Carnet de voyage, Ile du Sud, Nouvelle-Zélande

Road Trip, Jour 26 à 30: De Punaikaiki à Queenstown en passant par Fox et Franz Glaciers

Nous y voilà, dernier jours du road trip. Dernières découvertes, dernières sensations fortes, dernier instants dans cette maison roulante.

Arrivés la veille à Greymouth après deux journées plombantes et décevantes, c’est sous un grand soleil que nous entamons cette première journée du décompte avant la fin. Un réveil matinal qui nous conduit jusqu’aux Pancake rocks de Punaikaiki. Ce sont des amas de calcaires en couches successives en bord de mer. Vous vous demandez surement depuis quand un tas de cailloux est un aimant à touristes, et bien c’est tout simplement parce qu’à marée montante, ce site se transforme en antre du démon. Ce sont de véritables grondements sourds et gutturaux qui s’élèvent lorsque la mer montante se fracasse dans les labyrinthes étriqués que forment ces pancake rocks. Et puis, ça fait aussi geyser et brumisateur selon les endroits.

La route le long de la côte est en elle-même très jolie, coincés entre mer et montagnes nous serpenterons sous le soleil, et après une vaine et brève tentative  pour voir un lac, nous voilà en route pour les gorges d’Hokitika. Ces gorges sont réputées pour une chose, leur couleur complètement irréelle.

L’objectif du jour c’est d’arriver à Franz Joseph pour y dormir. Après un joli feu de camp, c’est le repos du guerrier, demain une journée un peu particulière nous attend.

Réveil matinal, avec au programme des bis répetita pour moi puisque nous nous dirigeons vers Fox Glacier, et le lac Matheson.

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Et enfin, après une pause-déjeuner nous voilà partant pour … un saut en parachute ! 19 000 pieds, soit environ 6km de chute. Plus d’1 minute 15 de chute libre. Tout ça entre glaciers et mer. Ok. Ok. On se prépare.

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A l’aise.

Contrairement à ce que je redoutais, c’est avec un sourire de A à Z et sans stress que je vais vivre cette aventure. L’adrénaline fait sans doute des miracles aha. Sancho l’instructeur avec qui je vais sauter en tandem est sympa et drôle, c’est donc les yeux fermés et bien impatiente que je grimpe dans l’avion jaune qui semble bien bien petit. C’est parti pour près de 10 minutes de survol au dessus des glaciers, le temps de progressivement atteindre les fameux 19 000 pieds. Et la vue, quelle vue … Les Alpes du Sud s’étendent sous mes yeux, les glaciers immaculés sont resplendissants, les rivières se stressent jusqu’à atteindre la mer, les nuages se mélangent à la neige. Le spectacle est … incroyable.

Entre deux pauses photos/vidéos, mon instructeur me sangle, rigole, me teste pour savoir si je stresse. Mais tout roule, et bientôt le masque à oxygène vient nous faire comprendre que nous approchons bientôt de l’altitude recherchée. L’impatience grimpe encore et encore. Et voilà, quelques minutes à peine, et les deux instructeurs sautant pour s’entraîner filent chacun de leur côté, puis vient le tour de l’un de mes co-voyageurs. Je le vois disparaitre si vite, c’est vraiment une drôle d’impression ! Et mon tour, hop je suis trainée par Sancho, j’ai les pieds dans le vide, je colle ma tête sur son épaules, je croise les bras et c’est parti.

Après une vrille qui me permet de voir l’avion du dessous, Sancho nous stabilise et je profite de ces longues secondes de chute libre pour en prendre plein les yeux. L’instructeur nous fait tourner pour pouvoir observer à la fois les glaciers, la mer, les rivières, les montagnes au loin. Ca défile, ça défile. Ca va vite, l’air souffle fort, les oreilles se bouchent, mais le sourire est ininterrompu. Puis le parachute s’ouvre, nous remontons, le silence tombe. Le sourire et la vue eux sont toujours là.

Afin de je cite « améliorer mon confort », l’instructeur desserre le harnais ce qui entraîne un petit basculement vers l’arrière, ce qui va avoir pour conséquence immédiate la contraction totale de mes mains sur le harnais. Je lui apprends donc que j’ai le vertige, il n’y croit pas, c’est impossible pour lui vu comment j’étais détendue et enjouée ahaha. Pourtant, je resterais contractée et mon corps sous tension de façon complètement involontaire, vu qu’à côté de ça, je profite de ces moments avec entrain et bonheur. Je ne me suis jamais sentie aussi déconnectée de mon corps. Je décline donc la proposition de conduite du parachute, et je savoure juste. C’est en se balançant de droite à gauche, en tournant que l’on se rapproche du sol.

Et voilà, il est temps devenir sur terre. Plus tout à fait à l’identique.

