Réflexions, Sur le voyage

[Blabla] Pourquoi voyager seul(e) ?

 Mon point de vue de moi-même à moi.

En tout cas, ça oblige à être imaginatif pour se prendre soi-même en photo !
En tout cas, ça oblige à être imaginatif pour se prendre soi-même en photo !

Déjà, pourquoi voyager ?

Tout dépend de ses attentes, motivations, envies. C’est une question très personnelle, très subjective. On entend souvent que le voyage change vos perspectives, ouvre votre esprit, vous apprend sur le monde, vous transforme. Moui. Bon nombre de voyageurs restent dans l’entre soi, dans leurs habitudes, ne se dépassent pas de quelconque façon. Bref, bon nombre de personnes ne changeront pas d’un iota, et ils le vivent très bien. Je pense que si on ne part pas en laissant cette porte du changement entrouverte, si au fond on ne désire pas être bousculé, on peut rester totalement hermétique à ce qui nous entoure, voir se retrouver dans l’incompréhension voir le rejet d’une culture qui nous est totalement inconnue, et ainsi seulement apprécier les paysages, les rencontres, sans pour autant en garder quelconque bouleversements personnels. Et après tout c’est déjà très bien !

De mon côté, je l’ai déjà dit, beaucoup de défis lancés, beaucoup d’espoirs personnels mis dans ce voyage, dans cette expérience. Mais j’ai tout de même réussi à être surprise par des résultats de ce voyage. En effet, après presque cinq mois ici, je sens un vrombissant nid d’idées dans ma tête. Je n’ai pas choisi de partir loin parce que je n’aimais pas la France, n’en supportais plus la vie, etc. Au contraire, j’ai toujours su à quel point nous étions chanceux, privilégiés. Malgré toute la colère qui m’habite face aux manipulations politicardes, face aux montées puantes de rejets des autres, malgré les nombreuses œillères sociales, c’est un pays privilégié. Vraiment. Et passer plusieurs mois en Nouvelle-Zélande n’aura fait que confirmer ce sentiment. Société de consommation outrancière, capitalisme libéral assumé et revendiqué, difficultés sociales planquées sous le tapis, sexisme affligeant, marchandisation de la nature. Bref, j’ai trouvé ici tout ce que j’aime (alerte ironie). En tout honnêteté, heureusement que les paysages sont là. Et les rencontres aussi. Mais voilà, ce n’est pas l’Eldorado. Pas mon Eldorado du moins. Du coup, j’ai aussi compris qu’un pays c’est surtout ses habitants qui le composent (oui, bon, certains sont plus lents à comprendre que d’autres ça va hein !), et peut-être que je ne donnais pas assez de moi-même finalement. Ce voyage ne m’a pas rendu optimiste, ni confiante sur l’avenir (tout l’inverse à vrai dire ahem), mais il m’a redonné une impulsion, des envies d’essayer encore plus fort, différemment, plus impliquée. J’ai réalisé à quel point quelques rencontres furtives (certes dans un cadre bien privilégié) peuvent m’impacter, me bouleverser, alors pourquoi ne pas essayer de créer un sentiment de rencontres comme ça avec ses voisins, son quartier, sa ville en partageant plus qu’un numéro de rue, qu’un nom sur une carte géographique ? Ce ne sont que des brides d’idées, j’en parlerais peut-être le moment venu, mais ce voyage a été définitivement une découverte de moi-même, mais aussi un renforcement de mes convictions, de ce que j’attends de la vie. Des découvertes de paysages fantastiques, mais aussi ces instants de complicité inattendus, ces mains tendues le temps d’un café et au sein même de mon quotidien. Le voyage ne se fait pas qu’au bout du monde en somme :)

Bref, retour au sujet complet de l’article.

*** Pourquoi voyager seul(e) ? ***

Pour être libre

Voilà, c’est l’idée principale avancée partout pour vanter les mérites du voyage en solo. La liberté de choix, la liberté de prendre son temps, de se presser. Ne rendre de compte à personne. N’avoir que soi comme limites, mais aussi comme moteur. Comme dirait Perceval

Effectivement, on peut décider de ses plans selon ses envies, changer au dernier moment selon une opportunité, ne pas subir les envies de bavardage soudaines de son compagnon de voyage, accepter de se reposer sans ressentir la culpabilité de limiter le voyage de l’autre. Soit. C’est tout à fait vrai. Mais, si au final, tout ça on pouvait aussi le faire à 2, 3, 10 ? Finalement, est-ce que cela ne tient pas plus de la compatibilité de nos attentes et notre comportement avec ceux de notre compagnon ?

