En marche pour le Hooker valley track : la plus populaire des rando au Parc National d’Aoraki/Mt Cook

Après les quelques jours de repos à Wanaka, j’ai pris la direction de Mt Cook town, village non loin de la plus haute montagne de Nouvelle-Zélande du même nom afin d’y effectuer un HelpX de deux semaines. Pour, ce premier épisode Mt Cookien, nous allons partir à l’assaut d’un des plus populaires track du coin : le Hooker Vallye track, à vos chaussures, en route !

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Ce track est particulièrement fréquenté puisqu’il possède quelques avantages indéniables :

  • Il est facile. Voilà, la bombe est lâchée. C’est un track bien dessiné, avec de jolis caillebotis, des ponts suspendus, et malgré quelques montées/descentes et sa longueur de 3-4h aller-retour (selon votre point de départ), il est vraiment accessible pour un niveau de fitness assez faible.
  • Il est (presque) toujours praticable. En effet, contrairement aux autres tracks du coin, celui-ci est le plus bas en terme d’altitude (le « valley » met un peu la puce à l’oreille avouez) donc pas d’escaliers complètement gelés à gravir ou de risques d’avalanches en hiver. Il est tout de même recommandé de rester vigilant avec la glace, et parfois les chutes de neige peuvent vraiment être bien envahissantes, mais sa morphologie permet tout de même de le pratiquer sans compétence technique ou équipement particuliers.
  • Il offre des vues pas dégueu. Aha, oui, le but de ce track est double, se rapprocher au maximum du célèbre Aoraki/Mt Cook, et se retrouver face au Hooker Lake, un lac alimenté par un glacier et qui en hiver peut être complètement gelé, et en été parsemé de nombreux icebergs.

J’ai donc profité de mes 15 jours pour aller tâter le terrain, notamment avec Keidi une de mes collègues de woofing !

Le départ du track se fait depuis notre auberge, donc au plus loin du village aha. Après un réveil très matinal (et glacial) nous partons à travers champ (oui bon) tout en profitant du lever de soleil sublime sur les montagnes. La journée s’annonce sans nuages, les couleurs matinales sont indescriptibles, tellement chaudes et douces et complètement non représentatives sur l’appareil photo. Nous sommes encerclées par cette luminosité qui change à la minute, clairement les levers et couchers de soleil d’hiver sont d’une telle rapidité qu’en une fraction de seconde tout est différent. Nous avançons donc au milieu de tout et rien à la fois, c’est une drôle de sensation. Personne sur le chemin, pas de bruit si ce n’est celui de la rivière qui coule et de la neige qui craque. Nous rejoignons enfin le vrai track, celui bien dessiné. Quelques plaques de sols gelés nous confirment qu’il fait encore bien froid ce matin. Après un passage devant un monument rendant hommage aux morts ayant tenté d’escalader ou randonner dans le parc, nous arrivons au premier point de vue sur le lac glaciaire Mueller. Puis c’est le premier swing bridge qui s’annonce. Nous avançons encore dans la pénombre, le soleil n’ayant pas encore atteint le dessus des montagnes. Des bordures de rivières gelées, des petits lacs gelés, du givre sur les plantes, c’est confirmé, le froid est bien là.

beginAprès un deuxième swing bridge très long, nous arrivons à un des endroits les plus célèbres du track, LE caillebotis en bois. Nous y arrivons quelques secondes avant la percé du soleil, et le changement est incroyable, la luminosité se révèle d’un seul coup, le chemin givré se met à briller, le soleil nous baigne et nous enveloppe, les montagnes nous encerclent et Mt Cook se révèle sous son meilleur jour. C’est un très beau moment. Le contraste entre les herbes jaunes baignées par le soleil encore doux, le ciel parfaitement bleu, et les montagnes noires aux sommets enneigés nous envoute complètement. C’est un de ces endroits qui même lorsque vous l’avez vu un million de fois en photos, il vous atteint et vous émeut. Parce que les couleurs, parce que les contrastes, parce que le calme, parce que l’immensité des lieux. Toujours pas une âme qui vive, seulement nous qui passons un temps irraisonnable à prendre des photos de sauts aha ! Pour moi qui n’apparait quasiment jamais sur les photos, le changement est radical, et les quelques sorties avec Keidi vont révolutionner tout cela ^^Sans titre-1

Après cet intermède bien épuisant, nous reprenons la route, Mt Cook nous attend toujours. Un refuge (et les fameux toilettes inattendus de NZ), un dernier swing bridge, quelques montées et descentes plus tard, nous arrivons enfin au bout du track : Hooker Lake s’étend devant nous.hooker_valley_lakeNous descendons sur ses rives, où nous allons rester plusieurs heures à se perdre dans les reflets, à scruter les changements infinitésimaux ou brutaux des icebergs, à briser tout la glace possible autour des rives, à s’entrainer au ricochet-sur-glace, à regarder le flot de touriste venir puis repartir, à attendre que le soleil disparaisse de nouveau derrière les montagnes, car oui, en hiver le soleil est tellement bas que nous sommes à contrejour en permanence, c’est plutôt agaçant pour les photos cette histoire. C’est un endroit apaisant. Pas calme, car le lac alimente une rivière ma foi plutôt bruyante, la neige craque tout autour de nous et s’affaisse parfois brusquement sur les sommets des montagnes environnantes, les icebergs se brisent et se retournent. Mais quelque chose de passe tout de même, le lieu reste propice à la réflexion, à l’introspection. Nous resterons des heures à expérimenter les sauts, les poses, les fou rires, mais aussi simplement assises à réfléchir, rêvasser, marcher et se perdre. Et c’est très étrange, Keidi a l’habitude de faire beaucoup de photos d’elle devant les paysages, que ce soit en sautant ou en posant. Ce n’est pas du tout quelque chose que je fais notamment parce que je n’aime pas mon image (et accessoirement pour des raisons pratique aha). Elle m’a poussé à le faire avec elle, notamment pour avoir des souvenirs de nous deux. Et c’est vraiment quelque chose de compliqué à faire lorsqu’on a des TCA. En effet, la problématique de l’image est très importante. On ne s’aime pas, alors comment aimer quelque chose qui laisse une trace de ce qu’on essaye à tout prix de ne plus être ? C’est totalement paradoxal, parce que sur l’instant, enfin on se sent libre, enfin on s’oublie, on oublie ce corps qui nous encombre, on est juste léger, déconnecté, et on s’amuse. On se marre. Mais ce n’est qu’un sursis, parce qu’il va y avoir le résultat, les photos. Se confronter à son image, à ce corps qu’on fuit quotidiennement, et qu’on se le dise, ça fait mal. C’est violent, brutal. Parce qu’on compare, parce qu’on voit uniquement la souffrance, ces moments gâchés (que l’on gâche ?). Pourtant, l’optimisme me gagnant (comme quoi tout arrive aha), j’ai envie de croire que ce n’est qu’une étape de plus, qu’un pas en avant supplémentaire. Malgré la colère, malgré la claque, tout ceci pourra être bénéfique, je l’espère. Et surtout, ça fait des souvenirs, des souvenirs blindés de sourires, de légèreté, de complicité, de rires.

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Une fois le soleil descendu derrière les montagnes nous reprenons le chemin retour.
Hooker Valley est quant à elle retournée dans sa quiétude.

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