Réflexions, Société & Convictions

[Blabla] Des mots & des photos : défi instagram de septembre.

Durant le mois de septembre je me suis lancée un petit défi, poster une photo par jour sur mon Instagram.

A la base, c’était simplement pour partager quelques anciennes photos qui pourraient traduire mon humeur du jour. Et puis, très vite, j’ai commencé à partager un peu plus, quelques sentiments, quelques maux, quelques espoirs. Alors pour ne pas oublier, j’ai eu envie de compiler quelques posts ici.

Jour 5: Inspirer.

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Souvent, on n’attend qu’une chose. On a besoin que d’une pause. De ce laps de temps, souvent très court, où l’esprit se vide. De ce silence qui éloigne, pour quelques secondes, nos pensées et étouffantes. De ce souffle qui balaie ces pressions trop lourdes. Même pour une seconde.
Inspirer.
Expirer.

 

Jour 6 : Et si rien n’était vrai ?

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Comme ces montagnes qui ressemblent à une peinture, parfois, le doute s’installe.
Ce souvenir est-il faussé ? Ce ressenti n’est-il pas délavé ? Cette peur exagérée ? Cet échange fantasmé ? Ce visage remanié ? Cette histoire imaginée ? Ces sentiments manipulés ? Ce goût aseptisé ? Ces projets surestimés ?
Est-ce que ce doute naît pour ne pas avoir à se dire « Et si tout était vrai ? ».

 

Jour 7 : Dis, que restera-t-il de notre histoire ? 

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Quand je parcours des sentiers de rando, je vois des déchets classiques : sacs ou bouteilles plastiques, mégots (oui jusque là), et tant d’autres.
Et puis, je vois souvent des installations de tourisme. Des logements saisonniers. Du ski. Des piscines. Des bars. Des toilettes (Sisi la NZ). Bref. Du béton. Du plastique. Des métaux. Et enfin, je pense à mes pas qui écrasent peut-être des plantes, insectes ou habitats importants lorsque je quitte un sentier pour crapahuter ou prendre une photo.

Alors, souvent, je me dis que de nous, il ne restera que du désagrément.

 

Jour 8 : Cou(p) de coeur.

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Il y a les souvenirs de coeur palpitant, de regards timides, de joues rosées et d’occasion manquée.
Il y a les souvenirs de bras enlacés, de cou embrassé, de mots chuchotés et de visage caressé.
Il y a les souvenirs de mains baladeuses, de peau brûlante, de dos agrippé et de lèvres dévorées.
Il y a les souvenirs de vide, de peur, d’anesthésie et de rien.
Il y a les souvenirs.

 

Jour 9 : Les vents de la colère.

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Les yeux qui balaient le monde autour. Le coeur qui s’accélère. Le ventre qui se noue. La mâchoire qui se contracte. Et les poings qui se serrent.
Tout autour de moi, la colère y trouve de quoi se nourrir. Injustices. Intolérances. Discriminations. Bêtises. Haine.
Et en soi, cette colère aussi puise l’énergie. Dans les contradictions, les incohérences, les erreurs, la passivité, l’impuissance.
Alors ça gronde. Ça gronde. Ça déborde, ça épuise. Parfois ça nous bloque. Parfois c’est un moteur. Parfois, on voudrait l’oublier. Parfois on voudrait qu’elle nous transporte.
Il aura toujours des combats. Toujours des incendies au fond du bide. Toujours des colères qui souffleront autour de nous.

 

Jour 10 : Pour s’envoler, il faut d’abord se jeter dans le vide.

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J’ai longtemps cru qu’une fois la montagne le plus dur était derrière moi. Pourtant, malgré les dizaines de montagnes grimpées dans la douleur, rien n’était jamais vraiment réglé. Parce que je ne m’approchais pas du bord. Parce que je n’ai jamais franchi le dernier cap, celui de sauter. Celui d’oser. Complétement.
Peut-être qu’un jour.

« – What if I fall ? – Oh, but darling, what if you fly ? »

 

Jour 11 : Seule au milieu d’un tout.