Parce que je lis souvent « si vous n’avez pas le feeling avec tel endroit hop vous pouvez le zapper ». Moui, déjà tout dépend de votre projet, votre organisation, votre façon de vous déplacer. Ensuite, si vous partagez beaucoup de points communs avec votre compagnon de voyage, il y a tout de même beaucoup de chance pour que le sentiment soit réciproque non ?

Souvent, on parle également de compromis, de choses que l’autre veut voir absolument et dont on n’en a rien à secouer. Mais déjà, ce n’est pas parce que vous voyagez en groupe que vous êtes obligés de tout faire ensemble. Personne n’a signé de pacte de sang, prendre une journée chacun de son côté, sortir se balader/boire un verre seul, anticiper sur la prochaine étape si vous êtes en bus/stop, sont autant de possibilités de garder sa liberté ET son compagnon de voyage. Encore une fois, l’important c’est peut-être de bien choisir son compagnon, un qui accepte ce silence, ce besoin d’exploration personnelle, ce besoin de liberté.

Et puis, parfois, écouter son compagnon de voyage c’est peut-être la meilleure idée du voyage. Lorsqu’on organisait notre voyage en Bolivie, on a toutes fait une liste des choses qu’on ne voulait absolument pas rater. Mes deux compagnonnes ont mis le Machu Picchu, vu que ce n’était pas trop loin de La Paz (oui bon tout est relatif dans le pas trop loin quand vous partez à plus de 10 000km aha). De mon côté pas. J’avais peur que ce soit un de ces lieux surestimés, ces légendes basées sur une hallucination collective, et puis c’était compliqué d’y aller c’est cher, blabla. On a finalement mis le Machu sur la liste (2 contre 1, la démocratie tussa tussa). Et bien je me suis pris une bonne claque de «parfois il est bon d’écouter les gens », et je les remercie d’avoir eu cette clairvoyance !

 

La solitudine

Souvent, on associe les activités solo à une sorte de pitié, de « faute de mieux », de « bouhou il a pas d’amis ni de curly». Pourtant, c’est simplement de nouvelles perspectives, de nouvelles façons d’aborder les choses. J’ai commencé par le cinéma seule. Puis les concerts. Puis le resto. Puis boire un verre dans un bar. Et mine de rien, quand on est bourrée de complexes, c’est déjà pas si mal, et pour beaucoup de personnes c’est même inenvisageable. Le voyage est une étape supplémentaire, la composante du « loin, différent, inconnu » rend la montagne encore plus gigantesque, peut-être plus terrifiante. Et comme lorsqu’on va au cinéma seul, à un concert seul, on se rend vite compte en voyageant qu’on est … pas du tout exceptionnel. Des voyageurs solo, il y en a des tonnes dans beaucoup de pays. Vous ne serez qu’un parmi tant d’autres, donc aucune crainte à avoir de ce côté-là.

Après, la peur d’être seul, de s’ennuyer, de dépérir, de ne pas pouvoir partager, sont peut-être des choses qui vous retiennent.

On dit souvent qu’on est plus ouvert aux rencontres, aux autres, plus extravertie, etc. Et c’est plutôt vrai, on est rarement seul. Parce que le monde est habité, tout simplement. Et je dois bien admettre que même en grande timide parfois, un simple regard, un simple sourire vous fait vous sentir vivant, existant. Il faut aussi admettre que l’éloignement de ses proches, le manque d’entrainement des muscles faciaux, l’envie de progresser en langue locale ou encore la promiscuité des auberges/campings délient bien souvent les langues. Notamment entre voyageurs, parce qu’on a quelque chose en commun, on peut avoir mille raisons différentes d’être ici mais on est tous là, dans ce même lieu, et on vit parfois des sentiments similaires, des impressions qu’on peut partager dans l’immédiat, sans perdre mille ans à raconter tout un contexte. Au final, oui parfois on en devient même très bavard avec des inconnus !

