Portraits-rencontres

[Rencontrons-nous] Marcelline.

Vendredi 8 juin 2018, Parc Provincial de la Jacques Cartier, 23h30 heure locale.

J’ai rencontré Marcelline lors de mon volontariat chez Jacinthe. On a passé 2 semaines ensemble. Puis on s’est revenu pour une soirée cinéma et enfin juste avant mon départ du Québec, et c’est à cette occasion que l’entretien a eu lieu.

Marcelline c’est une personne qui j’ai beaucoup ri. Vraiment. Pourtant, ce n’était pas franchement bien parti. Ma nature très réservée, qui vit sur la pointe du pied lorsque des gens sont autour, a été heurté par l’aisance à s’installer et le parler direct de Marcelline. Elle dit ce qu’elle pense, et ce qu’elle ressent. Ca m’a rappelé tous mes blocages, toutes mes peurs d’être de trop ou pas assez. Et puis les choses se sont adoucies, j’ai pris mes marques. Et alors, on a ri. Beaucoup.

Mais on a aussi beaucoup parlé. Et beaucoup appris ensemble. Les conversions de mesures de poids, de volume, la chanson « A hauteur d’homme », les expressions québécoises, les chanteureuses à écouter, le fonctionnement des élections au Canada, les impôts, les discussions avec Edouard, tous les processus liés à la confection du sirop et ses dérivés, etc.

J’ai aussi suivi les aventures de Marcelline avec la confection de ses cuillères (un instrument pour faire de la musique), l’achat de sa voiture, une aventure sentimentale aussi, les doutes sur les douleurs du corps, mais aussi ses nouvelles aspirations, ses envies et ses hésitations. Parce que malgré son apparente assurance, Marcelline doute aussi parfois. Le doute d’avoir fait le bon choix de vie, celui de ne pas prendre assez de risques, celui de rater certains coches et d’avoir des regrets.

Pourtant, elle est déterminée. Lorsqu’elle a en tête quelque chose, elle va tout essayer pour y parvenir. Et sur ça, j’ai appris d’elle. Non seulement de ses aventures à travers le monde, mais aussi de sa capacité à oser pour réaliser ce qu’elle souhaite. Oser demander, oser entreprendre. Oser vivre.

 

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3 mots importants pour te définir ?

Sourire: j’aime bien sourire, je trouve que c’est le plus important, parce que si je ne souris pas, c’est que ça ne va pas, qu’il y a quelque chose que je dois changer dans ma vie

Danseuse: j’aime bien danser

Découvrir: j’adore découvrir, m’émerveiller sur plein de choses, j’ai tendance à rester chez moi mais aussi aller voir ailleurs. D’où le voyage, pour m’évader, je ne m’ennuie pas, même si parfois t’as envie de rester chez soi, avec tes ami-es, ta famille.

Y’a-t-il une date particulièrement marquante pour toi, un évènement important qui a changé profondément ta vie ?

Ben écoute, souvent je ne sais pas quoi faire, je suis dans une situation et je me dis « bon là qu’est ce que je fais, est-ce que je vais à gauche ou à droite ? » et j’ai une de mes copines qui m’a appris à me demander en moi « qu’est-ce que j’ai besoin, maintenant, pour moi ». Lorsque je me pose cette question ça me permet de fermer mes yeux, d’être en moi, de réfléchir, et donc d’avoir la réponse qui s’en vient.

Avant j’avais tendance à ne pas savoir, mais ça je l’applique depuis l’achat de ma voiture (ndlr: ce fut un long processus, rempli de doutes aha), enfin après l’achat, parce que j’ai appelé ma copine d’Australie et je lui ai dit « il y a ça ça ça ça comme problèmes, pourquoi j’ai acheté cette voiture), et elle m’a dit « qu’est-ce que tu ressens en toi ? ». Depuis de lors je me demande « What do I need right now, what is important for me now ? » (De quoi j’ai besoin maintenant ? Qu’est-ce qui est bon pour moi présentement ?).

Après l’acte parfois on se dit “j’ai pas bien fait”, mais maintenant, je me dis “Ah non Marcelline t’as fait ça et ça, t’as fait de bonnes étapes, non t’as bien géré ». Je me rassure pour ne pas regretter.

