Canada

[PVT] Canada : Arrivée, premiers pas premières démarches, premiers doutes.

Le 22 février j’ai quitté ma province bien décidé à empoigner la vie, le coeur léger et le bagage mince, j’étais bien décide à conquérir Paris (de rien pour la chanson), et après près de 8h de vol (et autant d’heures d’inconfort), j’ai posé les pieds à Montréal.

Yeah. Cool, hop direction la ville.

Ah. Non. On me rappelle, ah oui c’est vrai, il y a un petit détail à régler avant.

Etape 1: Immigration & Douanes aka le pic de stress

Après un assez rapide passage par la case « carte de déclaration » (mais siiii le fameux papier distribué dans l’avion, que vous remplissez deux fois puisque forcément vous avez fait une erreur la première fois/déchirer le papier/perdu le papier, pour finalement devoir de nouveau tout déclarer sur un petit ordinateur en arrivant), je suis dirigée vers le pôle « immigration ». On me demande quel est mon statut, et on me file un petit ticket tout en m’indiquant d’aller m’asseoir et que j’allais être appelée. P006. Je m’installe donc sur mon petit siège, utilise grandement le wifi de l’aéroport. D’abord pour prévenir que mon vol s’est bien passé, puis pour passer le temps. Car oui c’est long. Et encore, je ne suis que 006. A côté de moi je vois du 017 et même du 026.

Et puis rapidement, le malaise. Dans ce hall « immigration », il y a tout type d’immigration. Les PVTistes, les travailleur-euses, mais aussi les réfugié-es et demandeur-euses d’asile. Les agent-es d’immigration prennent alors un autre rôle, celui d’enquêteur-ices. Tester la véracité des propos, demander mille informations, demander à se rasseoir, revenir, repartir, etc. Certain-es diront qu’iels font leur job, certain-es diraient même qu’iels ont bien raison de ne pas accepter tout le monde. Pour ma part, j’étais triste. Triste de voir cette violence de traitement, sous nous yeux à tous-tes comme un peu plus d’humiliation à leur égart. Effarée aussi de voir que nous devenons tous-tes un argument de pression (iels seraient responsables de notre attente…). Triste de les voir partir vers d’autres salles d’attente, et non pas franchir la ligne de sortie comme nous autres.

Puis est venu mon tour. Lettre d’introduction, passeport, attestation d’assurance et justificatif de fonds. Vérification faite, je suis invitée à retourner m’asseoir. 10 minutes plus tard, mon permis est là, validé. Je vérifie l’ensemble des informations (2 ans, pas de restrictions autres que le secteur médical et des enfants, permis ouvert) et je prends la sortie. Toujours songeuse face à cette injustice, loterie du lieu de naissance, de son ethnie et de son environnement social…

Donc, voilà, après quelques heures, certes longues mais facilement relativisées, l’aventure est bel et bien lancée.

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Je monte dans le bus direction le centre ville de Montréal, je trouve mon auberge sans me perdre et j’entre enfin dans le dortoir qui m’accueillera les premiers temps.

Et là, c’est le drame. J’ai soif et j’ai envie de fruits. Mais. Je n’ai pas de contenant pour le remplir d’eau, je ne sais pas où faire des courses, et j’ai la frousse de descendre dans la salle commune pour régler cette situation. Je n’ai qu’une envie : pleurer, et une seule idée en tête : « mais qu’est ce que tu fous là ».

Y’a pas à dire, la fatigue a un effet formidable sur mon moral aha.

Je lutte quelques heures pour ne pas m’endormir trop tôt, mais je sombrerais à 20h pour me réveiller presque 14h plus tard (un exploit pour mon corps réglé sur 7h de sommeil tout pile) d’attaque pour les démarches administratives.

Etape 2: Obtenir mon NAS aka le long fleuve tranquille

Le Numéro d’Assurance Sociale c’est un document obligatoire dès lors que l’on veut travailler au Canada. N’ayant aucune idée de ce que je vais faire durant mon PVT, et la procédure étant ultra rapide, simple et gratuite, autant le faire dès le départ.

Je file direction le bureau « Service Canada » le plus proche, et je me retrouve en moins de 15 minutes face à l’employée qui me demande mon permis de travail (obtenu hier à l’immigration), le nom de mes parents, une adresse et…c’est tout !

3 minutes et une impression plus tard, je suis en possession de mon NAS. Il convient toutefois de préciser que ce n’est pas le cas de tout le monde. Certain-es se voient informé-es qu’iels recevront leur NAS par la poste sous un délai variable de 2 à 6 semaines. Comme quoi.

Etape 3: L’ouverture du compte en banque aka iceberg en vue

Ma première galère. J’avais choisi la Royal Bank of Canada, parce qu’elle est présente partout sur le territoire (ce qui a son importance pour retirer de l’argent sans frais) et qu’elle offre 9 mois de gratuité pour les frais de compte pour les nouveaux-elles arrivant-es. Je prends donc mon petit rendez-vous pour lundi matin, toute ravie de cette rapidité. Lundi arrive, et là tadadaaaam c’est le drame (bon on se comprend hein). On me demande une adresse permanente, que, en tant que logeuse dans une auberge, je n’ai pas. Je me décide donc à essayer d’autres banques. Et la rengaine est la même. J’ai donc erré plusieurs jours, tester d’autres demandes (envoi directement dans la banque, adresse de air b’n’b, etc.), envisager d’autres banques. Ca m’a pas mal pesé, car et j’avais la pression des frais bancaires de ma carte française qui flottaient au dessus de ma tête. J’étais également dans l’incompréhension car comme beaucoup de démarches, c’est un peu la loterie, . Selon la-e conseillèr-e, la succursale, le jour de l’année, les choses peuvent se passer plus ou moins facilement.

