Réflexions, Sur l'hyperphagie

[TCA] Chapitre 3-b: 10 choses positives autour de l’hyperphagie

Pour 2018, j’ai décidé d’apprendre à voir le verre à moitié plein, à me concentrer sur le positif que ce soit chez les autres, chez moi ou plus globalement dans la vie. Alors après l’article sur les aspects négatifs, j’ai décidé de parler des aspects positifs liés ou induits par l’hyperphagie, chez moi.

Bien sur, comme dans tous les cas de figure, être positif-ve ne signifie pas faire l’autruche, détourner le regard ou ne pas être critique lorsque c’est nécessaire. Mais j’ai simplement décidé de retenir qu’il y a des choses invariables dans ma vie (un passé immuable, des contraintes et des limites sociétales, etc.), de « dire oui à ce qui est », et de poser un regard aussi bienveillant et ouvert que possible. Parce que ça me fait du bien.

Et poser ce regard sur l’hyperphagie, et donc sur une part de moi, c’est essentiel pour avancer. Pour guérir. Alors c’est parti !

5 choses positives que j’en tire aujourd’hui

  • Apprendre à me connaître et m’aimer dans mon entièreté

Je crois que sans l’hyperphagie je n’aurais sans doute pas cherché à explorer qui je suis, ce à quoi j’aspire et celle que je peux être. Dans une société normative et limitante, il est donc parfois difficile de trouver sa voie et de pouvoir la suivre. Il n’est même pas rare de ne jamais se poser de questions, de suivre des schémas de vie établis parce que « c’est comme ça », mais aussi parce qu’il est parfois douloureux et souvent pesant d’avoir le sentiment permanent d’aller envers et contre tout, de ne jamais se retrouver dans les généralités, etc. Et l’hyperphagie m’a obligé à dépasser cela. Parce qu’elle m’a obligé à m’interroger sur les raisons de son existence et son emprise. J’ai donc plongé dans mon passé, dans mon fonctionnement, dans mes attentes et difficultés, mais aussi ceux de la société, ceux des autres.

Ce fut, et c’est encore, difficile, long, éprouvant. Mais je crois que c’est aussi bénéfique sur de multiples aspects.

Bien sur qu’aujourd’hui je ne vais pas prétendre m’aimer entièrement, sinon je n’écrirais sans doute pas ici, mais j’apprends à me considérer avec bienveillance, à apprécier au lieu de déprécier ce qui me constitue, et à pleinement intégrer que ce qui est différent, n’est pas moins bien.

  • Avoir réalisée que j’étais courageuse et combattive

Oui, après des années à me dire que j’occupais une bonne place dans la catégorie des nullasses, et bien j’ai compris que ce n’était pas du tout le cas. Parce que des années à trainer tout ça, sans en parler, des années à subir le martèlement de la société comme quoi je suis un problème,que je suis feignante/faible/sans volonté et quand même être là pour les autres, tout de même tracer mes routes et essayer, et bien c’est pas si mal.

Et puis, aujourd’hui, je suis là à essayer de terrasser des années de (dys)fonctionnement, je me lance des défis plus ou moins difficiles, et surtout je continue de marcher vers la personne épanouie et libre que j’ai envie d’être. Alors, oui, j’ai de la ressource.

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  • Avoir approfondi mes convictions

S’interroger sur soi, c’est aussi et peut-être même surtout s’interroger sur le monde qui nous entoure. Dans le cadre des TCA, c’est par le prisme des injonctions aux corps, principalement sur le corps des identifié-es femmes, que les enjeux sociaux et politiques sont arrivés.

Impossible de ne pas voir le poids lesté par défaut aux identifié-es femmes. Dans une société d’abondance et d’opulence, où tout doit être le plus grand, le plus gros (l’appartement, la voiture, le compte en banque) le corps lui doit rester petit, mince (voir faible, parce que certes pas de graisse mais pas de muscles non plus pour toi hein, faudrait pas déconner). Or souvent, en dehors des morphologies naturellement minces, cette vision idéalisée du corps s’accompagne de privations et de frustrations pour l’atteindre, et le garder. On assiste alors au fameux yoyo, au développement de TCA, à la gestion de l’alimentation déconnectée des besoins des corps, etc.

En plus de cela, c’est également l’hétéronormativité et une puante idée sexiste que LA femme ne doit son salut que dans le regard d’un (identifié-e) homme qui nous est martelé. Combien de personnes moquent/méprisent/valorisent un corps en fonction des hommes ? Combien de « ooooh mais les hommes aiment les rondes hihihi » ? Combien de « ooooh mais tu ne trouveras jamais d’homme avec ce physique là ».