Qu’est-ce qui te rend fièr-e de toi ?

Quand j’ai accompli un effort physique intense, mais c’est pas spécialement fière de moi, c’est plutôt un sentiment de satisfaction d’avoir épuisé mon énergie. Non c’est pas ça, là c’est que je me sens bien.

Ce qui me rend fière de toi, euh, de vivre au jour le jour grâce au voyage. Par exemple mes objectifs pour le Canada c’était 1/ de changer de métier pour reposer mon bras (ndlr: elle a une tendinite à l’épaule suite à son travail de masseuse), ça c’est réussi puisque je travaille à SEPAQ (le gestionnaire des parcs provinciaux du Québec) 2/ travailler érablière, j’ai réussi et 3/ une autre orientation professionnelle (que je dois taire pour préserver la suite du projet aha), et c’est un projet en cours, qui avance.

Donc je trouve que ça se manigance bien, donc fière. Bon j’ai pas encore de mec, mais bon *rires*.

Que ferais-tu si tu avais plus de temps ?

Je me donnerai le temps de lire, je prends des livres avec moi, mais je ne les lis pas. Mais ça serait ça, lire, car je trouve que je peux apprendre pas mal par l’intermédiaire des livres, je ne me rendais pas compte que je pouvais apprendre autant, mais faut beaucoup de patience quand même.

Et je danserai plus aussi. Mais en fait je ne sais pas où c’est ça le problème, je n’ai pas du bon son, il faudrait peut-être que je m’achète un truc de son.

Et si tu avais plus confiance en toi ?

Parfois je danse comme ça dans la rue, tout en marchant, mais je ne pourrais pas m’affirmer et rester à un endroit et me dire « voilà je vais danser là, devant tout le monde », je n’ose pas.

Je l’ai déjà fait dans le métro chez moi, à Bruxelles, c’était un long couloir, et j’ai dansé tout le long du couloir, il y avait des gens qui m’ont abordé par après pour me dire q »c’est cool ce que tu fais » Mais ce genre de trucs ça t’arrives que 2-3 fois. Ce que j’aimerais vraiment c’est danser un clip vidéo mais … J’ai eu des portes qui se sont mises dans la vie, mais j’ai pas réussi à les agripper, car j’ai pas assez confiance en ma danse. Parce que je devrais m’améliorer, je ne suis pas une professionnelle. C’est un peu difficile d‘être tout de suite sur scène, pour ça il me faudrait aussi plus de temps.

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Ça signifie quoi « voyager » pour toi ?

Prendre le temps pour soi déjà, pour les autres, de profiter de cette porte pour faire vraiment des choses qui te plaisent, même si je travaille ici, je me sens quand même en voyage, parce que j’apprends des personnes d’ici, je suis dans un autre pays, une autre culture, un autre confort de vie.

Qu’est ce qui te motive dans le fait de voyager ?

Se sentir vivre, je trouve ça un peu facile de toujours retourner dormir au même endroit. Mais c’est tellement bien aussi, mais parfois on ne se rend pas compte, mais là je peux te dire que depuis mes premiers voyages chaque douche que je prends j’en profite, avant c’était normal, mais maintenant je mesure leur joie.

Rencontrer l’autre, m’améliorer dans la communication avec les autres, ça c’est quelque chose que je dois améliorer, c’est important. Je sais qu’il n’y a pas besoin de voyager pour ça, mais ça m’aide. C’est vrai que même en Belgique je voyage, j’ai essayer d’adopter la même vie, je partais en découverte tous les week-ends.

Se surpasser aussi.

Se dire que quand on sera plus vieux, on pourra pas le faire, enfin si on pourra, mais pas pareil. Moi dormir dans mon van, et toi dans ta voiture recroquevillée tu pourras plus, tu seras avec ton camping car qui fait du 50L au 100, ça va te coûter un pont tu ne pourras pas aller bien loin.

Quel projet de voyage te tient le plus à cœur ? Pourquoi ?