Finalement, c’est grâce à ce monde superbe de l’Internet que Analepses vagabondes m’a parlé de la banque où elle a fait ses démarches, et comme un porte-bonheur, je suis passée par la même porte d’entrée qu’elle et j’ai pu ouvrir un compte à la TD-Canada (Encore merci <3).

6 mois de gratuité du compte, ensuite il y a des frais en fonction du nombre de transactions voulues (oui payer, faire un virement ou retirer de l’argent, chaque action de débit sur le compte est une transaction), et une banque plutôt bien présente sur le territoire. Ce n’est pas la situation idéale que j’avais planifié, mais je pense que ça fera l’affaire.

Etape 4: Forfait de téléphone aka la panique impulsive

Sans compte en banque canadien, je ne voulais pas prendre un forfait/carte sim. Finalement, le compte est arrivé, pourtant je n’étais toujours pas décidé. Et puis, j’ai fini par trouver un HelpX, et je n’étais pas certaine d’y avoir internet. Or c’est un peu mon seul moyen de communiquer aha, et comme je suis très sereine ces derniers temps (voir paragraphe suivant) j’ai filé en panique dans le premier magasin de téléphonie que j’ai trouvé à Québec pour y prendre un forfait avec de la data. Ce n’était sans doute pas l’idée du siècle, je m’interroge encore sur comment se règle les factures (oui oui), mais bon. On verra bien.

Etape 5 : Arrêter de stresser

Au final, c’est sans doute la première étape que j’ai du entreprendre, mais aussi la plus compliquée, et celle qui n’a toujours pas aboutie aha.

Malgré les apparences (ou pas d’ailleurs), je suis de nature plutôt anxieuse. Partir pour ce PVT sans réels projets ou convictions, n’a pas aidé à m’apaiser ni avant le départ ni à mon arrivée sur le sol canadien. Et pour parfaire le tableau, je rencontre de nooooombreux-ses pvtistes à mon arrivée à Montréal, ce qui signifie que je rencontre de nooooombreuses personnes avec des projets, envies ou plans. Etant particulièrement sensible à la comparaison, je n’échappe donc pas à cette pression insidieuse de voir les autres avancer tandis que je suis sans idées, sans volontés.

A côté de cela, je ne suis pas le genre de personne qui se trouve à l’aise rapidement, ni en toutes circonstances. Alors arrivée dans un nouveau pays, dans de nouveaux lieux, avec des repères quotidiens complètement chamboulés (typiquement les repères alimentaires, j’en parlerais bientôt dans un nouveau chapitre sur l’hyperphagie), c’est une source de stress supplémentaires. Cela se traduit notamment par des émotions à fleur de peau, mais aussi des excès de vérification (que les plaques électriques soient bien éteintes, que les portes fermées, que mon passeport soit bien dans ma poche alors que je ne l’ai pas sorti de là depuis 1 semaine, etc.). Ce qui est très très pesant.

Il m’a donc fallu me presser pour stopper cette dynamique, et cesser de me laisser submerger par la culpabilité de ne pas pouvoir dérouler un plan à suivre sur 18 mois avec 3 options de plans de secours et un emploi du temps millimétré.

J’ai donc commencé (et je continue car comme je le disais, ce n’est pas si simple) à accepter de prendre mon temps, d’accepter de changer d’avis, de tromper. Bref, accepter de ne pas savoir, et d’avoir tout à construire.

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Etape 6: Trouver quoi faire

La dernière et la plus vaste des étapes. Quoi faire ? Sans doute que vous pensez que tout est possible, pourtant, tout n’est pas aussi simple à mettre en place. Car comme dans toutes les aventures (de voyage, quotidiennes, professionnelles, etc.), il y a une part d’opportunités impromptues, de petits coups de pouce du destin, de contretemps et de galères. Il y a bien des choses que j’aimerais faire, mais ce sont des projets flous, des idées fantasmées qu’il faut reconnecter à la réalité.

J’avais deux choses en tête avant d’atterrir ici : découvrir la production de sirop d’érable, voir des orques.

Je suis actuellement en HelpX dans une érablière pour 1 mois, donc on peut dire que je suis à 50 % de mes objectifs de départ (quelle efficacité aha). Pourtant, je suis rattrapée par l’étape 5, ou plutôt son avancement limité, et donc je me retrouve vite de nouveau en quête de l’après. Mais, je vais essayer de rester positive pour conclure, et donc rester sur l’idée que je finirais bien par trouver ! Haut le moi !

 

 

2 réflexions au sujet de “[PVT] Canada : Arrivée, premiers pas premières démarches, premiers doutes.”

  1. L’érable il a pas poussé d’un coup ! Ton voyage vient de commencer et ton caractère, ton ouverture d’esprit, font que je suis pas du tout stressée par ton programme à venir. Tu vas avoir de sacrées choses à nous raconter :3

    1. Merci pour ce petit mot. Vraiment, tu as toujours des mots réconfortants et encourageants. Mouh fois mille 💛💛

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