 

Avec de la bouffe vous ne serez jamais seul effectivement :P

Toutefois, si on est timide, on peut le rester, on peut s’enfermer dans un cercle de solitude, se comparer aux autres, se déprécier, bref faire de son voyage un enfer ! Du coup ça m’agace assez souvent de lire partout « vous verrez vous ne serez jamais seul sur la route ». Parce que je trouve tout simplement que c’est faux. Combien de randos j’ai fait sans croiser un chat ? Combien de soirée en auberge j’ai passé à me sentir transparente et nullissime ? Il est important de se rappeler qu’on est tous différent, que le hasard des rencontres rentre également en compte. Pour des personnes timides et réservées, cela peut vraiment être difficile. En tout cas, ça l’a été pour moi. Je suis venue chercher aussi cela, me pousser dans mes derniers retranchements, me faire violence pour enfin oser. Mais ce n’est pas une évidence, pas systématique. La seule chose qui peut vous motiver, c’est qu’entre choisir de rester timide dans son quotidien et être timide en réalisant un de ses rêves, il y a peut-être une situation plus agréable que l’autre. Et parfois, le déclic peut être là, la rencontre qui vous aidera aussi, partir avec en tête que ça peut ne pas être aussi idyllique que ce qu’on lit partout, peut également vous protéger de la déception.

Pour la peur de ne pas partager, de connaître cette frustration de ne pas pouvoir s’exalter à plusieurs, s’angoisser ensemble; elle est vraie. On ne va pas se mentir, parfois ça manque, parfois ça me manque. Parce que l’autre apporte quelque chose, que ce soit sa sagesse ou son grain de folie, son humour ou son réconfort, sa motivation ou son envie de se poser. Parfois on a envie de parler, d’être compris en un regard, de se reposer sur quelqu’un. Et ça oui, ça ne se contrecarre pas. Soit vous découvrez la joie du silence, du sentiment d’être seul au monde, d’être comme le premier à rester assis des heures ici. Soit vous n’êtes pas fait pour voyager en solo, et j’ai envie de dire et alors ? Tant pis. Vous voyagerez autrement, pas de panique.

Et j’aimerais rajouter une petite chose. De ce que j’ai vécu, sur le nombre de personnes rencontrées, au final, le contexte du voyage fait que j’ai apprécié certaines personnes qui dans ma vie quotidienne n’aurait laissé aucune trace sinon celle de l’exaspération. Je ne sais pas vous, mais lorsque je voyage mon indulgence augmente, et je suis beaucoup moins cassante et radicale que lorsque je rencontre des gens dans mon quotidien. Peut-être parce que justement je n’ai pas d’endroits où me réfugier, pas de repères fixes, que je suis ici pour apprendre un maximum, alors j’accepte de parler avec des personnes dont les centres d’intérêts, les blagues, les attitudes parfois me laissent au mieux de marbre au pire vraiment désabusée. En somme, je ne suis donc pas forcément seule, mais je ne me sens pas forcément entourée non plus.

 

Votre jauge d’égo vient d’atteindre son plafond: Bravo !

En effet, il y a un bonus non négligeable au voyage en solo. La fierté. Ce moment où vous vous dites « je l’ai fait purée ! ». Sincèrement, ce sentiment n’a pas de prix. Savoir que vous vous débrouillez seul, souvent loin, souvent dans une langue étrangère, dans un pays souvent vu pour la première fois, il y a de quoi se sentir pousser des ailes de confiance.

Je le répète, ça ne sera pas tous les jours facile, pas tous les jours magique. Parce qu’il y a les galères, parce qu’il y a les angoisses de « qu’est-ce que je fais après, mazette j’ai pas de plans ». Il y a les phases de découragement, la pluie/froid, les peurs, les échecs, les déceptions, etc. Il faut gérer en permanence. Il faut se gérer en permanence. Même avec la fatigue, même la flemme, tout repose sur soi-même. Et vous gèrerez. Vous y arriverez. Et à ce moment-là, quelle fierté, vous n’avez qu’une envie c’est fanfaronner comme un paon. Bon certes, vous n’avez personne avec qui le partager, parce que non sachez-le ça n’intéresse personne de savoir que vous avez réussi à traverser ce gué sans glisser sur les rochers, ni que vous avez réussi à renseigner un autre touriste sur le chemin à prendre parce qu’il vous a pris pour un local (non vraiment ça n’intéresse personne), mais au fond de vous, vous serez fier. Juste fier. Et c’est avec un sourire bien niais que vous finirez votre journée et que vous y repenserez tout au long de votre vie. Et n’est-ce pas là le plus important ?

