Road Trip jour 16 à 20: D’Edoras au Nelson Lakes en passant par Christchurch

Je vous quittais précédemment dans les environs de Dunedin, après quelques jours dans les enthousiasmantes Catlins. Et c’est avec un trajet toujours aussi brouillon que nous continuons la découverte.

DSC_0963
C’est par où ? T’as pas le GPS ?

Après quelques heures sur une route plutôt ennuyeuse, nous bifurquons vers l’intérieur de l’île direction Mount Somers. C’est une petite ville semblable à tant d’autres en Nouvelle-Zélande, à savoir qu’elle sert surtout de repère sur la carte pour ne pas se perdre (car oui, il est possible de se perdre même avec une seule route à disposition)(pas de jugements s’il vous plait). Bref, quelques kilomètres après la dite ville, nous empruntons la plus palpitante des gravel road du pays, celle qui va non seulement me filer une migraine de l’enfer, mais également nous mener jusqu’au Mont Sunday ou, pour les plus cinéphiles d’entre vous, au pied (et au sommet) d’Edoras.

DSC_0982
Moutons. Petite montagne. Grosses montagnes. Vue d’artiste de la Nouvelle-Zélande.

Je vais d’emblée faire mon mea culpa Peter Jacksonien, le seigneur des anneaux et le hobbit, sont et resteront pour moi des films vu sans vraiment les avoir regardé. Voilà c’est dit. Ouf je respire ! Non je plaisante, mais effectivement, pour beaucoup venir en Nouvelle-Zélande c’est toucher du doigt les lieux de tournage de films cultes, toussi toussa, ce n’est juste pas du tout mon cas. Autant les LOR je les avais vu de mon propre chef, autant le Hobbit c’est des scènes piochées à droite à gauche dans les auberges de jeunesse où j’ai séjourné. Car oui, vous avez une chance sur deux d’y croiser des gens regardant les bébés de Jackson, surtout un jour de pluie. Ou de neige. Alors il existe des tours LOR, sur l’application Campermate certains lieux de tournages sont recensés, etc. Bref, le business et les amateurs sont là. Un de mes compagnons de voyage était d’ailleurs pas mal intéressé pour voir ces lieux de tournage, et on m’avait aussi parlé de l’intérêt des lieux, c’est donc avec entrain que nous y allons.

Déjà, la route est canon. Sans rire, les montagnes, les couleurs, les nuages, les rivières, tout est canon.

Bon, la gravel est un peu horrible, la vaisselle me casse les oreilles, je n’entends même pas la musique sur l’enceinte, je bougonne et j’ai mal au crâne. Et pourtant, je ne regrette pas, car c’est sans doute l’un de mes endroits favoris de Nouvelle-Zélande. Rien que ça.

DSC_0918D
Posey sur mon rochey.

Donc après de nombreux soubresauts sur la gravel, nous voyons au loin apparaitre la fameuse colline d’Edoras. Le Mt Sunday. Et qu’on se le dise, c’est plutôt petit comme bidule. Une colline ouais. Mais c’est aussi petit car il est au milieu d’une plaine incroyable. A droite un cours d’eau méandriforme. A gauche des herbes jaunes à perte de vue. Le tout cerclé par des montagnes aux sommets encore enneigés. C’est une drôle de sensation. Enfin, ça y est, des étendues, ce sentiment d’être tout petit. Enfin. Car oui, depuis mes débuts en Nouvelle-Zélande je n’avais pas ressenti ce que j’ai pu ressentir dans le désert bolivien par exemple. Vous savez cette sensation de n’être pas grand chose, une toute petite poussière dans un immense univers. Il faudrait que j’en parle sans doute dans un long article de cette sensation. Bref, ce truc là. Et bien là, c’était ça. Parce qu’il n’y avait pas grand monde aussi, alors que la foule doit certainement remplir ce lieu en haute saison. Là, 4-5 personnes avec leur guide prenant la pose avec des épées et perdant leurs lunettes à cause d’un vent déchainé (et qui ne nous quittera pas aha), et notre groupe de 3. Les voilà qui s’en vont, et nous voilà seuls (avec le vent) devant cette immensité, à simplement lâcher des « wahou » à intervalles presque réguliers.

