Jour 31 à 49: dernier road trip, dernier Helpx, derniers jours, de Wellington à Wellington.

Et voilà, c’est la fin. Le road trip prend fin, le dernier HelpX prend fin, et la Nouvelle-Zélande prend fin. Retour sur ces derniers jours.

Après une dernière nuit à Queenstown, c’est le départ direction Wellington sur l’île du Nord. Au menu un atterrissage mouvementé, quelques pas dans la ville, un resto, un dodo, une récupération de voiture, et hop direction New Plymouth avec quelques arrêts le long de la route. Et notamment une nuit sur la plage surprenante de Waiinu beach, son sable magnétique et ses caves dans la roche, le tout sous une lumière chaude de fin de journée.

Le lendemain direction New Plymouth, où le temps ne semble pas être à la fête. A mesure que l’on s’approche, Taranaki nous offre quelques apparitions mais nous restons dubitatifs quant à l’idée de pouoir réaliser le Pouakai Circuit. Après un ravitaillement, nous filons direction le visitor center, histoire d’avoir le coeur net. Et … quelle surprise. Le temps est complètement dégagé ! C’est bluffant.  Ciel bleu et montagne au rendez-vous ! Après une demande de renseignement et un casse-croûte, c’est à 14h que nous prenons la route. Et quelle route !

L’objectif c’est d’atteindre le Pouakai Hut avant la fin de la journée. 5-7h annoncés. On est parti sans trop savoir dans quoi on mettait vraiment les pieds, et comme on dit parfois « si j’aurais su, j’aurais pas v’nu ». De la neige sur le flanc du volcan, un passage bien périlleux, mais surtout, de l’eau, de la boue. Puis un marécage à traverser. Mais un marécage inondé, où les tréteaux de bois s’enfoncent, où il faut sauter de touffes d’herbe boueuses en touffes d’herbe gorgées d’eau. Les rires nerveux se succèdent, les petits cris de rage aussi. J’en garderais un souvenir mémorable, parce que c’était une vraie galère, les pieds trempés, le compagnon de voyage qui râle plus que de raison, l’absence totale de visibilité sur l’objectif à atteindre (marche en plein brouillard, vent, ascension sans fin, pas de refuge à l’horizon) mais c’était aussi beaucoup trop improbable et trop drôle. Et cette fin, cette fin.

Nous arrivons tout près du refuge un peu avant le coucher de soleil. Et quel coucher de soleil. Taranaki nous offre ses plus belles couleurs.

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The King.
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Au dessus de la mer, les nuages.

Et le silence, ce silence total qui nous englobe. Nous ne sommes que deux là, au-dessus des nuages, en face d’un volcan endormi, de cet amas de cailloux inanimé qui semble pourtant si vivant. C’est un des plus beaux spectacles auquel j’ai assisté dans ma vie. C’était un peu improbable, nous sommes partis sans aucune certitude quant à la destination du soir, quant à la possibilité de voir ou non Taranaki, d’arriver avant la nuit au refuge, sans savoir ce que l’on allait trouver là bas. Et ce fut ça. Ces quelques minutes là, ces couleurs, ces variations, ces « wow », ces sourires démesurés et incrédules.

Ca valait définitivement tous les chemins boueux du monde.

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Posé.
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Ruapehu veille et se couvre de rose au loin.

Après ces minutes suspendues, une odeur de feu de bois vient nous chatouiller les narines et c’est donc un cri de joie intérieur indescriptible qui nous accompagnera jusqu’au refuge. DE QUOI FAIRE SECHER NOS CHAUSSURES AAAAAAAH !! Oui, malgré le spectacle incroyable, la réalité (comprendre le froid et l’humidité) vient vite nous rattraper. L’arrivée au refuge est étrange, très étrange. Ou plutôt les gens sont étranges, très étranges aha. C’était les vacances scolaires, donc des familles de kiwis sont montés par la journée, crayons de couleurs et jeu de société jonchent les tables, les bougies sont bien consumées, et on nous fait vite comprendre que nous devons aller de l’autre côté pour dormir. Ok. Pour la chaleur de l’accueil on repassera. Et nous sommes à peine en train de manger que tout le monde est déjà couché. Ok. Soit. On profite autant qu’on peut du feu capricieux (humidité et bois ne faisant pas bon ménage), pour sécher nos chaussures, et comme les autres nous iront rejoindre Morphée.

Après des petites discussions matinales, tout le monde file, et nous serons les derniers à quitter le refuge après une nuit somme toute bien agréable.

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Take a walk on the wild side. Tu tu tu tu tu.

Ce matin le brouillard et le vent sont de la partie. Même plutôt carrément de la partie. Nous ne savons toujours pas trop vers quoi nous nous dirigeons, mais on y va. Le retour de la boue, des sols gorgés d’eau et des pieds trempés ne se font pas attendre. Les nuages et le brouillard aussi. Et les ascensions sans fin également. La vue reste toutefois bien jolie.

Puis nous entrons dans le bush, les slaloms entre les racines prennent le relais avec toujours en guest la boue. Le soleil fait son retour à mesure que nous redescendons en altitude, mais les nuages se mettent entre nous et Taranaki. Les heures comment à se faire longue dans le bush, la fatigue se fait de plus en plus pesante, l’eau vient à manquer (coucou l’eau à goût de cendres rechargée au refuge aha) et c’est non sans soulagement que nous remontons en voiture ! Et à peine sortis du parc national, la pluie se joint à nous. Définitivement, nous avons été chanceux sur cette montagne !