Et puis, vous entendrez pousser autour de vous de jolis compliments « olalalala c’est courageux » « waaaah je suis impressionné » ou encore « c’est génial ce que tu fais » (bien entendu tout cela entre deux « mais tu es fou ! » « non mais ça va pas ! » « mais c’est dangereux rolalalala »), et mine de rien, ça fait toujours son petit effet. Même si notamment lorsqu’on est le nez dans le voyage, tout cela nous paraît bien surestimé. Parce qu’au fond, nous sommes des privilégiés pour la majorité, nous faisons le choix de partir, pour mille et une raisons, mais nous faisons le choix. Ce n’est ni la faim, ni la survie, ni la peur qui nous fait quitter notre petit quotidien, c’est l’envie. Et lorsque le voyage devient votre quotidien et que vous vous réveillez chaque jour devant un spectacle encore plus scotchant que la veille, vraiment, toutes les admirations vous semble bien exagérées (et le sont peut-être).

 

Sexisme, sécurité : le bonheur supplémentaire d’être une femme

Partir en solo lorsqu’on est une femme est un défi encore plus fort. Préparez-vous à inquiéter la planète entière. Et soyez préparées à être de toute façon dans le tort en annonçant votre choix de partir seule. Soit vous entrez dans la case des inconscientes qui ne connaissent rien du monde et ses dangers (paternalisme mon amour !), soit vous entrez dans celle où « tout est plus facile pour vous les filles ». Parce que oui dans la tête de beaucoup de gens en tant que femmes vous recueillez les bons points du sexisme, on vous prend en stop plus facilement, on vous paye à boire facilement, etc. Ouais. Ouais. Super. J’ai envie de dire youhou. Hurray. Non. Plus sérieusement ma vie serait bien plus simple si je pouvais troquer mes verres gratuits contre la paix quand je marche. Mais apparemment je dois me contenter d’être heureuse d’avoir de quoi boire à l’œil. Bien. (Non).

Personnellement, depuis que je suis ici, je n’ai pas ressenti d’insécurité particulière. Pas plus qu’en France. Ce qui bien évidemment ne veut pas dire que je ne l’ai pas ressenti, vu qu’en France également je le ressens. Mais ce n’est pas plus. Nous verrons par la suite, d’autres pays, d’autres lieux, les choses ne sont pas forcément similaires partout. Par contre le sexisme bienveillant ou glauque, le paternalisme fatiguant ont de beaux jours en Nouvelle-Zélande. Non, me tenir la porte n’est pas un acte de gentillesse/politesse que j’apprécie si il est uniquement fait pour souligner que je possède des attributs féminins. « Ladies first », « Yes love », « thank you sweetie » et autres phrases banales, quotidiennes qui ont juste le don de me prouver qu’une fois de plus mon statut de femme n’est pas anodin. Je ne suis pas une personne qui mérite le respect, je suis seulement une femme qui a besoin d’aide, qu’on doit couver, qui ne peut pas tout faire, etc. Aha. Non. Vraiment pas. Du coup, je lutte, refuse de cautionner tout ça, et balance petits pics et sarcasmes, et JE décide si c’est trop lourd pour moi, si j’ai besoin d’aide. C’est difficile, parfois vous êtes juste lasse et fatiguée, alors le sourire poli prend le relais, et donc j’ai le cœur lourd de voir qu’ici comme ailleurs on est convaincue de me connaître (mes goûts et aspirations) parce que je suis une fille, qu’on essaie de m’expliquer ce que je suis capable de faire ou non, qu’on essaie de me convaincre que c’est dans mes gènes de toute façon: les enfants, la cuisine, la minutie en faisant le ménage (oui oui littéralement on me l’a dit), la coquetterie … (gros soupir bien exaspéré et regard bien blasé).