Peut-être était-ce la fatigue, le fait d’avoir vécu de chouettes moments avec un de mes travelmate, de sentir la fin approcher, ou juste une sorte d’apaisement à voir tout le chemin parcouru, je ne sais pas, mais je sais que ce lieu m’a beaucoup touché. C’était le bout d’une route, un cul de sac, une véritable destination, on reviendra par la même route après. Faire le chemin pour voir ce cailloux trôné au milieu du vide, comme j’ai pu faire le chemin jusqu’en Nouvelle-Zélande pour me trouver ? Et en revenir ?

DSC_0960

Bref. Le fait est, en résumé, c’était un très bel endroit ! Si beau, que le lendemain, après une nuit passée dans un camping en bord de route à rater un superbe coucher de soleil, et partager le terrain avec un drôle de type, nous revoilà de retour sur cette même voie sans issue pour partir à l’ascension de Mont Barossa. C’est au hasard total que l’on se lance là dedans, on avait juste envie de marcher, d’en chier un peu (oui parce qu’on glande depuis un moment il faut bien l’admettre), alors on a prit une rando annoncée difficile, en 5h et qui nous offre une vue sur la vallée.

DSC_0997
Le ciel commence où les montagnes s’arrêtent.

Et après 2h30 de montée non stop à lutter contre le vent toujours aussi déchaîné, et le vertige (coucou ça c’est pour moi), nous voilà au sommet du Mt Barossa. Un petit bijou de vue. Ca valait le coup d’avoir envie de pleurer en traversant une petite crête de l’angoisse aha. Nous nous posons quelques minutes à l’abri du vent derrière des gros cailloux, à essayer de deviner si ce que nous voyons en face de nous c’est bel et bien l’Océan Pacifique. Nous arrivons au verdict que oui et nous entamons la descente tout aussi périlleuse avec des cailloux pas forcément stable, le retour de la crête et ma lenteur de l’angoisse de la descente.

DSC_0986
Même avec Photoshop impossible de montrer les rafales de vent, désolée.

C’est un peu décrassé que nous reprenons la route jusqu’à Christchurch pour y trouver des vivres, probablement de quoi vidanger la bête et le faire s’abreuver de plusieurs litre d’essence. Le soleil est là, la douceur des températures en journée commence aussi. Nous décidons de nous diriger vers la péninsule de Banks avoir comme projet d’y voir la petite ville d’Akaroa, la péninsule et espérer y voir un beau coucher de soleil.

C’est les pneus brûlants (péninsule ne signifiant pas absence de montagnes sachez-le aha) que nous arrivons au camping gratuit tout au bord d’un lac, où le coucher de soleil ne sera pas au rendez-vous. Mais la douceur est toujours là, les bières se boivent désormais les portes ouvertes, et le ciel étoilé nous a tout de même bien gâté.

DSC_0019
La péninsule pas plate.

Le lendemain, après une divine surprise très matinale, le temps redevient vite maussade, et c’est donc avec moins d’entrain que nous nous dirigeons vers Akaroa. En tant que Français, c’est le lieu qu’on vous conseille d’aller voir, « des volets », « des noms de rue en français », « des petits commerces » « olalala », « c’est si mignon ». Ouais, bah, c’est surtout une arnaque. Voilà c’est dit. Franchement, c’était une perte de temps, c’était insignifiant. Heureusement, il y avait un ponton, et comme j’aime les pontons ça me laisse un souvenir moins amer. On reprend donc la route direction le tour de la péninsule. Des vues sur l’océan, du cailloux et de la verdure (et donc des moutons) plus tard, nous revoilà direction Christchurch pour y passer un bout d’après-midi.