Donc soyez malades, soyez dans l’hypercontrôle, soyez mal à l’aise, on s’en fout, l’important c’est que vous soyez plaisant-es aux yeux des hommes. Ah. Ok.

Bah non.

Et puis dans ces injonctions, il y a aussi tout une part d’omission des handicaps et des troubles psy. Marteler qu’il suffit d’un peu de sport ou tel régime, c’est en plus d’être faux, nier que non, tout le monde ne peut pas faire de longues heures de sport, que non tout le monde ne peut pas se restreindre de façon drastique sans conséquences désastreuses immédiates, quelles soient physiques ou psychiques, que non tout ne se règle pas selon une recette miracle.

  • La photographie

Je suis née dans un monde où le développement du numérique était déjà bien enclenché, j’ai donc mon visage et mon corps figés sur des centaines de photos et VHS, dès mon premier cri. Puis, avec l’adolescence sont arrivés les appareils photos numériques et les téléphones portables qui offrent mille possibilités outre la téléphonie. Alors, très vite la photographie a pris une part importante. Peut-être de façon totalement innocente. Ou pas.

Parce que dans un monde d’image, de paraître, etc., j’ai rapidement trouvé le prétexte d’être derrière l’appareil bien agréable. Fuir, pour ne pas me confronter à mon image, je suis devenue celle qui photographie. Celle qui regarde et pas celle qu’on regarde. Et petit à petit, ce boîtier est devenu un compagnon de route que j’ai voulu apprivoiser et connaître dans les moindres détails (ou presque).

Il est devenu un moyen d’expression, une façon de faire passer des émotions ou des idées. La photographie est donc devenue une part importante de moi-même, et qui me pousse à poser un regard sincère sur le monde.

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  • Des discussions, des rencontres, des amitiés précieuses

De manière général, je suis plutôt de nature à difficilement me lier et me livrer. On ne peut pas dire que se sentir mal dans son corps et un peu nulle aident à sortir de cet état de fait. Pourtant, c’est aussi grâce à ce corps, à cette réserve, à ces TCA que j’ai pu avoir des échanges particulièrement passionnants, bienveillants, enrichissants. Et même carrément tisser des amitiés importantes, où parler des TCA se fait à coeur ouvert (comme d’autres sujets sensibles, politiques et sociétaux), parce que ce que tout ceci m’a appris, c’est que je ne suis pas seule. Loin de là. Nous ne sommes pas seul-es. Hyperphagie, boulimie, anorexique, et tant d’autres, qui régissent nos vies et notre rapport à la nourriture. Bien sur que chaque trouble à ses spécificités, et surtout que chacun-e nous avons un parcours distinct, pourtant, ça a été tellement, mais tellement précieux de pouvoir échanger sans filtres, sans peur du jugement, et surtout, avec la quasi-certitude que nos mots seront compris, que notre ressenti ne sera pas remis en question. Etre enfin entendu-es. Enfin soutenu-es.

 

5 grosses claques que je lui ai mis dans la tronche

  • Ne plus la laisser définir mes limites

Comme je le disais plus haut, souffrir d’hyperphagie et être grosse m’a longtemps tenu à l’écart de bon nombre de choses par peur de ne pas y être à ma place et me sentir illégitime, pas crédible. J’ai d’ailleurs longtemps fait des listes mentales des choses que je ferais une fois que j’aurais maigri : de porter telle fringue au tatouage en passant par sauter en parachute ou donner mon sang. Et puis, petit à petit, les années sont passées, mon poids a varié vers et le haut ou le bas, pourtant, j’ai décidé que non, je ne devais plus attendre. Certes, il y a toujours des choses qui me sont difficiles, sans doute que je reporte, mais ce n’est plus juste une question de poids.

Voici donc quelques exemples dont je suis fière

  • Reprendre la danse, notamment classique

Je vous le disais dans un article précédent, j’ai fait de la danse lorsque j’avais 10-11 ans et la professeur a critiqué mon corps (et donc ma légitimité à être là) et j’ai donc décidé d’arrêter la danse. Ce souvenir indélébile, je l’ai trainé autant que j’ai trainé cette envie de revanche. Depuis 2013, je fais de la zumba de façon (très) régulière, pourtant ce n’était pas pareil. J’associe beaucoup moins de diversité de corps dans la danse moderne-jazz ou classique, et beaucoup moins de jugements dans les salles de danse de zumba. Alors, en 2016, je l’ai fait, je me suis inscrite à deux cours de danse adulte, un de modern-jazz et un de classique (en plus de la zumba). Et je crois que je n’ai jamais été aussi fière de moi. Notamment parce qu’il y a cet aspect de confrontation avec le miroir, mais également la rigueur des chorégraphies, les progressions en souplesse, et l’affrontement de la phase confection des costumes. Cela m’a demandé au final bien plus de courage que de sauter en parachute (oui je l’ai fait aussi aha), et j’ai surtout pris un plaisir immense à danser.

