Canada, Carnet de voyage

[PVT] Canada. Chapitre 2 : Blocages, doutes et abandon ?

Suite à la réception de la fameuse lettre, c’est le vide qui est venu me tenir compagnie. Ce second texte a été écrit en juillet.

Après l’annonce réglementaire à toute la terre, l’excitation est vite retombée. Et depuis plus rien. J’ai relégué l’information au deuxième voir troisième plan. C’était une composante, mais pas un projet, pas un but. Même une certaine culpabilité.

Impossibilité de me projeter

Mon contrat initial en Ardèche devait se terminer début juin. Mais depuis décembre on me parlait de prolongation pour quelques mois. Puis on m’a annoncé que ce n’était pas possible. Puis si. Puis non. J’étais dans cette spirale d’attente, impossible de me projeter, impossible d’envisager une date de départ. Et au fond, je n’avais sans doute pas envie de me projeter.

Alors j’ai laissé trainer. J’ai passé des mois sans me soucier du Canada.

Malgré les relances des proches, je restais imperméable. Je me disais « je verrais le mois prochain » « je verrais pendant mes vacances » « je verrais cet été ». Au final, je n’ai pas vraiment vu quoique ce soit. Je pense même que je m’en étais bien plus soucier lorsque tout ceci n’était qu’une faible possibilité. J’avais créé un fichier Excel « Si le Canada » avec les choses que j’aurais à penser/faire/acheter/article à écrire. Je ne l’ai pas rouvert depuis décembre 2016.

Alors quoi faire ?

Je pense qu’une des choses qui m’a le plus bloqué dans le processus de construction de ce projet, c’est de ne pas trop savoir pourquoi je pars. Et forcément, je compare ce PVT avec celui de Nouvelle-Zélande, où la situation était clair comme de l’eau de roche.

J’avais des tas de choses à me prouver, j’avais de la distance à prendre, j’avais des démons à combattre, des TCA à écraser, des peurs à surmonter, une timidité à repousser, des gens à rencontrer. Ce qui est étrange, c’est que bon nombre de ces défis, je peux encore les inscrire aujourd’hui, rien n’est gagné, aucun combat n’est vraiment clos.

Mais justement, j’ai compris que tout ça, je lutte contre au quotidien, et qu’ici ou à 10 000 kilomètres, le combat continue.

Alors quoi faire là-bas ? Pourquoi partir longtemps ? Juste voyager ?

Le besoin de défi et le besoin de trouver un sens

Je sais que j’aime prendre mon temps pour voyager, que j’ai besoin de plusieurs mois, de transports lents, etc. Le Canada n’échappera donc pas à cette règle. Mais avec la nationalité française, il est possible de rester 6 mois au Canada. C’est long 6 mois, ça en fait de la lenteur à explorer. Alors pourquoi y aller plus ? Pourquoi un PVT pour cela ?

Pour travailler ?

Moui. Je n’ai pas vocation à m’installer au Canada. Sauf grosse surprise, je ne pense pas que le modèle économique du pays me convienne suffisamment pour y envisager ma place (mais bon la vie est parfois pleine de surprises). Alors bof.

Alors pourquoi ?

Les similitudes avec le PVT Nouvelle-Zélande me sautent au nez, alors j’ai du mal à y voir un réel défi, un réel but.

Et c’est sans doute aussi ce blanc-là qui bloque ma projection. Je ne sais pas complètement pourquoi.

La seule réellement motivation qui me vient, c’est que ce PVT soit la dernière impulsion nécessaire pour vraiment oser ce que j’ai en tête depuis plusieurs années. Pour me lancer un défi vraiment à la hauteur. Mais est-ce une raison suffisante ?

DSC_47322
Les couleurs d’automne ardéchoises n’étant pas à la hauteur, un point pour le PVT !

Et si je ne partais pas finalement ?

J’ai clairement envisagé cette possibilité. Et en toute honnêteté, je ne l’ai pas encore totalement écarté. Parce que c’est la première fois de ma vie que j’ai envie de me lancer et non pas de fuir. Parce que c’est la première fois que j’ai envie de mener des combats sur du long terme, de m’investir durablement dans des causes qui me sont chères. Parce que j’aimerais construire de nouveaux liens plus profonds. C’est ce que j’ai commencé à faire cette année, et en ça, l’Ardèche a été une belle surprise. Alors j’ai un peu le sentiment de fuir.

Le résultat des élections présidentielles et législatives a accentué ce sentiment de fuite. Parce que le déroulement de ces élections, les résultats (mais ça ce n’est pas une surprise aha), les réactions de personnalités publiques, de proches ou d’inconnu·e·s, les positions prises par l’ancien puis par le nouveau gouvernement, tout cela m’a révolté. J’ai envie de rester et de lutter concrètement contre tout cela.

Mais le chantier semble si compliqué, si vaste. Perdu d’avance ?

Et moi dans tout ça ?

Parce que si je suis honnête, je sais aussi que de chouettes raisons m’ont et me poussent à tenter cette nouvelle aventure, que comme pour la Nouvelle-Zélande je garde toujours en tête la possibilité de revenir au bout de 3 mois, et que j’ai encore bien des choses à me prouver. Mais il y a quelque chose de différent cette fois-ci. Encore plus de culpabilité à pouvoir choisir. A pouvoir profiter. A ne pas fuir l’horreur, mais juste filer vers un autre confort. Et sans embûches, sans rejets, sans violence.

Car oui, la situation des réfugié·e·s et/ou migrant·e·s en France est désastreuse. Honteuse. Alors de voir qu’on me déroule presque un tapis rouge, ça me dégoute autant que ça me culpabilise.

Et maintenant ?

Et bien, j’en suis toujours au même point. Toujours dans cette même ambivalence. Sauf que le temps avance. Alors je dois faire un choix.

Juillet sera le mois du choix définitif. Ou pas.

Publicités

4 réflexions au sujet de “[PVT] Canada. Chapitre 2 : Blocages, doutes et abandon ?”

  1. J’allais justement te demander où tu en étais ! Maintenant que l’été est passé… quand expire ta lettre ? Il y a toujours la possibilité de faire un aller-retour pour la valider et repartir plus tard, quand l’envie ou la situation seront plus claires. Je trouve que c’est dommage de le perdre, surtout que deux ans laissent pas mal de flexibilité, et promis je te dis pas ça uniquement parce que c’est le Canada ! Si tu as des questions, tu sais où me trouver :)

    1. Oh c’est gentil de penser à moi, et de proposer ton aide <3 J'ai jusqu'à début mars pour valider le visa, donc j'ai encore un peu de temps. Là, j'arrive au bout de mon contrat, donc j'aurais plus de temps et surtout l'esprit plus libre pour me projeter et envisager concrètement les choses. Mais déjà à mesure que l'échéance de fin de contrat approche, je sens que ça devient plus clair, donc j'ai bon espoir que tout s'éclaire, et je sens bien que je ne le laisserai pas arriver à échéance sans le valider, je reste bien trop consciente de a chance que j'ai :) J'attends la suite de mon cheminement avec impatience aha !

  2. Mon truc à moi pour prendre une décision, c’est de faire un pile ou face. C’est le destin qui choisi ;) Bon courage dans la suite de ta réflexion…

    1. Effectivement c’est une solution également le pile ou face ! Et peut-être qu’en voyant le résultat selon notre réaction on sait finalement quelle est la bonne décision à prendre !
      En tout cas merci !

Un avis, une critique ou un petit mot d'encouragement ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s