C’est d’avoir appris les soins corps et visage en Asie et puis apprendre l’anglais en Australie et en Nouvelle-Zélande. C’était des bons pas. C’était plus marquants que celui-ci au Canada. Je n’aime pas dire que le voyage devient redondant parce que j’évolue toujours, mais j’essaye de ne pas aller voir une chute pour voir une chute d’eau, j’ai envie d’aller dedans, autour, de la regarder, d’en profiter. Sinon je n’y vais pas.

Est-ce que tu as un objet un peu particulier que tu emmènes toujours en voyage ?

Le livre de yoga je le prends toujours avec moi en voyage. C’est parce que le yoga fait partie des philosophies pour s’améliorer en soi et pour donner des techniques aux autres, donc je me dis qu’il faut que je prenne le temps de le lire.

Quel regard tu poses sur le monde qui nous entoure ?

Je trouve qu’on doit se battre tout le temps, j’ai le sentiment que je dois tout vérifier, tout calculer, tout double checker. Par exemples, est-ce que si e pharmacien-ne/docteur-e me conseille ça, est-ce que c’est vraiment vrai, si on me vent une voiture est-ce qu’on me vent vraiment ça ? En fait, je je me sens faible parce que je ne connais pas ce domaine là.

Une de mes copines a décidé de ne plus se faire avoir, elle voulait un vélo, donc elle a suivi des cours de mécanique-vélo, pas se faire avoir avec son ordinateur, donc cours d’informatique. Donc être multi-tâche. Mais bon je ne vais pas étudier la médecine pour le plaisir.

A ton avis, est-ce que tu as un rôle à jouer dans « changer le monde » ? Si oui, lequel ? Si non, pourquoi ?

Beuh, je ne suis pas la personne qui va avoir un esprit de leader, mais je suis plutôt la personne qui va être joviale, qui va essayer de faire de son mieux pour que la personne qui me quitte ai le sourire en partant. Et c’est déjà en soi un bon pas, donc plus je rencontre de mode, plus de monde repart avec le sourire, mais ça ne marche pas à tous les coups.

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Te considères-tu engagé-e politiquement ? Si oui comment ? Si non pourquoi ?

Non je ne suis pas du tout, je n’écoute pas, je ne regarde pas, je ne lis pas le journal télé non. Si je lis quelque chose je lis quelque chose qui m’intéresse. Bien sûr je suis citoyenne du monde, je devrais ce qui se passe, je suis tout à fait d’accord, mais je préfère pour garder ce temps là pour peut-être le mettre dans la danse ou la lecture. Dans ce que j’ai envie d’apprendre, pour ce qui me semble plus important, puisque de toute façon je n’ai pas cet esprit de leader, donc je n’ai pas ce pouvoir de pouvoir m’exprimer de manière large à tout le monde, je sais que ça ne marcherais pas donc.

Bien sur quand on m’en parle je trouve ça aberrant ce que j’entends, mais je m’en porte mieux sans.

Quelle est ta conviction la plus forte ?

Je suis convaincue qu’une bonne journée est forcément une journée qui commence avec de l’eau.

Quel(s) conseil(s) voudrais-tu me donner pour le reste de mon voyage ? Ou même de ma vie ?

Te louer une plus grosse voiture, histoire de pouvoir bien dormir *rires*

Non, continue à rencontrer ton prochain, à lui parler, à partager tes belles histoires que tu racontes toujours. C’est plutôt positiver les qualités que tu as déjà. Je ne veux pas t’en rajouter en disant que tu devrais être plus comme ça. Alors cultive ton intérêt pour les autres, pour ce que tu fais, la photo, pour ton blog, je trouve ça impressionnant. N’attends pas d’avoir 30 ans pour être avec tes ami-es spécialement, ça veut dire que tes ami-es sont là où toi tu es, car iels ne seront jamais tous-tes là, il manquera toujours quelqu’un-e « oh j’suis en vacances ». Moi j’adore mes ami-es mais je trouve que quand tu pars longtemps, iels t’ont encore dans la tête, mais iels ne vont pas d’emblée se rappeler qu’iels peuvent te ravoir dans la vie de tous les jours.

 

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