  • Voyager et randonner à foison

Ce blog étant avant tout un blog voyage, cette catégorie n’est pas étonnante, car il est vrai que voyager et randonner sont des choses que j’ai longtemps repoussé dans l’attente du « quand je serais mince ». Parce que je n’avais aucun exemple de voyageureuses gros-ses, que des gens minces, athlétiques, en short ou en leggin, et donc je ne pensais pas avoir ma place au milieu de tout ça. Et puis un jour, je suis partie, et ça ne s’arrêtera plus.

Depuis, j’ai également découvert d’autres bloggeurses qui sont gros-ses et qui, parfois, abordent cette thématique d’être gros-se en voyage. Il y a également le compte Instagram Unlikelyhikers qui met en avant des personnes peu représenté-es dans le monde de la randonnée, c’est un compte plein de positivité, de gentillesse et de fierté ! (c’est un compte anglophone par contre).

En toute honnêteté, je suis encore souvent mal à l’aise, dans les groupes, dans les auberges ou sur certaines rando exigeantes par exemple, mais c’est le même malaise que je peux ressentir dans la vie quotidienne, dans une soirée avec des inconnu-es ou dans des cours de sport, alors pourquoi me priver de ces émotions qui me rendent si heureuse ? On est d’accord, je ne dois pas.

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  • Faire de nombreuses d’heures de sport … et le dire !

Au final, j’ai quasiment toujours fait un peu de sport, voir beaucoup. Par peur que l’on ne me croit pas, j’ai longtemps tu tout cela, parce qu’après tout « fais du sport et tu vas maigrir » donc comment je pouvais encore être grosse et faire 8h de sport par semaine, c’était forcément que je mentais non ? Alors que non, depuis 8 ans, en dehors des périodes de voyages, je fait du sport entre 4 et 8h par semaine selon mes envies: course à pied, volley, yoga, badminton, zumba, danse, cours collectifs en salle (renfo, bodycombat, cardio, etc.), la marche, natation (avec en plus ces dernières années de nombreuses randonnées en voyage ou au quotidien). Au bout de quelques temps, j’ai trouvé ça injuste de ne pas pouvoir m’exprimer là-dessus, non seulement parce que si les autres décident de ne pas me croire c’est leur problème, mais aussi parce que c’est également important de le faire et de le dire pour la représentativité. Pour que la société arrête d’associer les gros-ses avec la feignantise ou le sport avec la minceur et les régimes.

Parce que oui, si je fais du sport, c’est par plaisir ! Pas pour affiner un corps, pas pour perdre du poids, mais parce que j’y trouve un vrai épanouissement, de la force, et de la fierté. Et sans doute un peu, parce que ça a une portée politique d’être là, d’être grosse, de suer et de défendre cette place que la société nous confisque trop souvent (tout en nous blâmant de ne pas la prendre …).

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Apothéose de la fierté : faire le gala de danse sur scène.

Bref tout ceci ne sont que des exemples ici et là, sans doute les plus marquants ou les plus racontables, mais il y a des dizaines d’autres exemples. Parfois, des choses qui peuvent sembler anodines, mais qui pourtant peuvent demander beaucoup d’énergie et de courage. Et qui certes étaient particulièrement importants pour moi, mais qui, je crois, sont aussi significatifs pour d’autres, parce qu’ils participent à élargir la palette de représentativité des gros-ses dans la société, et ainsi contrer les clichés et insultes grossophobes subis.