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Mes baskets jaunes prennent du bon temps.

C’est toujours avec le même sourire que je repose les pieds sur terre. Je ne réalise pas, je n’ai pas le sentiment d’avoir vécu cette chute libre. C’était court et si long à la fois. Tellement d’informations, tellement de sensations. Impossible de vraiment les décrire, un mélange entre une liberté folle, une prise de risque et un dépassement de soi qui rend fier. Et l’adrénaline qui créera les mêmes sensations qu’un moment sous substances illicites. Un planage plus que réel.

Après ce shoot de sensations  fortes, nous partons direction Franz afin de voir le glacier avant que la nuit ne tombe. Objectif rempli. Et comme pour Fox Glacier, que j’ai pu voir de long en large et en travers, la déception est au rendez-vous. Le recul du glacier est si grand que la vue n’a rien d’impressionnante … Preuve en est, je n’en fais même aucune photo. Et là, la bonne culpabilité du saut en parachute fait son apparition. Un goût amer. Très amer.

Le lendemain est une journée d’échec et de rancoeur un peu trop présentes donc je n’en parlerais même pas (et bon, j’ai pas de photos de l’activité lessive désolée). Ah si, on a mangé des crêpes quand même, c’était cool (et certains moment drôles d’absurdité aha!).

Après une nuit dans le traditionnel camping de Wanaka, nous filons directions le parc national d’Aspiring.

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Au bout d’une loooongue gravel road (jamais sans ma gravel) qui s’enfonce toujours plus dans de belles montagnes, nous prenons le Rob Roy Track qui nous mène jusqu’au Rob Roy glacier. C’est une rando agréable, calme entre bush et bord de rivière. Après une pause sieste sur de gros rochers, nous revenons au van pour déjeuner et prendre la route jusqu’à Glenorchy.

Nous revenons donc dans la zone de départ, là où tout avait commencé, il y a un mois. Sentiment très étrange, et joli coucher de soleil au programme.

Les deux derniers jours seront marqués par une forte fatigue générale. Je suis lasse, le mental décline, je n’ai même plus le coeur à prendre des photos. Depuis quelques jours, l’ambiance se détériore dans le van de façon globale, que la fin approche vite, je suis à bout. C’est difficile de vivre avec des gens H24 sans vraiment moyen de s’isoler, de s’éloigner d’une personne qui vous énerve et met vos nerfs et votre patience à rude épreuve. Toujours être dans la retenue, dans l’agacement, dans le compromis à sens unique. C’est fatiguant. Sans doute que la fin de l’aventure, les derniers pas sur cette île, les derniers jours dans ce pays ne doivent pas aider à puiser dans l’optimisme. Ces derniers jours ne sont pas totalement horribles hein, mais pas à la hauteur de ce qu’ils auraient pu être, et surtout, ils marquent vraiment que dans ce voyage, il y a des ratés et surtout une rencontre qui ne s’est jamais fait, sinon dans le conflit et le négatif. C’est la vie. Tant pis. Tout le reste valait mille fois cet échec.

Nous sommes tout de même partis sur les pas d’Isengard (un échec plutôt rigolo aha), de gorges, d’observation de saut à l’élastique, d’Arrowtown, de la ville pavillonnaire la plus étrange jamais vu, de bord de lac magnifique, d’une rencontre avec un chien un peu collant et de gravel road en cul de sac.

L’heure est venue de faire le plein, de nettoyer le van, de faire une dernière fois la vidange, de remettre les clefs à l’agence et de repartir sac sur le dos. Après l’arrivée à Queenstown, c’est la croisée des chemins. C’est donc sans émotions autre que la déception et le soulagement et sans se retourner que nous dirons au revoir au troisième locataire du van. Et que l’aventure continuera encore quelques jours à deux, mais en voiture et sur l’île du nord cette fois !

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2 thoughts on “Road Trip, Jour 26 à 30: De Punaikaiki à Queenstown en passant par Fox et Franz Glaciers”

  1. Oh my God, j’avais raté cet article (j’ai tellement de retard, et pourtant j’aime tellement te lire !!). Le saut en parachute avait l’air juste dingue. Lol moi c’est le saut en parapente qui m’avait fait cet effet là, mais je me sens mémère maintenant :-D
    J’aime beaucoup tes photos du coucher de soleil sinon.

    1. Ahaha ! Effectivement avec votre tour du monde ça doit être beaucoup plus compliqué de gérer votre propre blog alors suivre les autres c’est vraiment un luxe ;)
      Oh bah au fond je pense que j’aurais plus peur en parapente qu’en parachute vu que c’est la partie parachute ouvert qui m’a le plus angoissé 😂 Mais m prochaine étape c’est le saut à l’élastique, le défi ultime je crois, sauter de soi-même, et vraiment sentir LA chute 😨😨😝

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