Alpes, Carnet de voyage

[A la découverte] des Alpes. Jour 5 à 7 : Lauvitel, Lac Fourchu et Plateau d’Emparis

Après le massif de Belledonne, voici la suite de mes excursions à travers les Alpes.

Jour 5 : De la Danchère au lac du Lauvitel

Après une nuit passée dans un bon lit grenoblois, j’ai pris la route direction Allemont et ainsi découvrir les massifs au sud du massif de Belledonne. Après une installation de tente, c’est à l’assaut de la porte du Parc Naturel des Ecrins que je suis partie : le lac de Lauvitel. Cette petite marche (environ 3h A/R), reste une randonnée en montagne, ça grimpe plus ou moins tout le temps à travers bois, on croise quelques torrents, des sources d’eau et avec la chaleur est toujours pesante c’est plus qu’agréable. Et puis, d’un coup, le ciel se dégage, les montagnes nous entourent et le lac est là, droit devant. La météo est certes chaude, mais pas des plus dégagée, alors le lac et les neiges des sommets sont baignés par de soleil de façon intermittente. Le calme règne, troublé parfois par un sifflement de marmotte perdue dans les éboulis.

Je crapahute un peu dans les gros rochers qui bordent la rive du lac, et j’y reste assise de longues minutes simplement à observer ce paysage majestueux et serein.

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De l’autre côté du lac se trouve une réserver naturelle interdite au public. En effet, c’est une des réserves préservées qui permet aux scientifiques d’observer des écosystèmes peu impactés par l’action de l’homme. C’est un lieu intriguant, à rester là à le regarder, mon cerveau s’est demandé tout ce qu’on pouvait bien y trouver. Je l’espère des animaux heureux et dénués de pressions humaines.

 

Jour 6 : Grenonière -> Refuge du Taillefer -> Lac Fourchu

Ce deuxième jour commence avant le lever du soleil. La rando du jour s’annonce longue, le sentier exposé, alors je décide de commencer le plus tôt possible pour éviter les grosses chaleurs. Ca sera peine perdue.

Comme souvent, je me rallonge les randos de plusieurs kilomètres (et souvent pas les plus plats) parce que je ne me gare jamais au bon parking. Tant pis. Je pars donc du village de Grenonière, et je file direction la première étape : le refuge du Taillefer. Ca grimpe dès le départ, puis après un petit passage abrité, c’est parti pour une grimpée à travers la solitude. Pas un bruit. Juste le Taillefer qui grandit à ma droite, et les montagnes qui s’étendent à perte de vue. Au soleil, ça continue de grimper. Et puis au bout d’une bonne heure, la pente s’amenuise et le sentier continue de serpenter sur la montagne jusqu’au refuge qui offre une vue plongeante sur le Taillefer. Il trône et ne disparaitra plus de mon champ de vision avant longtemps.

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Après quelques minutes assise sur un petit banc (oui il y a un banc là-haut), je reprends la route direction le lac Fourchu. Le sentier continue plutôt tranquillement, jusqu’à voir le lac Fourchu se dessiner en contre-bas, avec le Taillefer à sa gauche. Et c’est plutôt magique.

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La chaleur est là avec le soleil, mais le vent aussi. Alors le reflet du Taillefer dans le lac n’est pas des plus évident, mais tout cela reste magique. Le Vercors s’étend également au loin. Et c’est toujours aussi calme. Toujours aussi calme. Je prends alors le temps de déjeuner ici, les pieds dans l’eau bien fraîche du lac Fourchu. Après la découverte de l’existence d’un autre itinéraire plus court et plus simple (bah oui sinon ce n’est pas drôle), je reprends ma boucle plutôt fière de me dire que l’important c’était de marcher. De me perdre dans le fil de mes pensées, de se faire quelques frayeurs dans les herbes hautes, d’hésiter entre le sentier à droite et le sentier à gauche. En me disant tout cela, je tombe sur les lacs Noir et Blanc, au milieu de l’herbe verte et avec les montagnes en fond de paysage. C’est sublime. Juste sublime. Alors, les fesses posées sur un rocher un peu surélevé, je reste dos au Taillefer à regarder le sentier qui serpente dans ce paysage.

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Puis je repars, la descente s’amorce. Et quelle descente. Plutôt costaude pour les genoux afin de finir par atteindre le bois du matin et donc enfin retrouver un peu d’ombre. Le retour à la voiture sera long, la fatigue et la chaleur pesant sur les épaules.