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J’ai longtemps considéré que j’étais une citadine dans l’âme. J’aimais prendre le métro tous les jours, les bornes de vélov’, le cinéma à 5 minutes à pied, les expos, les bars, les bus de nuit, le noir qui n’arrive jamais, les portes qui claquent sur la palier, les coups d’interphone en pleine nuit, le silence matinal dans les transports, la nuit qui danse dans les rues, les soirées d’été sur les quais, le béton qui résonne, le bruit de la ville. Le bruit de la vie.
Je n’avais donc jamais le sentiment d’être seule. Il y avait toujours quelque part un autre regard, un autre bruit, une autre vie.
Je pensais donc ne pas être à l’aise ailleurs. J’ai eu peur de la solitude et du poids du silence en arrivant en Ardèche. Le silence de la nuit, les ciels étoilés, le bruit de la rivière, les rues désertes à partir de 22h, la forêt autour, les oiseaux qui chantent, les chats qui se baladent, les petit·e·s vie·illes·ux sur les bancs.
Et pourtant, j’ai compris que la ville biaisait mon sentiment. Parce que c’était le même appartement, le même grand lit, le même silence une fois la porte fermée, les mêmes dîners en solo, la même quiétude, le même poids et les mêmes coups au coeur parfois. J’ai compris qu’en ville, malgré la foule, malgré le bruit, j’étais finalement juste seule au milieu d’un tout.

 

Jour 13 : 11 mm en plus.

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Sur cette photo, il y a 11 mm de poils. De poils noirs sur mes (blancs) mollets. 11 mm qui peuvent cristalliser jugements, surprise, préjugés, sourires, indifférence, regards de dégoût ou encore du soutien. Tout ça parce qu’ils poussent sur un corps identifié femme. Car oui, ces questions de poils ne se posent pas pour tou·te·s.
Alors pour moi, ce n’est pas rien de les arborer au sein de la société qui m’a appris à les trouver moches voir sales, à devoir consacrer du temps, de l’argent voir à souffrir pour les supprimer. Ce n’est pas rien lorsqu’ils deviennent le symbole d’une révolte sociétale. Ils devraient être un détail, mais ne le sont pas.
Parce que je me surprends encore à penser que je suis déjà grosse/féministe/écolo donc que je ne dois pas renforcer les clichés. Je continue encore parfois de trouver que quelque chose cloche si ils sont là. J’ai peur de les arborer dans la rue, au sport. Parce que malgré toute la déconstruction, malgré toute la rage contre cette société normative et oppressive, je n’arrive pas toujours à m’en foutre totalement.

Lorsque je vois d’autres identifié·e·s femme arborer des poils, ça me fait sourire. Ca m’encourage. Ca me rassure. Ca m’apaise. C’est cool hein, mais ce n’est donc pas neutre. Ca traduit bien que je n’arrive pas à les voir comme ce qu’ils sont: 11 mm de poils. Juste 11 mm de poils. Juste un détail.
Mais j’essaye. Et, j’espère qu’un jour, jambes poilues et dépoilues cohabiteront peu importe le contexte et peu importe le genre qui les arbore. Qu’elles copineront aussi avec aisselles, pubis, ventres, dos, mentons, bras, lèvres supérieures, sourcils ou des poitrines tout aussi variés dans leur forme et leur pilosité.
Que tout ceci ne soit qu’un détail, le résultat d’envies et de choix, non pas d’injonctions, de normes ou de jugements.

Qu’ils ne soient que des millimètres.

 

Jour 14 : Il y a.

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Il y a des jours où les mots me manquent.
Il y a des jours où mon impuissance m’écrase.
Il y a des jours où tout me semble dérisoire.
Il y a des jours où je ne fais que penser à celleux que l’on oublie trop souvent.
Il y a des jours où les défenseu·se·r·s de l’humanité/le monde dans sa globalité sont maltraité·e·s.
Il y a des jours où je voudrais juste tout oublier et me dire que la montagne est belle.

 

Jour 15: Libertade ! Mais Libertade ! 

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L’écrire sur nos murs.
La graver dans nos coeurs.
La crier dans nos rues.
La marteler dans nos têtes.
Ne jamais la lâcher d’un iota.

 

Jour 17 : Le voyage parfait.

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En scrollant les photos instagram, en parcourant les blogs de voyage, en lisant des posts facebook, je ressens souvent de l’envie.
Devant les lieux visités, les rencontres vécues, les moments partagés, les photos ramenées, etc., autant de choses à jalouser. Même quand c’est à mille lieux du type de voyage que j’aime, même quand c’est à des années lumières de ce qui m’attire, même quand c’est à l’opposé de mes convictions, il y a toujours un pincement au fond du bide qui me rappelle que je les envie.
Parce que je ne suis pas en accord avec moi-même ? Parce que ca reflète mon inaction ? Mes doutes ? Parce que ça me renvoie le miroir de mon absence de confiance, de « oser » ? Je ne sais pas. Mais c’est là. Ce sentiment de ne pas vivre le bon voyage, de connaître les bons moments, de faire les bons choix.
Et puis, je regarde certaines photos, et je me souviens combien c’est faux et inapproprié. Combien j’ai vécu de belles choses, des choses incroyables. Combien tout cela a été à la hauteur. Tellement à la hauteur.
Le voyage parfait.

