Carnet de voyage, Nouvelle-Zélande, Pensées et blabla

Le trajet en avion, ou l’art de la patience

Comme vous avez pu le remarquer, je ne déroge pas à la règle du « je me laisse déborder et je tiens jamais mes engagements », c’est donc avec moult retard que je prends enfin le temps de rédiger quelques petits trucs.

Le premier défi pour réaliser son PVT c’est avant tout de se rendre sur place. Et, mine de rien (oui je sais on ne dirait pas comme ça), la Nouvelle Zélande et la France métropolitaine ce n’est pas ce qu’il y a de plus voisin. Au bas mot, 24 000 km, 12h de décalage horaire (10h pendant l’été français). La mondialisation c’est bien beau, mais la tectonique des plaques restera maîtresse, et les kilomètres ne s’effaceront pas en une nuit. C’est donc avec entrain et optimisme que j’entame ces quelques 29h de voyage. 3 avions. 24h de vol effectif Assez de temps pour calculer, culpabiliser puis s’auto-flageller à propos de l’explosion de mon bilan carbone.

Ces (longues) heures en bref. Toute correspondance avec une situation réelle est totalement fortuite souhaitée !

Ce moment où tu découvres que certes ce ne sera pas un A380 mais que tu vas pouvoir t’étaler sur deux sièges (bon un et demi quand on est diplomate, deux quand on est sauvage ou que le partageur a pitié de ta tête de meuf ultra-fatiguée et qui pue un peu des pieds) et bien c’est le bonheur à l’état pur !

Ce moment où tu comprends que « Asian Vegetarian Meal » ça vaut aussi pour le petit déjeuner, et tu te retrouves donc à manger ce qui ressemble à une polenta sacrément épicée après une petite nuit de sommeil. C’est un peu la foire dans ta bouche.

Ce moment où tu te rends compte que non seulement cet aéroport est immensément long, que ta porte de décollage est affreusement loin de la porte où tu as atterris mais qu’en plus tu ne trouves plus ton vol sur aucun affichage. Tu te persuades donc que tu ne t’es pas trompée et que tu sais bien lire, parce que sinon tu vas possiblement rater ta correspondance.

Ce moment où ils distribuent des cacahuètes et tu te mets à imaginer un scénario catastrophe où suite à un fou rire tu expulses une des cacahuètes directement dans la bouche de ton voisin endormi de 3 rangs de devant qui se trouve être extrêmement allergique aux arachides. La vie, ça tient à rien parfois !

Ce moment où tu découvres que le WIFI existe dans l’avion. La technologie c’est fou. Et payant aussi.

Ce moment où tu comprends pourquoi on appelle l’A1380 le « monstre de l’aéronautique ». C’est quand tu ne vois pas le bout de l’aile, quand tu ne sens même pas les manœuvres de l’avion (« Roh tiens on recule ! », « c’est fou comme on voit bien les lumières des bateaux dans la baie de Singapour, ah oui bah normal, on est incliné à 35°, très bien. »), quand tu vois un escalier dans l’avion, et quand tu dois marcher longtemps pour aller faire pipi dans la nuit. Mais contrepartie négative importante : tu as « tellement » (oui on reste dans un avion tout de même) de place à côté de ton siège que tu ne peux pas poser ta tête contre le hublot pour dormir sans t’enfoncer un accoudoir dans le gras. Au final, ça valait bien la peine de faire tout ça tsss !

Ce moment de panique où tu écoutes les néo-zélandais, placés à côté de toi, discuter et que tu ne comprends rien. Pour vous aussi, ça ne semble pas pratique comme situation et ça ne présage rien de bon ?

Voilà les évènements notables. Ensuite, il y a eu toutes les phases d’ennui, de jeux « Qui va prendre le même avion », les doutes, les questionnements.

Au final, j’ai compris que je ne réalisais pas, que je ne mesurais pas l’importance de mon choix, les implications que cela engendraient. Parce que oui, ça y est, je vais y arriver. Dans ce pays inconnu, cette ville inconnue, avec tous ces gens inconnus. Je ne réalise pas ce que je suis en train de faire, comment ça va se dérouler. Je n’arrive pas à intégrer l’idée que je vais devoir me débrouiller, dans une autre langue que la mienne, sans repères, seule. Pour tout. Pour des choses que je n’ai même pas expérimenté en France (ouvrir un compte, chercher du travail). Au final, non faire mon bagage n’était pas si compliqué aha !

Au final, j’appréhende plus sur la durée que sur les premiers jours. Tout me paraît immense, intouchable pour l’instant. « Incertitudes en Terre Inconnue » serait la punchline de mon voyage.

Bref, quelques dizaines d’heures plus tard, me voilà qui atterrit à Auckland. Le passage de l’immigration et la douane se passe bien et vite (ce qui n’est apparemment pas souvent le cas aha !). J’ai donc un nouveau tampon sur mon passeport, aucune date de retour, et des émotions contradictoires qui me traversent. Mais on ne peut plus reculer, quand faut y aller, faut y aller. En voiture Clinton, monte dans la navette et hop direction Auckland !

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