Le jour où

[Le jour où] J’ai mis des bottes en caoutchouc.

Non, vous ne rêvez pas, je vais bien vous parler d’un jour où j’ai mis des bottes en caoutchouc. Vous vous doutez bien que c’est un peu un abus de langage, et que je ne vais pas réellement vous parler de la première fois où j’ai mis des bottes en caoutchouc. Mais pas loin. Parce que certes, ce n’est pas la première fois où j’en ai mis, mais la première fois où je leur ai accordé une telle symbolique.

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Et puis bon, c’était des jolies bottes en caoutchouc quand même.

Peu importe de quoi ce voyage au Canada a été fait et sera fait, il y aura toujours cet HelpX qui aura tout changé. C’était un vrai objectif d’aller découvrir la production traditionnelle de sirop, et je ne regrette pas, puisque j’y ai découvert le beurre d’érable aha. Mais, j’ai aussi appris une des plus douces et inspirantes leçons depuis longtemps.

En effet, ces bottes en caoutchouc sont plutôt un symbole. Le symbole d’avoir passé 2 mois dans le bois. D’avoir bravé le froid canadien pour entailler les érables, installer les chalumeaux, les chaudières, les tuyaux. D’avoir passé de longueurs heures les joues rougies par le foyer des bouilleuses. D’avoir mis des gants pour déplacer des bûches de bois, alimenter les feux, porter des tuyaux, faire le trajet jusqu’au bois.

C’est, cette symbolique de passer du temps en forêt, les mains dans la terre. Ces moments de dépendance à la météo, ces moments où on prendre le temps d’observer les saisons avec profondeur. Ces moments où on perçoit l’importance des sols, de la température, des animaux.

Ces moments où l’entraide est essentielle. Où le partage aussi.

Ces moments de fierté, où son travail crée quelque chose. Quelque chose d’utile. Quelque chose de bon. Quelque chose de mangeable. Quelque chose de palpable. Quelque chose qui a du sens.

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Les mains, la terre, l’union.

Ces bottes, ce sont l’excitation lorsque les premières gouttes d’eau d’érable ploc ploc au fond de la chaudière. La satisfaction lorsque toutes les chaudières ont été ramassées et que le bassin de récolte est plein. L’impatience lorsque l’eau commence à bouillir et que l’odeur du sirop chatouille doucement les narines. La joie de voir enfin le sirop couler. La délectation de gouter à chaque sirop préparé. La concentration à faire tous les produits dérivés du sirop. Enfin, et surtout, la fierté de se dire qu’on y est un peu pour quelque chose.

Bien sûr que tout le mérite revient aux arbres, à la météo, aux sols et à la nature en général. Pourtant, il y a ce petit sentiment d’avoir coopérer. D’avoir pris conscience de ce que la nature peut nous offrir sans la dénaturer, sans trop l’amputer. D’avoir visualiser cette petite lucarne où, main dans la main, une entente est possible.

Alors oui, j’ai envie d’enfiler de nouveau de telles bottes. De retrouver cet équilibre. D’apprendre à observer la terre, à sentir, toucher, se connecter. A identifier, préparer, semer, soigner, récolter. La jeune adulte que j’étais et qui ne jurait que par une vie dans une grande ville en a fait bien du chemin. Car, même si avoir les pieds embourbés et les mains sales ne m’a jamais fait peur, là, c’est avec entrain que j’ai envie de les plonger dans la terre.

Alors oui, après mon retour du Canada, il va sans doute falloir réfléchir pour que les bottes en caoutchouc trouvent leur place à côté des chaussures de randonnée.

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These boots are made for living.

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