Canada

[PVT Canada] Mon parcours, de la candidature à la lettre d’introduction.

Il y a maintenant plusieurs mois, j’ai reçu ma lettre d’introduction pour le PVT Canada après 2 mois de parcours plus ou moins tranquille. Retour sur ce chemin, et surtout, sur tout le chemin qu’il reste à parcourir.  J’ai écrit cet article un mois à peine avoir reçu mon visa. Depuis certaines choses ont changé, j’en parlerais prochainement dans un autre article, mais je tiens à publier celui-ci, qui amorce le début d’une réflexion.

2015 : le commencement

En rentrant de Nouvelle-Zélande, j’étais complètement perdue. J’avais quelque chose qui grondait dans le ventre, des envies de changements, des espoirs mais aussi un manque de confiance et des peurs. Alors, sans certitudes, un matin en me réveillant j’ai créé mon profil sur le site de l’immigration canadienne. Comme ça. Comme pour donner un sens, pour avoir le sentiment d’avancer, pour me persuader que je poursuivais un objectif.

2016 : Le fleuve (presque) tranquille

Rien ne s’est passé ensuite. Pas de tirage au sort, pas de demande, pas de lettre d’introduction, pas de PVT. De toute façon, je n’y croyais absolument pas. Alors je continuais mes recherches d’emploi, qui ont fini par aboutir. J’ai déménagé, découvert d’autres horizons, une autre façon de vivre.  J’étais  bien dans mon petit rythme, je me suis lancée des tas de petits défis et j’ai franchi de belles étapes sans partir au bout du monde, sans me cacher derrière une autre langue, et même en tissant des liens. Sans fuir en somme.

En juillet, le verdict est tombé, toutes les places de 2016 ont été attribuées. J’ai été quand même déçue. Malgré ce « par défaut », au fond, ça donnait une voie plus ou moins à suivre. Et cette petite déception m’a fait comprendre que peut-être cette envie avait plus de sens que ce que je percevais.

Alors en novembre 2016, je me suis réinscrite. Quelque chose avait changé, parce que j’en ai même informé une partie de ma famille, tout en assurant « c’est un tirage au sort, je n’ai jamais eu de chance », mais sait-on jamais après tout ?

2017 : Le grand chambardement

Bonne année, meilleurs vœux, toussa toussa. Et le 5 janvier, un mail m’informe que ma demande a été mise à jour. Comme les mails fantômes existent, j’ouvre ma session sans grande conviction. Pourtant c’est là. « Accepter l’invitation ». Mon cœur bat la chamade, j’explose de joie. Littéralement. Je hurle de rire avec les yeux bien bien trempés.

Cependant très vite l’excitation retombe. Le stress prend place vis-à-vis des papiers à réunir, et surtout la lucidité me gagne : rien n’est fait.

Comme j’ai passé plus de 6 mois en Nouvelle-Zélande, je fais illico une demande auprès du ministère de la justice pour récupérer mon extrait de casier judiciaire. Au cas-où. Et je prends tout le temps à ma disposition (10 jours) pour accepter l’invitation. En effet, comme je disposerais ensuite de 20 jours pour remplir mon dossier et que la demande auprès de la NZ est de 20 jours ouvrés. C’est court aha. Le délai s’écoule. J’accepte l’invitation. Puis je commence à remplir mon dossier. A galérer à prendre une photo potable, à stresser de faire une erreur en remplissant les documents, etc.  Et là le petit coup inattendu. On me demande de passer une visite médicale (et pas d’extrait de casier judicaire aha). Le coup de massue. Je n’avais pas anticipé, et je ne comprends pas pourquoi. Je ne veux pas travailler avec des enfants ou dans le milieu médical et je n’ai pas vécu dans un pays qui requiert cette exigence. Alors pourquoi ? La petite poisse ? Non. Après une recherche, je comprends que c’est ma double-nationalité qui veut ça. Au vue des frais et de la logistique que cela représente, je suis le conseil d’autres binationaux, je fais une déclaration sur l’honneur que je ne remplis pas les critères listés sur le ministère de l’immigration. Et j’utilise la lettre explicative pour décrire ma situation. Je fais l’enfant gâtée, et je mesure mon privilège de pouvoir me permettre ce genre de test. Une grand partie de la planète ne peut jouer avec le feu lors d’une demande de visa, l’administration et encore plus l’immigration est bien plus souvent une entité sans visage ni sentiments qu’une oreille attentive.