C’est un constat amer qu’il en restera, comme le sentiment que cette ville est un peu conservée dans un état de désolation pour attirer les touristes. Vraiment, je reste toujours aussi abasourdie par les petites lucarnes aménagées pour que chacun puisse voir les dégâts sur les bâtiments. Et je ne parle même pas de l’Eglise symbole de la destruction du tremblement de terre, non un bâtiment lamba. Je ne pensais pas trouver la ville dégageant autant ce sentiment d’être figée dans cet évènement, c’était il y a 4 ans, et j’avais le sentiment que ça aurait pu être hier. Vraiment, ça me laisse toujours aussi perplexe. Le quartier aménagé à partir des conteneurs est sympa, mais voilà sans plus. Peut-être que c’est mon état d’esprit qui ne m’a pas laissé voir les choses sous un bon angle, je ne sais pas. Mais, en tout cas, Christchurch s’inscrit pour moi dans la lignée des autres villes de Nouvelle-Zélande, sans intérêt flagrant. D’ailleurs je n’ai pris aucune photo, c’est sans doute un signe (ou pas, la fatigue numérique se fera de plus en plus présente m’enfin).

Pas emballés, nous décidons donc de filer nous perdre dans les montagnes, les villes laissant souvent une ambiance pesante se propager dans le van aha. Hop, cap à l’ouest, nous empruntons la route menant jusqu’à Arthur’s Pass. C’est en pleine nuit et un peu sous la bruine que nous avançons et arrivons enfin au camping pour la nuit. La route avait l’air magnifique, des montagnes gigantesques nous entourent, des rivières et des lacs clapotent tout près. Nous rebrousserons chemin le lendemain pour profiter de Castle Hill et c’est sans aucun regrets tant la route était belle !

Nous voilà donc tout frais à Castle Hill, un drôle d’endroit qui pousse à la méditation. Plein de cailloux, de toutes les formes et de toutes les tailles au milieu d’un peu nulle part, avec une vue sur des montagnes, c’est ça Castle Hill.

DSC_0041
Les cailloux, ça fait réfléchir.

Toujours aussi chanceux, nous arrivons quand un groupe-car-organisé s’en va, nous profitons du lieu dans le calme et la solitude. Puis petit à petit, d’autres voyageurs nous rattrapent, alors nous filons direction Arthur’s Pass. Le temps se couvre, avant de complètement dégringoler même. Nous filons donc, en faisant des stops le long de la route, et en profitant surtout des paysages qu’offre cette route. Parce qu’il faut le dire, même sous la pluie et dans le brouillard, elle reste plutôt canon.

Nous arrivons au camping pour la nuit, en bord de lac (oui oui ce sont bien des lacs différents à chaque fois aha), et après un tour en forêt bien humide et boueuse, une tournée de crêpe, une hallucination de nains et de kiwi, on s’endort.

Le lendemain, c’est encore une journée en demi-teinte météorologique, nous partons direction St Arnaud dans la région des Nelson Lakes. Des pontons, des tours en forêts (du bush, encore du bush) à essayer de communiquer avec des oiseaux étranges, de la pluie, des tournages en rond et une pizza plus tard, nous voilà dans un camping perdu à espérer que la météo s’améliore un peu, car le lendemain, on grimpe un peu !

Publicités

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Tes photos sont incroyables ! C’est vraiment beau !

    1. Lair_co dit :

      Merci beaucoup :D

  2. MamzelDree dit :

    Wahou ces paysages sont fabuleux… Merci pour la découverte !

    1. Lair_co dit :

      Effectivement certains de ces lieux sont un poil magique !

  3. J’ai beaucoup aimé tes photos de Castle Hill, le lieu semble en effet être fait pour méditer ! Par contre pour Christchurch je n’avais pas vu les choses comme toi, c’est une ville qui m’a beaucoup touchée… mais tu as peut-être raison sur le fait que les travaux n’avancent pas pour attirer les touristes, je ne sais pas. Merci en tout cas de continuer à partager ce road trip avec nous, je sais à quel point c’est du boulot !! Bises.
    Aurélie.

    1. Lair_co dit :

      Pour Christchurch la différence c’est peut-être aussi que là, ça fait tout de même 4 ans, et le coup des lucarnes m’a laissé mal à l’aise tout le long de ma balade. Après, vraiment, ça peut totalement être lié à mon état d’esprit, et mon non emballement pour les villes néo-zélandaises ^^
      Merci de suivre et commenter ça me touche beaucoup et c’est agréable d’avoir des retours et des comparaisons d’expérience !
      Et oui, je crois que là je commence à souffler d’avoir fini cette grosse partie. C’est vous qui allez prendre le relais désormais :P Courage !!

Un avis, une critique ou un petit mot d'encouragement ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s