monde entier ayant remplacés les forêts boisées d’autres temps. L’exploitation du bois est une des filières les plus lucratives de Nouvelle-Zélande. Les grands espaces « vides » à disposition permettent de planter des pins qui servent ensuite à l’exportation notamment vers le marché asiatique et australien. D’autres bois plus « nobles » sont également utilisés, malheureusement, leur repousse est beaucoup plus lente que celle des pins. Cette modification de l’exploitation des sols et de cette déforestation peut avoir de lourdes conséquences sur la qualité des sols, mais également leur stabilité. Et bien sûr elle est difficilement dissociable de l’impact sur les habitats biologiques.

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III- La trilogie: énergie, agriculture, économie

La Nouvelle-Zélande est une société libérale, les inégalités sociales sont aussi visibles que dans les autres pays occidentaux. Sans surprise, son économie repose essentiellement sur le tourisme. Mais également sur l’agriculture. Le secteur du lait est d’ailleurs le plus lucratif sur le marché international. La viande (moutons, vaches, biches) est également un poids important avec de nombreuses exportations vers le marché asiatique notamment. Le vin est un secteur en plein boom et qui rapporte. Et tout ça c’est écolo ?

Le tourisme 

Entre les voitures/vans qui se rajoutent sur les routes, les tours d’hélicoptère, sauts en parachute, déplacements en avion, on ne peut pas dire que le tourisme soit quelque chose de propre. D’ailleurs moi-même je m’en veux souvent de ce que j’ai fait. J’ai eu la chance de faire un tour d’hélicoptère et sauter en parachute, fait un road-trip en van, c’était incroyable. Mais lorsque je repense au bilan carbone de ces activités, je fais grise mine. Surtout lorsque je repense au fait que je fais ce tour d’hélicoptère pour observer un glacier qui disparaît de plus en plus vite justement à cause des émissions similaires à ces tours d’hélicoptère … Le kiwi qui se mort le bec en somme.

Le tourisme a également des conséquences négatives très fortes auxquelles on ne pense pas souvent. Les lieux touristiques (et les saisons touristiques qui vont avec) obligent de tout petits villages quasiment inhabités 5 mois par an à penser comme des villes de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Gestion de l’eau usée, des stocks de nourriture (lorsqu’on est isolé il faut tout faire livrer du coup … camions de livraison tous les jours), activités détente à proposer et monnayables de préférence (SPA, hélicoptères, sauts parachutes, tour en bus, sports à moteur en tout genre, chasse, pêche, etc.), sont autant de points de pollution accentuées.

L’agriculture

L’élevage (notamment bovin) est le principal émetteur de pollution aux gaz à effet de serre dans le monde. Oui même avant les transports. La Nouvelle-Zélande est un producteur de premier rang de viande de bœuf, de biches et de moutons. La légende dit qu’il y a plus de moutons que d’habitants sur l’île. Et bien ce n’est pas un mythe, mais … c’est encore plus délirant que cela. C’est près de 30 millions de moutons et près de 10 millions de vaches (6.7 laitières, 3.5 destinées à l’alimentation) que l’on trouve sur le territoire. Et produire de la viande a un coût environnemental non négligeable. Certes contrairement à beaucoup de pays, ici les animaux vivent en plein air, et leur alimentation n’est pas majoritairement céréalière, donc le coût environnemental virtuel (eau, cultures intermédiaires pour les nourrir) est plus faible. Cependant, sur l’île du sud, des problématiques de sécheresse apparaissent depuis plusieurs années, ce qui a une conséquence directe sur les champs et les terres de pâture (moins d’eau, moins d’herbe, moins de nutriments, compensation par du fourrage).

Enfin on remarquera que la Nouvelle-Zélande émet deux fois la quantité de gaz à effet de serre par habitant produits par la France, il est donc difficile d’imputer cela uniquement aux voitures, l’élevage est directement responsable notamment par les émissions de méthane.

L’utilisation des pesticides et herbicides semblent également être bien répandue malheureusement, ce qui a des conséquences directes sur la qualité des sols et des eaux.

L’énergie

La Nouvelle-Zélande est mondialement connue pour ses positions anti-nucléaires, et ceci contribue fortement à son image d’écolo. Mais anti-nucléaire signifie-t-il vraiment écolo ?