Je garde aussi toujours en tête que mon instinct est aussi là pour me protéger. Je ne pars pas bille en tête, comme je ne le fais pas en France. Je prends les mêmes précautions, reste attentive, et pour le moment ça se passe bien. Parce que, bien sûr qu’il faut être vigilante. Mais il est surtout important de garder en tête qu’un pays, qu’une culture, qu’une population ne sont pas représentés par la fenêtre que sont nos médias, et surtout que notre inconscient est baigné dans un spectre de peur et d’anticipation de situation à risques. Au final, combien de femmes se promènent dans la rue sans avoir aucune peur d’être agressée/violée ? Ce spectre de la peur est aussi valable en France qu’ailleurs, simplement, nos habitudes chamboulées, l’absence de repère, la langue parfois inconnue, la distance amplifie ce sentiment d’insécurité. L’inconnu, toujours lui, accentue tout. L’excitation et les angoisses.

Au final, partir seule devient pour moi un acte militant. Plus nous serons de femmes à parcourir le monde, seule ou à plusieurs d’ailleurs, moins ce monde nous sera interdit. Les femmes sont les grandes absentes des espaces publics, parce qu’on leur apprend dès le plus jeune âge à faire attention la nuit, à ne pas sortir seule, à ne pas faire confiance. A avoir peur. Ce n’est pas normal, pas logique. Il faut reconquérir les espaces dont on nous prive, de nos trottoirs au bout du monde.

 

Au final, une seule raison: de l’envie à l’évidence

Pourquoi un jour j’ai voyagé seule ? Parce que j’en avais marre d’attendre. Vraiment, c’est la première raison. J’ai (trop) longtemps attendu, le compagnon pas prêt, le compagnon qui fait des faux plans. Bref, attendu quoi ? Qui ? Le temps qui passe. Et un jour c’est devenu inenvisageable de continuer ainsi. Et après une bonne claque dans la tête, j’ai aussi compris que j’avais beaucoup à faire, que je devais apprendre, grandir, me (re)trouver. C’était lancé. Mon voyage en Islande était sur les rails.

En fait, il faut voyager seul si on en ressent l’envie. Vous passerez surement par la peur, les appréhensions, les doutes. Il y aura des moments sans doute difficile, déstabilisant. Mais si l’envie est là, la force d’affronter tout cela sera aussi au rendez-vous. Nous ne sommes pas tou·te·s fait pour partir seul, comme nous ne sommes pas tou·te·s fait pour faire des tours du monde, ni partir loin, ni même voyager. Je ne dirais qu’une chose. Si dans votre tête il y a « j’aimerais tellement mais je n’ose pas », ne lâchez rien, vous êtes sur la bonne voie. Nous n’avons pas tous les mêmes rêves, donc si vous voulez vraiment voir un endroit, n’attendez pas quelqu’un, vous pourriez passer une vie à attendre. Un jour, demain ou dans 10 ans vous le ferez, vous partirez seul·e. Et sinon, vous ne le ferez pas, et ce n’est pas grave. Non ce n’est pas l’expérience ultime d’une vie, non ce n’est pas ce qui fera de vous un·e vrai·e voyageu·r (mazette ce que ce genre de choses m’agacent d’ailleurs « tu n’es pas un vrai backpacker tant que tu n’as pas fait ci ça, vu ça, galéré comme ça » grrr, ridicule), l’important c’est de voyager comme vous le sentez, dans une situation dans laquelle vous vous voyez. Le voyage est un plaisir, une envie, pas une source d’angoisse perpétuelle ni un passage obligé (non vous n’êtes pas moins bien parce que vous n’avez pas voyager)(et d’ailleurs ça veut dire quoi voyager ?). Alors peu importe comment, à bientôt sur les routes ou non ! Car, gardons en tête que comme dans tout dans la vie, il n’y a pas de petits guides du parfait voyage, ni celui du parfait voyageur, simplement un monde à explorer et des conseils à grappiller. Autant de façon de voyager que de voyageurs ? Autant de façon de vivre que d’êtres humains ?

 

Mais s’il fallait choisir: voyager seul(e) ou à plusieurs ?

