Alpes, Réflexions

[A la découverte] des Alpes. Jour 1 à 4 : Croix de Chamrousse, lacs Robert, Achard et Crozet

En juin 2017, j’ai décidé de partir à la découverte des Alpes pour quelques jours. Randonnées, montagnes, lacs et chaleur au programme.

Jour 1 : Chamrousse 1650 m -> Lacs Robert

Après une arrivée vers 12h à Chamrousse sous une chaleur de plomb, je décide d’installer tranquillement ma tente au camping de St … et de réfléchir à quelle rando faire en fin de journée. L’avantage de randonner en juin, c’est que les soirées sont longues, alors malgré la chaleur, il est possible de partir vers 16h et de randonner jusqu’aux environs de 22h sans être dans la nuit. A 16h, la chaleur est toujours pesante, donc ça ne sera pas avant 17h30 que je pris direction les lacs Robert par la Brèche Sud depuis la station Chamrousse 1650.

La rando est classée difficile alors je décide de passer demander à l’office du tourisme plus d’infos, randonnant seule, en fin de journée et avec quelques soucis de vertige, je préfère assurer mes arrières. On m’informe alors que la rando n’est pas du tout à pic, que la difficulté est liée à la présence d’un pierrier au niveau de la brèche sud, et bien sûr à cause du dénivelé.

Je me lance donc confiante.

On attaque fort, malgré l’heure tardive, la chaleur est toujours là, et les dénivelés sont plutôt concentrés en début de randonnée vu que ça remonte les pistes de ski.

Tout se passe bien, les premiers paysages se dessinent, les montagnes commençant à se dresser tout autour de moi. Une bonne heure passe. Et la partie technique commence. Le pierrier est d’abord gentillet. Ensuite une nevé se dresse sur le chemin, et autant le dire, à ce moment-là, dealer avec mon vertige fut compliqué. Mais je pensais qu’après le sentier reprendrait. Nope nope nope. Ce n’était qu’une mise en bouche, le vrai pierrier commence plus tard, des gros blocs à enjamber. Naviguer, anticiper, calculer chaque pas. C’est épuisant. Ayant de graaaaandes faciilités à imaginer les pires scénarios, je progresse doucement. J’ai peur de me blesser, et n’ayant pas de réseau ça m’angoisse un peu. Pour la première fois de ma vie, je vais même prévenir des amies de s’inquiéter si elles n’ont pas de mes nouvelles 2h plus tard (ce qui au final est un principe que je devrais appliquer plus souvent). Mais je finis par arriver aux lacs. Et ça en valait la peine. Je me pose de longues minutes pour contempler la vue.

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Puis je finis par reprendre le même chemin qu’à l’aller. Toujours avec prudence et le cerveau toujours aussi productif en termes de situations catastrophes (pas de chamois dans ces épisodes ci aha).

Quelques jours plus tard, j’ai compris qu’un autre chemin en boucle existe pour venir jusque ces lacs (j’y reviendrais d’ailleurs aha), mais ce fut une chouette rando de mise en jambe (les cuissots ont chauffé), et surtout j’étais seule de A à Z. Ce qui ne fut plus le cas par la suite. Et bonus +++ j’ai aussi pu me confronter à certaines de mes peurs et repousser un peu plus mes limites, ce qui est un point essentiel !

Jour 2 : Lac du Crozet et abandon

Cette deuxième journée a mal commencé. Je me suis levée un peu tard, j’ai raté l’embranchement de la route jusqu’au parking, puis je pensais avoir le bon parking, mais non, puis la route jusqu’au bon parking était … difficile pour ma petite citadine aha. C’est donc relativement tard que j’ai commencé la rando jusqu’au Refuge de La Pra. La chaleur était déjà là, bien là même. 2h de montée jusqu’au lac, 2 h de souffrance. Ca grimpe plutôt bien, mais rien d’insurmontable, pourtant, je me trainais. J’enchaînais les pauses, je grimaçais. Je n’avais pas envie d’être là. Je ne voyais pas l’intérêt d’être là, je n’arrêtais pas de me demander « mais pourquoi tu t’imposes ça, pourquoi tu fais ça ». Et je paniquais, si j’avais cet état d’esprit au 2ème jour qu’est-ce que ça allait être au bout d’une semaine ?

Je sentais mon corps comme une limite. Comme un boulet.

Et effectivement, ce corps je ne l’aime pas, il est lourd, il est gauche, il est encombrant, volumineux. Alors là, je me suis détestée. Détestée de ne pas être plus légère, plus adaptée à ce que j’aime tant faire. La marche, ça permet de penser, on a que ça à faire en marchant seul·e. Alors ça remuait beaucoup de choses, beaucoup de douleur, d’échecs et d’envies abîmées. Je me sentais honteuse. Plusieurs personnes m’ont dépassé, alors ça accentuait l’impression d’être nulle et inadaptée.

J’ai tout de même continué à grimper jusqu’au lac.

En arrivant : une petite déception. Le lac était plutôt bas, on voyait donc beaucoup de berges, le niveau était bien plus bas que la digue. Rien n’allait. J’ai donc continué le chemin jusqu’au refuge. Mais en montant jusqu’au col de la Pra, je sentais bien que je n’étais pas là. L’envie n’était pas là.