  • Avoir vécu à l’étranger plusieurs mois

Alors, dis comme ça, il est possible que le lien ne vous semble pas évident. Pourtant, c’est un pas majeur que j’ai pu faire. Parce que lorsque vous partez à l’étranger, sauf cas exceptionnel je pense, vous vous trouvez face

1/ des lieux où faire vos courses/épiceries complètement différemment, à la fois dans l’agencement que des produits que pourrez y trouver

2/ des marques ou packagings que vous ne connaissez pas

3/ des normes différentes

Bref, on se retrouve loin, loin de nos habitudes. Et franchement, je ne sais pas vous, mais personnellement ça me déroute complètement. Parce qu’on mange quand même assez souvent dans une journée, et qu’on a au final un nombre assez limité de repas/aliments qui nous accompagnent de façon très régulière. Alors si vous rajoutez des TCA là-dessus, ça peut très vite devenir catastrophique, parce qu’il y a souvent des aliments de référence, des aliments que l’on associe aux crises, au réconfort. Personnellement, j’ai même parfois des obsessions alimentaires, qui font que je suis capable de manger des gnocchis à poêler, des frites incurvées, des tartines d’avocats-sirop d’agave-tartinade de soja ou du granola avec du sorbet de cassis à TOUS LES REPAS. Tous, sans exceptions, pendant DES SEMAINES.

J’ai commencé à voyager comme beaucoup de gens lors de vacances, de quelques jours à quelques semaines. Bref, une courte durée, une parenthèse pendant laquelle je ne préoccupais pas tellement de la nourriture. Ce qui comptait c’était les paysages que j’allais voir, les lieux que j’allais découvrir. Le reste, mes petites habitudes, mes aliments rassurants, ils seront de retour bientôt. Alors, ça allait.

Et puis, il y a 3 ans, j’ai pris la décision de partir en Nouvelle-Zélande, le projet étant d’y vivre plusieurs mois. Aujourd’hui, je viens d’entamer un projet de voyage sur plusieurs mois au Canada. Et dans les deux cas, je ressens les mêmes choses, les mêmes angoisses.

De plus, lors de mes voyages, j’ai oscillé entre la vie en auberge, les road trips avec des inconnu-es qui ne le sont plus après, la vie chez l’habitant-e avec les helpX. Ce qui signifie non seulement que j’étais rarement seule pour manger, mais qu’en plus, souvent, je n’avais pas la main sur les repas. Ni le contenu, ni les quantités. Et surtout, je mange(ais) sous le regard des autres. Et faire tout cela sans angoisses, sans anticipations, ne fut pas toujours chose aisée. Encore aujourd’hui, il y a des moments où je fais mes petites réserves, où je mange des choses en cachette, mais tout cela s’est grandement amélioré, et c’est avec fierté que je fais ce constat : j’ai choisi d’essayer plutôt que de fuir, bref, j’ai fait face à l’hyperphagie et aux angoisses qui l’accompagne … et j’ai gagné !

  • En parler

Comme je l’expliquais un peu plus haut, j’ai commencé à parlé de l’hyperphagie avec des amies proches, mais aussi grâce à la magie de l’internet, à des plus ou moins inconnu-es (qui aujourd’hui ne le sont plus), et parfois sur quelques blogs ou vidéos youtube. Mes premiers pas d’exploration, de compréhension et de guérison en dehors de mes carnets secrets ou mes feuilles brulées.

Pourtant, le tournant a vraiment eu lieu ailleurs. Lors de mon voyage en Nouvelle-Zélande, j’ai abordé la question de l’hyperphagie pour la première fois sur ce blog. Etre à des milliers de kilomètres et parler à travers un écran m’a permis d’oser enfin verbaliser cela. Puis d’autres articles ont suivi, plus ou moins personnels, plus ou moins approfondi. Depuis l’été dernier, j’ai mis un autre coup d’accélérateur avec cette série d’article, et j’en suis ravie. C’est difficile, ça me coute et me remue beaucoup, parce que je replonge dans des souvenirs, parce que je mets à nue des choses que j’ai longtemps tenues secrètes, et dont j’ai eu longtemps honte. Alors, je mets du temps à construire ses articles, je tourne souvent autour d’eux sans arriver à écrire mais ils finissent toujours publiés. Malgré l’étrangeté de se dire que je me livre autant, que la « réalité » rattrape ces pages virtuelles avec des commentaires ici ou ailleurs, le bienfait est là, bien là. Bien plus puissant que la douloureuse écriture, bien plus durable que la pointe de stress au moment de la publication.

J’espère pouvoir, un jour, clore ces chapitres, mais en tout cas il est évident que ces articles avaient leur place ici, parce que c’est sans doute mon plus long, éprouvant et beau voyage.

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  • Le végéta*isme

Depuis presque 5 ans, je mange végétarien (exceptions faites de quelques anicroches lors de la première année et demie), et depuis environ 2 ans et demi le végétalisme tiens la vedette de mes repas. J’ai fait ce végéchoix sans prendre en compte la composante TCA. Ce qui aurait pu être un désastre. Mais, pour le végétarisme, l’hyperphagie n’a jamais été une difficulté. Tout a roulé comme sur des roulettes, et les quelques exceptions qui ont jalonné le parcours ne l’ont été que par les circonstances (absence d’alternatives dans de drôles de conditions, viande non désirée (genre tu demandes sans certains ingrédients, on te les mets quand même, donc boom la bouchée qui fait plaisir(non)), et jamais par une pulsion alimentaire.