Pour moi, il est difficile de comparer. Tout dépend de ses attentes. Parfois j’aimerais voyager avec quelqu’un de fixe pour avoir quelqu’un avec qui verbaliser sur l’instant les ressentis face à un paysage, lors d’une rencontre. Mais aussi pour rire, cette complicité qui permet (parfois) de beaucoup relativiser. Cette personne qui lorsque vous voyez son visage c’est tous ces instants qui vous reviennent en pleine figure, ce « oh mais oui, on a vécu ça ! ». Et à la fois, j’aime ces voyages en solo, parce que j’ai encore beaucoup à me prouver, beaucoup à apprendre. Si j’étais partie en Nouvelle-Zélande accompagnée, je n’aurais pas appris autant, je n’aurais jamais autant osé. Je me serais reposé sur cette relation rassurante, je n’aurais jamais foutu ce coup de pied au cul dont ma vie avait besoin. Je le sais. La Nouvelle-Zélande a toujours été un voyage solo. Comme d’autres le seront à l’avenir. Et d’autres ne seront pas.

Du coup, mon deal c’est juste de ne jamais oublier de voyager seule. Une fois par an, que ce soit 2 jours ou 1 mois, à 30 km ou à l’autre bout du monde je partirais au moins une fois seule. Pour ne jamais oublier que je n’ai besoin de personne pour vivre.

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7 thoughts on “[Blabla] Pourquoi voyager seul(e) ?”

  1. C’est un très bel article, je partage beaucoup de tes idées. Les soirées seules, le mensonge du « y aura toujours des gens à qui parler », des gens qui ne sont pas ouverts, de rencontrer des personnes à qui on n’aurait jamais adressé la parole en contexte hors voyage et le dépassement. Tu envisages de rester les douze mois ou rentrer avant ? (simple curiosité, pas de cause à effet)

    1. Ca fait du bien de savoir que je ne suis pas seule à avoir ce genre de penser, parce que lorsque j’entends les gens parler de voyage (et encore plus des PVT) tout est idyllique, fun, léger, du coup j’en viens à me demander si c’est pas moi qui cloche aha :P

      Sinon non je ne vais pas rester l’année complète. Je pense partir d’ici la mi-octobre donc environ 8 mois. Et je compte bien suivre tes nouvelles aventures et pouvoir y piocher de bonnes info car j’envisage un petit tour européen avant de reprendre le quotidien et ta nouvelle destination est sur ma liste ;)

      1. Je me disais la même chose, surtout que j’ai l’habitude voyager seule… mais non. Alors tu seras la bienvenue chez moi, je compte me lancer dans le couchsurfing, officiel et officieux !

  2. Bonjour ! Je découvre ton blog via un commentaire que tu as laissé chez Lucie, et cet article me parle beaucoup. Cela serait trop long de tout reprendre, mais je te rejoins sur un certain nombre de choses, notamment le booster d’ego majeur qu’est un voyage solo, et – hélas ! – le sexisme ordinaire… Lorsque mon conjoint a décidé de rentrer plus tôt en France lors de notre tour du monde en 2012, et que j’ai décidé pour ma part de continuer, j’ai dû rapidement arrêter de compter les cris d’angoisses familiaux et amicaux que ma décision suscitait ^^ Si cela avait été dans l’autre sens (moi qui rentrais en France et lui qui continuait à voyager), je pense que les gens auraient réagi autrement…
    Je voyage pour ma part parfois en couple, parfois en solo, et je serais bien en peine de choisir entre l’un et l’autre de ces types de voyage tant je les trouve complémentaires. Une chose est sûre néanmoins, jamais je ne pourrai renoncer à mes voyages en solo… J’aime donc beaucoup la conclusion de ton article, dans laquelle je me retrouve ;-)
    Bonne poursuite de voyage !

    1. Merci pour ton commentaire, et je suis ravie de lire que d’autres s’y retrouvent :)
      Et comme toi, je crois que cet équilibre est ce que j’aimerais atteindre un jour, voyage entre amis/couple et voyage solo.

      En tout cas courageux d’avoir continué malgré les freins de l’entourage, parce que je sais combien la pression sociale peut être forte et bien culpabilisante !
      Je vais aller lire vos et tes aventures du coup :D

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