A la découverte, Lisbonne, Portugal

[A la découverte] Bonita Lisboa: 4 jours sous le charme des azulejos de Lisbonne

Après mes quelques jours à Coimbra, c’est maintenant à Lisbonne que le train du jour me déposera. Mes premiers pas dans cette ville ont eu lieu en 1998, pour quelques jours pendant l’exposition universelle. Je n’en garde que peu de souvenirs, alors c’est presque une redécouverte totale.

Jour 1: Entre croisière et déambulations lisboètes

Cette première rencontre avec la ville se fera le long du Tage (Tejo en portugais), sur des quais parfois abandonnés, parfois habillés de street art. Le soleil est là. J’arrive finalement à la praça do Comércio. Une grande place rectangulaire qui s’ouvre sur le Tage d’un côté, et sur la rua Augusta de l’autre, via une arche. La place est animée, mais aussi en travaux, alors je file plutôt vite chercher une auberge. Dans le train j’avais noté deux-trois petites adresses à l’aide du routard et du puits sans fond qu’est Internet, j’y vais au petit bonheur la chance. Après un premier échec (trop de changement de chambre sur 4 nuits), j’atterris au Goodbye Hostel, une petite auberge alambiquée entre navire bancal et joyeux nid de coucou. João m’accueille avec une telle bonne humeur que les marches jusqu’au dernier étage défilent vite. Je pose mes affaires, il me donne des petits ‘tips’ sur où manger et quoi faire le reste de l’après-midi. Et après moult détours pour apprendre à me repérer au plus vite dans cette nouvelle ville, je finis sur le port, et je décide donc de découvrir Lisbonne par le fleuve. C’est parti pour une croisière de 2h30. Qu’on se le dise ce n’est pas la balade du siècle, surtout que c’est au final l’équivalent d’un aller-retour entre la zone construite pour l’exposition universelle de 1998 et la Torre de Belém qui annonce l’arrivée dans l’Océan Atlantique. Mais le soleil, la bise, et cette odeur marine qui me renvoie à chaque fois à toutes ces vacances d’été sur les plages d’Aveiro font que cela restera un bon souvenir.

Durant la balade on peut donc voir les bâtiments construits pour l’expo universelle, le pont Vasco de Gama (plus grand pont d’Europe au rapport), le Ponte 25 de Abril (pas du touuuut inspiré du Golden Gate Bridge de San Fransisco aha), le Cristo Rei, la Torre de Belém et surtout, la ville dans son ensemble et parée de ses plus belles couleurs. Ce premier aperçu me pousse à me perdre pendant encore 2h dans les rues sinueuses de la ville.

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Après cette première mise en bouche je rentre à l’auberge où je vais participer à un dîner entre voyageurs et personnel de l’auberge. Une fois la frousse de la timidité dépassée (et la première sangria au vin blanc avalée), les discussions s’enchaînent. Le voyage est au cœur de ces dernières, nos raisons d’être ici, d’aller ailleurs, les motivations, les anecdotes, les projets, les bons souvenirs, les plus incroyables, les peurs, les rencontres. Tout y passe. Tout le monde raconte son histoire, ses ressentis, ses petits rêves. Nous sommes tous jeunes, entre 25 et 30 ans, sauf un. 64 ans au compteur. Il commence son chemin jusqu’à St Jacques de Compostelle depuis Lisbonne, pour changer, et il nous livre des voyages que nous ne pourrons plus jamais vivre (et tant mieux !), des passages de la RDA à la RFA, la Tchécoslovaquie, les pays de l’Est sous bloc communiste, les douanes, les voyages beaucoup plus lents. L’illustration parfaite de l’enrichissement que l’on peut trouver en discutant avec les autres. La table se vide petit à petit, et nous resterons à 4 (dont 2 étudiants travaillant à l’auberge), jusque très tard dans la nuit passant en revue les politiques européennes, la désillusion de la jeunesse, mais la force, les convictions et les révolutions intellectuelles pourtant toujours là, le formatage des médias, leur impact négatif, les films, les différences de culture mais aussi leur nombreux points communs, et leur entente possible. Ce soir-là on s’est donné des raisons d’y croire encore un peu, on a vu qu’il existe encore de la couleur derrière ce filtre bien terne que les sociétés peignent toutes ensembles. Tout ça sous fond de rock des années 70-80 et de fado de rue. C’est donc bordée d’optimisme que je rejoindrais mon lit perché.

Jour 2: Les rues de Lisbonne en vrac et en couleurs

Malgré la courte nuit, c’est 3h de walking tour qui m’attendent le lendemain matin. On découvre ainsi la ville au travers des évènements historiques qui l’ont bouleversé et parfois même au-delà de ses frontières. On a même l’occasion de théâtraliser certaines anecdotes historiques. C’est très intéressant, et dense. Après ceci, je déjeune puis je repars explorer la ville au hasard des rues. C’est une ville fascinante. Elle mélange à la fois une ambiance moderne, touristique et donc agaçante avec une force authentique, un charme désuet. Ceci est notamment lié à la présence des azulejos sur les façades des bâtiments. Ces petits carreaux de faïence se développent dans la péninsule ibérique lors de la conquête par les Maures, ils sont tout d’abord géométriques, puis le figuratif va peu à peu de développer, et les azulejos vont connaître un fort succès au Portugal, que ce soit sur les façades des bâtiments officiels qu’à l’intérieur même des maisons. Ces azulejos ornent ainsi les édifices religieux, les maisons, sont figuratifs ou purement géométriques, totalement bleu et blanc ou mixant des dizaines de couleurs. Il y en a pour tous les goûts, et ils sont pour moi un réel symbole du Portugal.