Début février, je valide donc ma demande. Et j’ai très vite un retour me demandant des informations complémentaires sur mes voyages et mes lieux de résidence. Je réponds mi-février. Et là j’ai un retour pour me demander mes extraits de casier judiciaire. Mon mois de février a été plutôt difficile, alors comme une superstition j’ai attendu la toute fin du mois pour les envoyer (car oui j’avais finalement reçu celui de NZ). Un vendredi à midi. En me disant qu’avec le week-end, j’aurais 2 jours pour souffler avant qu’on me signifie que la visite médicale est indispensable.

Mais.

Mais.

Le vendredi soir j’ai un mail dans ma boîte mail. Un mail me disant que j’ai un nouvel email sur ma session de pvt (mail-ception). Je suis persuadée que c’est cette foutue visite médicale. Alors je fais l’autruche, et je ferme mes mails. On verra plus tard. Je passe un super samedi, plein d’optimisme, avec du réaménagement d’appartement type « nouveaux départ ». Alors quand le soir je vois un nouveau mail me disant que « mon profil a été mis à jour », je me dis « Allez, fini ta deuxième bière et affronte maintenant ». Et là.

« Lettre de correspondance ».

Je suis sous le choc. Et toute chouineuse.

L’état dans lequel j’étais à ce moment-là, fini de me convaincre que c’était un bon choix. Peut-être pas le meilleur, mais un bon, ça c’est certain.

… Et la trouille

Oui, c’est un bon choix, mais c’est aussi beaucoup de stress, beaucoup de doutes. Parce que je n’ai aucune perspective, pas d’objectifs, pas de plans. Pas d’idées. Partir en NZ était une évidence, j’avais des choses à accomplir, à me prouver, à gagner. Là, je ne sais pas. Globalement je me sens bien dans mes pompes, en tout cas, je suis sûre de qui je suis, alors pourquoi ?

Pourquoi encore une fois m’approcher du précipice ? Pourquoi encore une fois partir poser quelques briques et quelques empreintes ailleurs ? Pourquoi encore espérer que là-bas je trouverais l’impulsion pour oser toujours plus ?

Sans doute pour chercher cette place qui me correspond, celle où je suis apaisée, celle où je suis bien. Chercher l’évidence. L’endroit où enfin il y a aura, chaque jour, ce soupir qui sourit. Chaque jour, un battement de bonheur.

Et maintenant ?

Et bien, il y a tout à construire. Tout est possible, tout est envisageable. Et surtout, tout est à faire !

Un nouveau chapitre à commencer. Let’s go !

Jpeg

6 réflexions au sujet de “[PVT Canada] Mon parcours, de la candidature à la lettre d’introduction.”

  1. C’est super. Tu suis ton instinct, et je suis sûre que cette expérience canadienne t’apportera plein de choses. J’hésite depuis un moment à candidater moi, je me dis que je vais peut être sauter le pas, même si je ne sais vraiment pas où cela me mènerait… Je n’ai notamment pas d’équivalence pro, mais bon, cela pourrait être l’occasion de faire complètement autre chose pendant qq mois. Affaire à suivre, tiens ! Je t’enverrai sans doute un mail, j’ai qq questions.
    Bises 🙂

  2. Merci pour ton commentaire 😘 J’espère juste que mon instinct sera à la hauteur aha !
    C’est certain que c’est toujours source de beaucoup de questionnement de se lancer dans une telle aventure. Peut-être que tu peux t’inscrire et voir ce qui en découle ? Après tout, il y a tout de même le facteur tirage au sort qui peut laisser du temps à l’idée de germer (ou le contraire aha), rien n’est trop figé dans ces procédures (tirage au sort, possibilité de décliner l’invitation, etc.). En tout cas, oui n’hésite pas si tu veux m’envoyer tes questions 😉

    1. Bonjour !
      Non, finalement, mon dossier a été considéré comme complet et accepté. Dans ma lettre j’ai bien expliqué que je ne répondais pas aux critères explicités sur leur site. Après j’ai eu des documents supplémentaires à remplir, sans doute en lien avec cela, mais pas de visite médicale !
      Je pense que si tu es dans le même cas (visite exigée de part la double nationalité, mais tu n’as jamais vécu dans le pays en question), ça vaut le coup de tenter la lettre d’explication. Au pire, ça ne fait que retarder un peu le processus, maiq si ça peut éviter les complexités de la visite, ça vaut le coup !

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