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Je regardais autour de moi et cherchais tous les prétextes pour me dérober. La chaleur, le brouillard au col, le monde sur les chemins, la peur de manquer d’eau, la compote pas bonne.

Et ce qui devait arriver arriva. J’ai donc abandonné. Je suis redescendue au niveau du lac, et j’y suis restée plusieurs heures. Tranquillement. D’une rive à l’autre.

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Je pensais que cet abandon me briserai, que je me sentirais trop humiliée pour avoir envie de continuer mes randos. Au final, ça a peut-être été le coup de pied qu’il me fallait. Ou plutôt, juste la mise au point que j’avais besoin de faire avec mon corps, avec qui je suis, et qui j’ai envie d’être. J’ai passé une après-midi calme, au soleil (à attraper des coups de soleil), à prendre des photos, à lire. Et c’était bien. C’était sans doute ce dont j’avais besoin à ce moment-là, et pour la suite.

Randonner seule c’est un vrai défi, parce qu’il faut lutter contre soi. Il n’y a pas la dynamique de groupe, le soutien des autres ni même son égo pour te porter. Il n’y a que toi, il n’y que ta tête pour faire avancer tes jambes. Le reste tu peux tricher et mentir alors que t’es restée le cul au camping. Alors il faut le mental, il faut que ton esprit soit certain pour continuer à faire marcher tes jambes, pour continuer à trouver du sens à faire cela, pour rester motiver.  Clairement, ce jour-là, il n’était pas là, il n’était pas disponible pour me faire marcher. J’avais besoin d’autre chose, sans que cela remette en question mes aptitudes ou mes envies.

La suite me donnera raison, vu que je n’ai abandonné aucune autre rando. J’ai sans doute revu à la baisse mes espérances, notamment à cause de la chaleur, mais j’ai tout terminé par la suite. Et je suis super fière de moi. Super fière d’avoir tenue malgré toutes les embûches, parce que j’ai tenu seule. En tête à tête avec moi.

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Jour 3 -4 : Chamrousse 1750 -> Croix de Chamrousse –> Bivouac au Lac Achard

Retour à Chamrousse pour un départ en milieu de journée (sous la chaaaaaaaleur exactement) directement la Croix de Chamrousse.

La première étape à atteindre est le Lac Achard. Une fois la piste de ski remontée, le dénivelé devient faible, mais il faut tout de même crapahuter entre les cailloux. Au bout d’une bonne heure et quart, le lac est enfin là. Comme je compte bivouaquer là le soir, je ne m’attarde pas et je file. Une bonne montée se présente. Puis une seconde tout aussi costaude. La chaleur pèse pendant ces deux montées là, heureusement quelques lacs jalonnent le chemin et permettent donc de rafraîchir la casquette avant de la remettre sur sa tête. Une fois tout cela accompli, le col des 3 fontaines est atteint, et plusieurs possibilités s’offrent alors, aller au lacs Robert ou vers la Croix de Chamrousse d’abord. Peu importe le chemin, une (presque) boucle est possible !

L’arrivée à Croix de Chamrousse est pour moi une déception, beaucoup d’installations humaines, des récepteurs, des installations de skis. Et un vent démentiel. Je ne traîne donc pas trop, et je repars vers les Lacs Robert dont la vue est bien plus agréable (même si toujours des installations de ski…). Je finis ensuite par redescendre vers le lac Achard pour y passer la nuit.

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C’était un de mes défis de ces vacances, réussir à bivouaquer. En effet, je n’avais jamais osé avant. Alors j’ai choisi un lieu facile, où je savais qu’il y aurait du monde, au cas-où-on-ne-sait-jamais-les-attaques-de-loup-qui-naissent-dans-mon-cerveau-sont-très-angoissantes aha. J’ai donc passé ma journée avec mes 10 kilos de matériel (toi aussi randonne avec 3 kilos de matos photos) sur mes terribles coups de soleil.

Je suis contente d’avoir essayé. Malheureusement, l’expérience n’était pas à la hauteur de mes espérances. En effet, je n’étais pas dans l’ambiance, voir tout le monde en groupe à rire autour de leur feu de camp, alors qu’on est seule ce fut compliqué moralement. Mais j’ai appris pour la prochaine fois, et c’est tout ce qui compte !

L’avantage de bivouaquer c’est la beauté des couchers de soleil, mais aussi levers de soleil, les ciels étoilés incroyables et le calme absolu. C’est aussi se lever le matin tôt, et de profiter des sentiers déserts.

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Pour la suite, ça sera direction Oisans et ses montagnes !

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1 réflexion au sujet de “[A la découverte] des Alpes. Jour 1 à 4 : Croix de Chamrousse, lacs Robert, Achard et Crozet”

  1. C’est en effet courageux de se lancer seule dans les randos : rien que pour la motivation, je ne pourrais pas !
    J’ai fait pas mal des sentiers que tu mentionne mais j’avoue que le bivouac est pour moi la prochaine étape (que je devais faire cet été mais finalement c’est tombé à l’eau). Tu peux découvrir ces randos sur mon blog si tu veux !

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