Le soir, pour profiter un peu de cette journée jusqu’au bout, je décide d’aller au point de vue de Vaujany pour regarder le coucher de soleil. Ce n’est pas forcément le meilleur spot pour cela, mais la table d’orientation permet de se repérer et de nommer les montagnes vues plus tôt dans la journée. Et cela m’a aussi permis deux choses : 1/ voir le jet impressionnant de la vanne du barrage d’Allemont, 2/ comprendre que le mur que je voyais depuis ma tente et que je prenais pour une colline était en fait un barrage. Et quel barrage. Ca m’a filé des angoisses. Si j’ai retenu quelques leçons de ma vie professionnelle, c’est de ne jamais faire confiance à une rivière, alors apprendre que je dormais sous des millions de mètres cubes d’eau c’était un poil l’angoisse. L’eau est un élément que je trouve aussi apaisant qu’angoissant, aussi captivant que terrifiant. La traversée de la digue puis du pont par-dessus le barrage m’a noué l’estomac, et retourner dormir à son aval, ne m’a pas laissé sans sueurs froides. Ca m’apprendra à ne pas regarder où je pose mes valises aha.

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Jour 7 : Col de St Georges -> Lacs du plateau d’Emparis

En ce troisième matin, j’ai dans la tête de découvrir les lacs du plateau d’Emparis et du glacier de la Meije. En partant direction le Chazelet, je tombe sur un panneau annonçant que la route est fermée jusqu’à Briançon. Petit coup de stress, et puis grâce à la magie de la 3G, je trouve qu’un départ est possible depuis le col de St Georges. Alors je file direction Besse-en-Oisans, et après renseignement auprès d’une locale, je trouve enfin le départ de la route carrossable direction le Col St Georges. Et quelle route !! Ma petite citadine a eu quelques frayeurs, tout comme moi, entre la route vertigineuse et les rigoles/creux sur la route (qui rendaient vraiment la descente compliquée)(mais genre vraiment), je regrettais pour la première fois de ma vie de ne pas avoir un 4×4.

Je finis bon gré malgré par arriver au parking du Col St Georges, et la claque est magistral. Il n’y a personne autour de moi, exception faite des montagnes et de la verdure. C’est assez saisissant, et je commence à mesurer pourquoi cet endroit est particulièrement apprécié par les visiteurs.

Je me lance ensuite sur le sentier, toujours sur une chaleur caniculaire, et un soleil de plomb. Alors, comme lors des jours précédents, avoir des lacs qui jalonnent la rando c’est bien plus d’agréable, quasi nécessaire.

Le premier lac croisé sera le lac Cristallin, puis viendra le Lac Noir avant de terminer par le Lac Lérié. La magie de ce lieu, c’est que les lacs deviennent souvent un miroir dans lesquels se reflètent les montagnes et glaciers environnants. Toutefois, le jour où je parcours les sentiers, le vent est également de la partie, ce qui crée des ridules sur les surfaces des lacs. Alors la photo carte postale n’est pas là, mais la beauté des lieux l’est indéniablement !

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Au-delà des lacs, ce qui est particulièrement fabuleux, c’est la dimension de tout cela. Je me suis sentie toute petite au milieu de ces montagnes, et surtout, j’ai vu à quel point les autres me semblaient riquiqui au milieu de ces paysages majestueux.

Et en plus de ce parcours au milieu des lacs, j’ai pris le temps de parcours les sentiers qui sillonnent au travers des vallées verdoyantes.

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Pendant les 6h passés sur le plateau, entre marche et contemplation, j’ai moi aussi pensé que ce bout de plateau avait quelque chose de magique. Je ne pensais pas me sentir aussi émue devant ces montagnes, mais surtout devant ces vallons enherbées où on peut suivre le jaune des sentiers sur plusieurs kilomètres. Et, surtout, malgré la popularité des lieux, il est tellement facile de se retrouver seul·e et au calme dès lors que l’on s’éloigne un peu des sentiers, et ce que ce soit autour des lacs ou plus loin dans la verdure.

Définitivement, cette journée m’a convaincue qu’il y a encore des centaines de sentiers sur lesquels je serais heureuse de me perdre, et le long desquels j’en prendrais plein les yeux.

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2 réflexions au sujet de “[A la découverte] des Alpes. Jour 5 à 7 : Lauvitel, Lac Fourchu et Plateau d’Emparis”

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