De ce que j’ai vu, l’énergie en Nouvelle-Zélande provient essentiellement du bois (pour le chauffage), des barrages hydroélectriques et de la géothermie, ce qu’on assimile bien souvent aux énergies « propres ». C’est tout relatif, quand on sait les transformations profondes et souvent irréversibles des barrages ou les problématiques liées aux sur-exploitations forestières. Mais, elles sont tout de même ce qu’on qualifie d’énergies renouvelables, et ne dégagent pas de pollution chimique, ce sont donc aujourd’hui les énergies favorisées dans le cadre de la protection de l’environnement.

Bon point alors ? Oui, indéniablement. C’est environ 80% de l’électricité de Nouvelle-Zélande qui est issue des énergies renouvelables. Ils visent même les 90% dans les années à venir.

Notons, toutefois, des gisements de gaz, de charbon et de pétrole sont également exploités (dans les environs de New Plymouth ou  par exemple), à destination nationale ou internationale. Et pour avoir vu de mes yeux des flaques de huile/pétrole/kérozène directement sur les plages de New Plymouth on ne peut pas dire que cela colle avec l’idée propre et écolo de la Nouvelle-Zélande …

De plus, l’électricité n’est pas le seul pan de l’énergie. Et comme je le disais précédemment, même si la production de l’énergie est principalement « verte », la Nouvelle-Zélande a tout de même une production de gaz à effet de serre supérieur de 60% à la moyenne internationale … Et la part d’utilisation de produits pétroliers semble augmenter avec les années. Pas si vert en somme.

IV- Alors, verdict ?

Tout ceci n’était que le fait de mes observations quotidiennes, et de quelques conversations avec des locaux plus ou moins spécialisés. Il est évident que l’on ne voit pas tout, qu’on ne peut baser une conclusion sur de simples observations faites au hasard des voyages, des rencontres, sur tout un pays et sa société. Et le but n’est pas de faire de comparaison avec la France ou l’Europe (même si au final j’y trouve bien des similitudes).  Plutôt, de comparer ma vision de l’écologie, de la démarche qu’elle représente avec  la réputation écolo dont bénéficie la Nouvelle Zélande bénéficie d’une réputation écolo.

Au final, je garde plutôt l’idée que l’on semble confondre omniprésence de la nature verdoyante combinée à une faible densité de population, avec une véritable démarche écologique. Selon moi, des lors qu’on favorise un système économique productiviste et consumériste, il est difficile d’associer l’exploitation des ressources naturelles à une démarche protectrice plutôt qu’à l’exploitation d’une manne financière. Car oui, peut-on réellement dissocié le succès des énergies « vertes » du profit financier qu’elles vont représenter dans les années prochaines ? Je ne le crois pas. L’important c’est le résultat vous me direz ? Pour moi, cela ne fera que pérenniser les inégalités et erreurs de gestion et déporter le problème aux années à venir.

Alors, l’herbe est-elle vraiment plus verte ici ? Je n’en suis pas siii convaincue.

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18 réflexions au sujet de “[Blabla] La réputation verte de la Nouvelle-Zélande: mythe ou réalité écologique ?”

  1. Ton article est vraiment très intéressant, très bien construit, très complet. Effectivement, il est bon de prendre parfois du recul sur certaines idées toutes faites…

    1. Merci beaucoup :D
      Et effectivement même si cela reste complexe et survolé c’est toujours intéressant de se pencher sur les réputations surtout lorsqu’il y a un réel enjeu financier derrière la jolie réputation.

  2. Hier une amie qui est restée quelques mois en Nouvelle Zélande, m’a raconté que l’herbe que les moutons mangent, est bourrée d’engrais chimique, pour la faire pousser plus rapidement, surtout à l’île du Sud??

  3. Tout d’abord merci pour cet article précis et engagé, j’ai adoré.
    J’aimerais savoir s’il est possible de rentrer en contact, je pars dans un an en Nouvelle Zélande pour un voyage de 8 mois en van électrique, l’idée étant de me faire sponsoriser pour faire un documentaire sur cette ambivalence de la NZ. De toutes les recherches que j’ai faite ton article est une belle trouvaille et j’aimerais savoir s’il est possible d’en discuter un peu. Je te remercie et bonne continuation surtout :)

    1. Tout d’abord merci pour ces compliments, d’autant qu’avec le recul je me dis que cela aurait pu être encore plus précis et engagé aha. Pour échanger oui pourquoi pas, après je n’aurais sans doute pas grand chose à dire de plus, mais on peut en effet converser par e-mail :)
      Encore merci pour les compliments, et courage pour trouver du sponsoring pour ce beau projet engagé !