Pour le végétalisme, c’est plus complexe. Notamment parce que le lait, le beurre, les oeufs se cachent partout, la gélatine aussi. Mais aussi parce que les alternatives 100% végétales sont encore assez rares, surtout en milieu rural/semi-rural, et chères. Alors de nombreux produits non végétaliens m’accompagnent encore lors de mes crises, même si j’essaye de faire de plus en plus de choses moi-même.

Toutefois, faire le choix de manger végétarien m’a prouvé qu’il était possible de supprimer des produits de mon alimentation sans générer aucune frustration, et ça c’est rassurant quand on souffre de TCA. J’ai eu le sentiment de reprendre un contrôle sans qu’il soit oppressant ou illusoire. Parce qu’il m’a permis de changer le regard sur les aliments, d’en modifier leur catégorisation afin de ne plus les voir comme les « bons » ou les « mauvais », mais plutôt comme ceux qui me permettent d’être en accord avec des convictions profondes.

Le fait d’ancrer le végétalisme dans ma vie m’a aussi permis de retrouver certains plaisirs avec la nourriture, certaines envies, et non pas juste, de la douleur et de la culpabilité. Prendre le temps de cuisiner, prendre le temps d’essayer de nouvelles saveurs, de nouvelles recettes.

Alors, tout ceci prend du temps, mais c’était une bonne trempe à l’hyperphagie.

  • Me montrer

Après des années à rester l’oeil collé au viseur de mon appareil, j’ai décidé de passer aussi devant l’objectif photo. Et pas une photo prise par surprise, pas une photo floue, pas une photo où je me cache. Quelque part, c’est encore une espèce de contrôle, parce que je décide de ce qui montrable, et surtout je peux effacer ce qui ne me convient pas. Je gère encore mon image. Mais je ne retouche pas mes photos (sauf les lumières, contrastes, clarté), je suis (presque toujours) non maquillée (comme dans la vie en somme), et surtout, j’essaye petit à petit de montrer ce qui me dérange, ce que je n’aime pas. Par exemple, avoir posté une photo de mon ventre tigré de vergetures a été une étape aussi forte que difficile. Mais je ne la regrette pas, bien au contraire. Instagram est un support qui me permet de m’exprimer brièvement sur l’hyperphagie (et bien d’autres choses) et de me confronter régulièrement à mon image.

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Plus de mains devant le visage.

 

Au départ, j’allais conclure cet article en m’excusant pour sa longueur, son intérêt plus que relatif et son fort égocentrisme, mais finalement non. Déjà parce qu’on ne devrait pas s’excuser d’exprimer ses émotions (particulièrement quand on développe des TCA suite à une mauvaise gestion de celles-ci aha), mais surtout parce qu’on devrait bien plus souvent affirmer publiquement qu’on est fier-e de soi et écrire sur les aspects que l’on aime de nous-même.

6 réflexions au sujet de “[TCA] Chapitre 3-b: 10 choses positives autour de l’hyperphagie”

  1. J’ai aperçu ton blog sur le forum mmz.
    Un grand merci pour ce blog et cet article, on a beaucoup de points communs, même si mon hyperphagie s’est calmée aujourd’hui. Mais je la regarde toujours « en noir » comme une période sombre de ma vie. Cette lecture m’a fait du bien 🙂
    Je ne sais pas si tu as vu mais Esther a fait pas mal de vidéos sur le sujet, qui m’ont bien aidée. Par contre c’est un peu un électrochoc, ça a été violent pour moi.
    Et profite bien du Québec où j’ai kiffé être végane 🙂

    1. Déjà merci pour ce petit coucou et ce joli commentaire. Et c’est certain que ça reste quand même souvent associée à une idée de temps perdu, et d’épreuves que j’aurais voulu ne pas vivre. Mais clairement, poser un oeil plus positif dessus me permet de relativiser et de trouver de la force et de la motivation à aller mieux, et à être fière de moi.
      Oui j’ai su pour Esther, mais je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas tellement envie d’entendre des choses là dessus, j’ai peur d’être bousculée ou agacée aha. Mais un jour :P
      Et plus de Québec pour moi, désormais c’est West Coast (Ile de Vancouver pour l’instant), mais la véganie reste bien chouette aussi ;)

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