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Jour 3: De Sintra à l’Océan Atlantique

En ce troisième jour, une expédition s’annonce, direction Sintra. Je me lève donc tôt pour rejoindre la gare de Rossio afin de monter dans le train direction Sintra. Un train toutes les 20 minutes, 40 minutes de trajet pour 2.5€ et au bout de la voie deux objectifs, le palais de Sintra, mais surtout la mer. Après le mauvais choix de direction, je parviens finalement à trouver le petit train-tram qui mène à la mer en 50 min (pour 2€). C’est un trajet plutôt angoissant parfois, des pentes et des virages abrupts aha, mais avec le soleil tout se passe bien. Et puis l’océan, quelle madeleine de Proust. Cette plage de sable fin, chaud et jaune, ces vagues qui se brisent sur les rochers dans un bruit assourdissant, l’odeur de sardines grillées tout autour. Et le calme, quel calme. La mer est encore assez chaude pour se balader le long de la plage les mollets dans l’eau. C’est génial.

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Ensuite retour à Sintra pour visiter les alentours du Palais. Il y a du monde, beaucoup de monde pour le visiter. Je décide donc de fuir tout ça, et me perdre dans la petite ville, la foret et les chemins boueux du coin. L’orage et la pluie vienne plonger Sintra dans une drôle d’atmosphère, il est temps de reprendre le train pour Lisbonne, retrouver le salon de l’auberge et ses petites discussions.

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Jour 4: De Belém à Lisbonne sous la tempête

Au menu du jour, Belem et le quartier de l’Alfama. Je prends donc le tram 2 pendant 20 minutes jusqu’à Belem. C’est noir de monde et pourtant il n’est même pas 9h. Le château, la tour, le parvis, c’est plein de partout. Bon il faut bien admettre que nous sommes samedi, ça n’aide surement pas. J’essaye donc d’éviter au maximum les gens, mais ce n’est guère possible. Je décide donc de retourner sur Lisbonne en longeant le fleuve, avec mes petites jambes. Je fais tout de même un détour par la Fabrica dos pasteis de Belem, pâtisserie qui existe depuis 160 ans et reputée comme celle faisant les meilleurs pasteis de nata du monde (située sur la rue principale rua de Belem, inratable car il y a souvent une queue démesurée aha). Je ne pourrais pas confirmer cette affirmation, mais je dirais simplement qu’un pastel de nata sortant tout juste du four, et laissant pas mal de gras sur son petit papier ça ne peut que faire du bien aux papilles :)

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Je longe donc le Tage, en passant cette fois sous le Ponte 25 de Abril à pied, la voie piétonne aménagée est très agréable, beaucoup de joggeurs s’y pressent, côtoyant vélos et promeneurs. Mais petit à petit le vent se lève, et les nuages se colorent en gris. Cela donne une atmosphère très particulière à la ville, car elle s’assombrit mais en même temps les couleurs vives des façades ressortent de plus belle.

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Je repasse par l’auberge pour m’abriter, et j’en profite pour faire une petite sieste le temps que l’orage passe. La pluie va s’arrêter, mais le temps sera toujours menaçant lorsque je retournerais battre les pavés. Entre deux averses, les tables et les chaises regagnent les terrasses de l’Alfama, les gens sortent de nouveau discuter, et les rires résonnent de nouveau dans ces petites rues étriquées. Lors d’une averse je monte dans le célèbre tram 28, histoire de m’abriter un peu, avant de repartir de plus belle me perdre dans les rues attendant la nuit. Je tombe sur un spectacle de rancho, retour en enfance immédiat. Les percussions s’intensifient au même rythme que les pas des danseurs s’intensifient sur la scène.

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Après tout ça, retour à l’auberge où après une petite discussion (et d’autres sangrias !), nous voilà embarquer par le gérant de l’auberge, avec un des membre du repas du premier jour et Joana qui travaille à l’auberge pour vivre la nouvelle Lisboa. On file dans un bar aménagé dans une ancienne école désaffectée, c’est bluffant. L’entrée, les peintures murales, les meubles, l’ambiance. Tout. On file ensuite dans l’appartement du gérant qui a une terrasse, avec vue sur les toits lisboètes. C’est magique ! La ville est animée jusque tard, ça grouille, rit et chante avec le son des pavés qui continue de raisonner dans les rues qui serpentent. Une belle façon de dire au revoir à cette Lisboa.

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2 thoughts on “[A la découverte] Bonita Lisboa: 4 jours sous le charme des azulejos de Lisbonne”

  1. Tu as fait de bien jolies rencontres durant ce séjour, c’est chouette ! J’aime tout particulièrement ce voyageur de 64 ans, racontant « des voyages que nous ne ferons jamais plus ». C’est d’une telle richesse ! Quant au bar dans l’ancienne école, ça devait être top :-)
    J’ai découvert Lisbonne l’année dernière et ça a été un gros coup de coeur. J’ai aimé les façades, les azulejos, Bélem, les pasteis de nata, les petites ruelles où il fait bon se perdre… C’est vraiment une ville où je pourrais vivre.
    Grosses bises !

    1. Oui vraiment, c’était sans doute une des plus enrichissante rencontre de mes voyages, tellement de souvenirs qui sont pour moi de l’ordre des livres d’Histoire. Et puis c’était aussi la preuve que le fossé entre certaines personnes n’est pas générationnel mais vraiment fonction de l’état d’esprit, des attentes et des rêves :)
      Et je te rejoins sur Lisbonne, c’est une ville que j’ai adoré (comme Porto d’ailleurs), un bon vivre presque immédiat. Et j’ai trouvé la ville si vivante, je ne sais pas si ça tenait de mon état d’esprit ou de la réalité, mais ça grouillait de monde, de rires et de musique, le paradis :)

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