  4. Très intéressant, j’ai à fournir un exposé la semaine prochaine sur l’écologie en Nouvelle-Zélande et ton article a été ma source principale, très clair et concis. Merci pour cet apport qui efface les idées préconçues que je m’étais faîtes de ce pays :)

  5. Bonjour je dois faire un dossier voyage sur la Nouvelle-Zélande et un de mes thèmes est les problèmes écologique et je me demandais si vous seriez d’accord pour une interview puisque vous êtes allé là-bas.
    Merci de me répondre et Bonne journée.
    Cordialement Théo

    1. Bonjour,
      Je ne sais pas si je suis vraiment qualifiée pour répondre aux questions, mais je peux toujours échanger sur mes observations et mes souvenirs si vous le souhaitez :)
      Bonne journée !

      1. Ce serais plus que suffisant pour moi car vous étiez là-bas et je pense que vous êtes qualifié pour se genre de chose.
        bonne soirée

      2. Et bien très bien ! Avez vous une adresse mail où je peux vous contacter ? (je ne validerai pas votre commentaire, donc votre adresse ne sera pas publié sur le blog ;)). Bonne journée !

  6. bonjour,

    J’aimerais juste apporter un point de vue différent sur ce qui est dit, mème si la grande majorité des analyses qui y sont faites sont tout à fait exactes.

    La nouvelle Zélande est l’un des rares pays qui possède encore des forets primaires. De ce fait, une grande majorité du territoire y est protégé (40% si mes souvenirs sont bons), et cela explique bon nombre de vos observations:

    – transports en communs: comment remplacer l’avion et la voiture par des trains qui vont traverser des territoires protégés?

    – chasse aux animaux: oui, les nuisibles, ceux qui se multiplient à vitesse grand v comme la musaraigne ou le rat sont chassés car effectivement ils tuent les kea, kakapo, etc qui sont des oiseaux qui n’avaient pas de prédateurs jusque la.
    Pour les chats et les chiens, pardon, mais il y en a et ils ne sont pas chassés. On demande juste par exemple au propriétaires félins de bien surveiller qu’ils ne vont pas aller tuer des oiseaux endémiques, mais les tuer, non.

    – isolation, oui clairement. Mais vous ne mettez pas en évidence non plus que ce pays est sur une zone sismique à risque. La mentalité des gens ici est on reconstruira. Et puis, les usines de saint gobain que l’on peut avoir chez nous en Europe, ils ne les ont pas eux pour faire du double vitrage…

    – production de méthane: oui, aussi. Mais n’oubliez pas que la nouvelle Zélande alimente une grande partie du marché asiatique en viande.

    – sécheresses dans l’île du sud: oui, comme en France, et partout dans le monde, ce n’est pas un comportement imputable à la Nouvelle Zélande, mais au réchauffement climatique.

    – il ne reste que 1000 kiwis. ils sont maintenant protégés dans des réserves pour la plupart, car ce sont des animaux nocturnes qui, aveuglés par les phares des voitures, ont été décimés.

    – rappelons enfin que contrairement à ce que l’on peut penser, mème si ici on y trouver beaucoup de moteur v6 et v8, la voiture n’est pas responsable de la pollution comme on veut nous le faire croire: l’aviation et les super tankers sont bien devant.
    http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-1229857/How-16-ships-create-pollution-cars-world.html

    Bonne journée

    Un kiwi

    1. Bonjour,
      Tout d’abord merci pour les différents compléments apportés. Toutefois, je tiens à rappeler que de façon générale l’objectif de cet article n’est pas de dire que ce que fait la NZ est mal, mais juste de faire une petite liste (non exhaustive) de points qui pour moi révèle que la réputation écolo de la NZ n’est pas forcément méritée notamment parce que les points positifs ne sont pas issus d’une démarche écologique mais souvent de considération pratique. Et surtout, ce n’est pas de dire que d’autres pays sont forcément mieux, mais juste de remettre en question ce qu’on entend régulièrement sur les qualités écolo de la NZ, qui sont pour moi, clairement biaisées par la présence de nombreuses forêts et d’une faible densité de population.