 

Jour 18 : Le moment où le calme nous enveloppe.

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Un de mes moments favoris en randonnant, c’est lorsque j’arrive au sommet d’une montagne, que le vent m’enveloppe et que je m’assois à l’immensité des paysages.
Ce moment qui coïncide parfaitement avec l’instant où les pensées quittent mon esprit, et où enfin je fais le vide. Lorsque je marche, les pensées se bousculent, je parle même à voix haute pour faire des bilans, des points. Mais lorsque j’arrive en haut, plus rien. Le silence intérieur.
Juste la fierté.
Juste une douce saveur dans la bouche.
Juste l’évidence d’être au bon moment, au bon endroit.
Juste le regard droit devant.

 

Jour 19 : Au milieu de la nuit, la lumière.

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A cause des TCA, j’ai souvent l’impression d’être dans un tunnel sans fin. Un de ceux où on passe son temps à courir en pensant finir par voir la lumière, mais où on finit invariablement par chuter ou la tête explosée contre un mur.
Je ne trouve pas la sortie, j’ai beau me démenée, courir à perdre haleine dans tous les sens, même à essayer de grimper au plafond, au final, je finis toujours prostrée et rattrapée par l’obscurité.
Pourtant.
Pourtant, si quelqu’un venait éclairer le tunnel pendant une fraction de seconde, je serais obligée de me rendre compte du chemin parcouru. De ce chemin immense parcouru. Je suis au final très loin du début du tunnel, c’est juste qu’il est aussi extrêmement long.
Mais j’ai avancé. J’avance. Ces photos, ces mots, tout ça, ce sont des bonds en avant. Certains plus grands, d’autres plus petits. Mais tous dans la même direction. La sortie. Le bout. La fin.
Un jour, je le sais, la lumière inondera mon visage.

 

Jour 21 : « Il est grand temps de rallumer les étoiles » .

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Depuis plusieurs années, je me suis conscientisée. Du moins, j’ai mis des concepts derrière mes idéaux et j’ai exploré des courants de pensée qui ressemblaient à mes valeurs. J’ai glané des arguments, des appuis, des armes.
À mesure que cet univers des possibles s’étend, c’est avec de plus en plus de violence que je me prends la réalité dans la tête. Et surtout, c’est avec de plus en plus de ras le bol que j’entends les « oui mais c’est pas possible », comme si tout était immuable, comme si nous devions juste accepter et serrer les dents.

***
C’est comme ça.
Tu veux y faire quoi ?
Ca changera quoi ?
Il faut rester réaliste !
Ah la jeunesse …
Bisounours !
***

Comme s’il était absurde de vouloir mieux, de créer autrement et de proposer d’autres choses. Comme s’il était impossible de changer. Comme si tout n’était que fatalité, qu’espérer un monde meilleur était ridicule, naïf et puérile.
Et bien, je crois qu’au contraire, c’est en rêvant très fort, en proposant  différent, en changeant radicalement que l’on peut faire avancer les choses. C’est en essayant de voir grand, d’espérer la perfection qu’on se battra intensément. Il est grand temps de raviver l’espoir. Grand temps de rallumer les étoiles.

 

Jour 28 : Corps tigré.

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Les TCA ont modelé mon corps avec les années. Mais ils l’ont aussi marqué, avec autant de profondeur que mon esprit. J’ai vu apparaitre ces vergetures avec angoisse, impuissance et culpabilité.
Je les comptais comme je comptais mes échecs. Elles se dessinaient sur mon corps à mesure que l’hyperphagie s’ancrait dans ma tête. Je voulais les effacer aussi fort que je voulais effacer ces crises et cette culpabilité.
Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. Elles sont devenues des alliées, des marques qui me rappellent chaque jour le chemin parcouru, et tout ce contre quoi je lutte au quotidien. Elles seront toujours les marques d’une force. Pas d’échecs, pas de faiblesse, non, d’une force qui me fait y croire encore, qui me fait me relever après chaque coup dans le bide.
Mes cicatrices de combat.

3 réflexions au sujet de “[Blabla] Des mots & des photos : défi instagram de septembre.”

    1. Merci beaucoup 😘 Pour la photo du J19 c’est une photo de mon corps avec une guirlande lumineuse qui l’entoure plus ou moins 😉

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