Cette fois, c’est direction le Tongariro National Park, avec un passage par les collines vertes à perte de vue. Ca fait de drôle de contraste dans une même journée.

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Vert sur vert.

Le lendemain, c’est donc arrivée au Tongariro sous un ciel uniformément bleu.

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Photo existant en millions d’exemplaires. A peu près.

Nous montons jusqu’à la station de ski de Ruapehu pour voir à quoi cela ressemble, un petit détour par un château digne du Grand Budapest Hôtel, une balalde d’1h annoncée bouclée en 15 minutes (les panneaux de temps de parcours de NZ, toute une histoire !), et surtout la réflexion. Tongariro Alpine Crossing demain ou non ?

Au vue des températures annoncées, et de la neige encore bien présente sur les hauteurs, nous déciderons que non, et nous replierons sur d’autres tracks. Un peu de regret de ne pas avoir pu le refaire une deuxième fois, surtout en hiver. Mais prudence est de mise, et les températures de la nuit à venir nous prouverons que nous avons probablement eu bien raison de ne pas s’y aventurer sans équipement pour la glace. Après un repérage du camping, nous décidons d’aller voir le soleil se coucher sur les monts environnants. Difficile de trouver un bon spot, et surtout les couleurs ne sont pas au rendez-vous. C’est fade et bien morne après celui de Taranaki. Nous reprenons la route vers le camping, et là … Taranaki veille sur nous, il baigne dans une auréole de couleurs incroyables à plus de 100 km de là.

Après une nuit type « coucou on dort dans un congélateur », c’est direction les Tama Lakes et Taranaki Falls. Toujours 5-6h d’annoncés, mais en 3h ça sera bouclé. Au menu du vent, genre beaucoup, du ciel bleu, des lacs bleus aussi, et de belles vues sur la vallée (et Taranaki toujours dans le fond).

Et hop ensuite direction Taupo pour la nuit et les contraintes logistiques. Ensuite en chemin pour Rotorua. Sur la route, arrêt au Orakei Korako un parc géothermal payant plutôt intéressant visuellement mais qui manque quand même cruellement d’informations.

Ensuite à Rotorua quelques arrêts à droite à gauche, de Redwoods à différents lacs, Hamurana springs, un grand moment de solitude avec le stress de la panne d’essence au milieu de nulle part, et surtout des au revoirs. Parce que oui, nos routes se séparent ici, et c’est avec un immense pincement au coeur que je prends le bus direction New Plymouth (oui je tourne en rond aha). Ce fut une très chouette aventure, ponctuée de plein d’émotions fortes qui prouvent que certaines personnes sont inoubliables.

C’est donc toute perturbée que j’ai pris la direction de New Plymouth pour rejoindre la famille chez qui j’avais fait un HelpX en mai-juin dernier. Un passage pour leur dire au revoir, mais également pour préparer mon départ. Parce que oui, dans 10 jours je serais dans l’avion direction Singapour. Puis la France.

Je suis restée une semaine chez Neil et Barbara. Une semaine sans toucher mon appareil photo. Une semaine sans rien découvrir d’autres que les transformations des plantations de citronniers, et les graines du potager. Je n’avais envie de rien. Je n’étais déjà plus ici, mais je ne réalisais pas que je partais non plus. Ils ne m’ont même pas demandé de travailler vraiment, j’étais là parce que j’avais besoin d’atterrir, de réapprendre en douceur à me gérer seule. A m’organiser seule. Ce n’est que 2 jours avant de prendre l’avion que j’ai réussi à réserver mon auberge pour Singapour, à essayer de voir ce que je ferais de mon parisien. C’était compliqué, déstabilisant. J’oscillais entre les regrets et l’impatience. La peur et l’envie. Etrange. Puis j’ai pris mon bus après des au revoir difficiles, direction Wellington (oui encore aha). Et après une journée avec Maribel, je prenais l’avion le lendemain.

Ca y est, la Nouvelle-Zélande c’est terminé. Et pourtant, il reste le plus difficile, le plus long et fastidieux. Faire le bilan, voir tout ce que cela a changé, accepter que toute ma vie sera transformée par ces quelques mois là. Il y aura toujours un bout de ce « bout du monde » en moi. Toujours.

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. L.M.B dit :

    Un bien joli bout de monde ! Et tes photos sont sublimes, ça donne envie !

    1. Lair_co dit :

      Merci beaucoup :D
      Et oui, il y a de jolies pépites de ce côté du globe aussi :)

  2. Les Bazos dit :

    Woaw, Taranaki est vraiment superbe, c’est le volcan parfait ! <3

    1. Lair_co dit :

      Ouiiii, c’est le plus beau, mon petit bébé ahaha :P

  3. Cécile dit :

    Je ne crois pas avoir déjà laissé un commentaire sous l’un de tes articles… Je te l’ai déjà dit (tmtc ;) ) mais ton voyage m’inspire beaucoup et me donne des idées et des envies pour mon été au Canada. En tout cas la NZ ça a l’air chouette !

    1. Lair_co dit :

      Ca fait plaisir d’avoir un commentaire du coup, ça laisse une trace moins clandestine ahaha. Et c’est avec plaisir que je suivrais tes vagabondages canadiens, et puis qui sait, un jour je marcherais peut-être dans tes pas, après tout c’était le cas avec quelques villes de l’est ahaha !

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