      Pour revenir plus en détail sur vos remarques :
      – Je pensais que la raison de la non mise en place de transports en commun comme le train était plutôt dues aux aléas sismiques et topographiques, mais il est vrai que les espaces protégés doivent également pris en compte. Mais au fond peu importe, ça n’enlève rien au fait que concilier la multiplication des transports polluants avec une démarche écologique me semble peu compatible, même si elle reste compréhensible pour se déplacer.
      – Ce que j’essaye d’expliquer dans mon texte, c’est que je trouve nécessaire de s’interroger sur l’intérêt écologique à décimer des animaux au profit de certains autres. L’arrivée des animaux classés comme nuisibles (par et pour l’homme) sur l’île est lié aux être humains, alors décider encore une fois arbitrairement qu’il faut désormais les décimer pour préserver d’autres espèces est une vision écologique que l’on peut et que l’on doit interroger. Quel prix à payer pour préserver quelle biodiversité ?
      Ensuite je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de chat ou de chiens. Au contraire. Et justement qu’à contrario d’autres espèces (comme le lapin) ils ne sont pas chassés (surtout les chiens), et donc qu’encore une fois l’être humain choisi ce qui l’arrange et tuent certains animaux tandis que d’autres sont protégés alors que TOUS sont responsables de la disparation d’un nombre conséquents d’oiseaux. Le spécisme est bien là, et certainement pas une vision écologique des écosystèmes.
      – Peu importe la raison pour laquelle les maisons ne sont pas isolées, je ne suis pas là pour trouver des explications culturelles, sociologiques, techniques ou pratiques à tel ou tel fonctionnement, juste qu’un pays qui est qualifié d’écolo alors qu’il y a d’énormes pertes d’énergie, je trouve ça plutôt antinomique. Parce qu’encore une fois je trouve que ce n’est pas une démarche écolo qui est mise en place, mais juste le fait qu’un certain nombre d’habitations bénéficient de chauffage « propres » liés à la géothermie. Et je ne dis pas que l’isolation est parfaite en Europe (loiiiiin de là, même dans les habitations particulières c’est encore parfois très limite et les chauffages parfois pas du tout optimaux malheureusement…), l’objectif n’étant pas de comparer des situations, mais bien de confronter la réalité aux idées reçues que l’on a de la NZ et de ses qualités écologiques.
      – Pareil pour la production de viande et donc de méthane, je le dis et le repète, ce sont justement des preuves que la NZ n’est pas un pays dans une démarche écolo du tout contrairement à l’image répendue puisque c’est un pays dont une des activités principales est une des activités les plus productrices de gaz à effet de serre du monde : l’élevage.
      – Il est certain que les sécheresses ne sont pas imputables à la NZ, et je ne pense pas avoir soutenu cela dans mon texte
      – Les kiwis sont protégés mais à quel prix ? Quels autres animaux sont décimés pour protégés une poignée de kiwis ? Quel est l’intérêt pour des kiwis de vivre sous lumière artificielle pour que des être humais viennent les regarder ? Ce ne sont que des questions que je me pose, je n’ai pas de réponse, et je crois que de toute façon il n’y a pas de bonnes réponses, mais c’est important de se poser ces questions, et de soulever l’intérêt économique qu’il y a à protéger cette espèce emblématique du pays, ainsi que l’intérêt et les conséquences écologiques de privilégier certaines espèces et d’en décimer des milliers d’autres.

      Bref, ceci est un vaste sujet, et au final, la seule conclusion que j’aurais aujourd’hui, plus de 2 ans après cet article, c’est bien que la NZ bénéficie d’une aura écolo parfois injustifiée et surtout basée sur une image verte et naturelle du pays, mais pas forcément sur une démarche écologique globale dans le pays.

      Bonne journée :)

  7. Merci pour le super article!

    Moi aussi je veux ajouter plusieurs éléments pour rejoindre dans ton sens le fait que la Nouvelle-Zélande n’est pas le paradis vert que l’on peut imaginer.
    Déjà tout à fait d’accord pour le suremballage, les lumières allumées en permanence, les énormes voitures et le matraquage de publicité.

    En fait ce qui m’a le plus déçu c’est le manque de conscience écologique de beaucoup de néozélandais si tu ouvres un débat.
    Pour avoir travailler dans des plantations de jeunes arbres, on devait utiliser des produits chimiques pour tuer les mauvaises herbes. Mais pas un des employés kiwis de notre groupe ne se posaient de questions sur le glufosinate (différent du glyphosate) qu’on aspergeait. Un des jeunes qui remplissait le tracteur touchait le produit à mains nues sans masque et en renversait parfois partout.

    En ce moment je suis chez des éleveurs et la Une du journal Rural News dit: « La science a trouvé une plante génétiquement modifié qui viendra à bout de plein de problèmes » XD La plante en question est de l’herbe destinée aux pâturages.
    J’ai pas non plus rigolé quand je me suis renseigné sur un herbicide utilisé pour faire en sorte qu’il n’y ait que du trèfle qui pousse dans un champs (oui oui), pesticide en question très nocif pour les milieux aquatiques alors qu’à 1 kilomètre en aval de la rivière il y a un élevage de saumon et un marais humide (sans beaucoup de vie bizarrement…).

    Les sols agricoles sont surexploités, avec une biodiversité très limitée, et très peu de zones laissées à la nature sauvage (pourtant les haies et forêts ont pleins d’effets bénéfiques sur les champs voisins). Les moutons et vaches sont tellement nombreux sur les parcelles qu’il ne reste plus rien après leur passage, laissant la terre à nu couverte d’excréments qui partent dans les rivières à la moindre pluie. Qualité de l’eau bien discutable du coup.
    Et du coup avec de tels sols l’érosion est ultra accélérée comparée aux zones de forêts primitives. D’où des inondations au moindre orage un peu trop soutenu.

    Autre truc choquant, on a vu plein de familles de l’île du Sud qui ont un trou dans un coin de leur jardin ou de leurs champs et où ils jettent et brûlent leurs déchets.
    Ça ne me dérangerait pas pour les déchets verts ou cartons, mais ils y mettent aussi électroménager, plastique, emballages… voire même carcasses de bêtes mortes.
    Après avoir fait la remarque, l’argument de l’éloignement du centre de collecte ou alors du prix pour amener ses déchets semble tout justifier!

    Malgré notre amour pour les kiwis qui sont adorables, on est un peu dégoûtés en ce moment et on a du mal à faire passer le message vu le travail à faire niveau conscience écologique.
    Leur pays est tellement magnifique, quel dommage de ne pas en prendre plus soin!

    1. Et bien surtout, merci pour ce super commentaire ! C’est génial d’avoir des retours plus actuels (cet article date, et j’étais aussi assez frileuse de l’écrire aussi, depuis je serais sans doute encore plus radicale aha), même si malheureusement ce ne sont pas de bonnes nouvelles… L’agrictulture est vraiment un point sur lequel il est ultra nécessaire de bosser parce qu’on ne fait qu’accentuer le problèmes en apportant des solutions temporaires, hasardeuses et aux conséquences terribles. C’est désespérant. Et clairement dans un pays avec si peu de besoin de propres (même si iels sont de gros consommateurices de viande par exemple, il y a aussi beaucoup d’exportations), c’est encore plus frustrant de voir autant de surexploitation, d’appauvrissement des sols et de l’eau (qualité, quantité).

      Au final, je suis assez soulagée de ne pas avoir eu trop d’espoirs, parce qu’effectivement le fossé est grand. Et comme tu le dis la consciencr écologique des gens est bien rare, seul le prix compte, et la rentabilité. Comme ailleurs, mais je trouve tout de même que dans certains pays d’Europe il y a plus d’engagements individuels et de questionnements.
      Mais je vis clairement les mêmes découvertes au Canada, c’est assez triste, surtout que j’arrive environ aux mêmes conclusions : beaucoup de verdures, peu de densité = impression d’écologie. Mais c’est identique, on part de loin, et clairement l’humanité n’est pas prête de sauver ses miches…

      Encore merci pour toutes ces supers infos supplémentaires ! Et courage pour essayer de sensibiliser autant que faire se peut !

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